C'est officiel, depuis ce jeudi 18 février 2021, et jusqu'au 4 mars prochain, toutes les compétitions sportives sont interdites sur le territoire réunionnais. Cette décision a été prise par le préfet Jacques Billant alors que l'épidémie de Covid-19 poursuit sa flambée, avec 661 nouveaux cas en une semaine et un taux d'incidence de 77 pour 100 000 habitants. Une fois de plus, le sport paie pour les pots.... qu'il n'a pas cassés (Photo rb/www.ipreunion.com)
Le couperet est donc tombĂ© au fil d'un communiqué prĂ©fectoral, ce mercredi. Toutes les compĂ©titions sportives sont interdites dans toutes les disciplines, la pratique des sports collectifs et de combat avec contact est elle aussi prohibĂ©e. Les entrainements peuvent ĂȘtre maintenus dans le respect de la distance de deux mĂštres entre les pratiquants et sans contact. Autant dire que l'on frĂŽle ainsi la quadrature du cercle
Cette annonce, mĂȘme si la rumeur bruissait depuis quelques temps, a plus que surpris le monde sportif Ă La RĂ©union. Et pour cause, cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise sans grande concertation avec les diffĂ©rents ligues et comitĂ©s
Alors aprĂšs la surprise est venue l'incomprĂ©hension, voire la colĂšre. Comment pouvait-il en ĂȘtre autrement ? A ce jour aucun foyer de contagion (un cluster, disent les autoritĂ©s sanitaires) n'a Ă©mergĂ© Ă la suite d'une compĂ©tition. C'est mĂȘme l'un des seuls secteurs oĂč il n'y a jamais eu un seul cluster...
Un protocole sanitaire drastique a Ă©tĂ© imposĂ© aux ligues, aux comitĂ©s et aux clubs. Tous le respectent Ă la lettre et vont mĂȘme parfois encore loin dans les restrictions. Le but Ă©tant d'Ă©viter au mieux tous les risques de contagion.
Les sportifs, les entraĂźneurs, les dirigeants, les bĂ©nĂ©voles ont ainsi dĂ©montrĂ©s, avec efficacitĂ©, que le sport nâĂ©tait pas vecteur de contamination. Ce sont pourtant eux qui sont, de fait, sanctionnĂ©s et punis. La frustration est dâautant plus grande que le sport rĂ©unionnais a dĂ©jĂ beaucoup souffert de l'interdiction des compĂ©titions et des entraĂźnement en 2020, lors de la premiĂšre et de la deuxiĂšme vague.
Comment éviter dÚs lors que beaucoup dans le monde sportif pointent du doigt "les incohérences des décisions préfectorales"
En toute logique.
Oui il y a suspicion d'incohĂ©rence lorsque l'on met les sports collectifs et de combat Ă l'arrĂȘt mais que l'on laisse des centaines de personnes s'agglutiner dans les centres commerciaux de moins 20 000m2âŠ
Car oui il y a suspicion d'incohĂ©rence lorsque l'on limite les compĂ©titions au seul haut niveau, et donc sans rĂ©elle stimulation Ă la performance, mais que l'on laisse prolifĂ©rer les fĂȘtes "privĂ©es" et autres bars "clandestinement dansants" sans grande rĂ©action (malgrĂ© les preuves vidĂ©o postĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux)
Alors, au final, quel signal s'agit-il d'envoyer ?
L'adhésion de la population aux mesures, à priori, prises pour la protéger dépend aussi de la réponse à cette question.
mb/www.ipreunion.com / [email protected]

Le temps du prĂ©fet et le temps de cette gĂ©nĂ©ration sacrifiĂ©e n'est pas le mĂȘme... c'est insupportable!