Pendant quatre mois et demi, Sylvain Remery a marché seul, sa tente sous le bras et son sac sur le dos. En 2025, l’éducateur sportif installé à La Réunion depuis 23 ans s’est lancé dans l’une des randonnées les plus mythiques et les plus exigeantes au monde : le Pacific Crest Trail (PCT). Une traversée de 4.300 km à pied, du Mexique au Canada, à travers trois états américains. Une aventure hors normes, que seuls 15 % des marcheurs parviennent à terminer. (Photos sly/www.imazpress.com et Sylvain Remery)
Le 7 avril 2025, Sylvain Remery pose le pied au départ du PCT, à Campo, en Californie, au pied du mur marquant la limite avec le Mexique. Devant lui, un objectif clair : rejoindre la frontière canadienne, au sud de Seattle, après avoir traversé la Californie, l’Oregon et l’État de Washington.
Après avoir parcouru le Machu Picchu, le Népal, l’Islande ou encore le Brésil, le PCT restera sans doute comme l’une de ses aventures les plus intenses."C’était un challenge. C’est le parcours le plus long, le plus varié et le plus difficile que j’ai pu réaliser jusqu’à maintenant. C’était plutôt excitant". Écoutez.
Très vite, le marcheur est confronté à l’extrême diversité et dureté des paysages américains. Dans les déserts californiens, il lutte contre "la chaleur torride le jour et le grand froid la nuit", avec une obsession permanente : trouver de l’eau. "Il fallait éviter la déshydratation, les insolations, et rester vigilant face aux serpents à sonnette", raconte-t-il.
Puis viennent les géants de la Sierra Nevada. Des montagnes majestueuses, mais impitoyables. "Je traversais des cols à plus de 4.000 mètres presque tous les jours, avec le froid, la neige et le manque d’oxygène", explique Sylvain. À cela s’ajoutent les torrents à franchir, parfois au péril de sa vie, et la menace constante des ours. Regardez.
En Oregon et dans l’État de Washington, le décor change encore entre les forêts de séquoias et les volcans enneigés. "J’ai traversé des vallées entières de forêts brûlées, mortes et silencieuses, en zigzaguant dans les cendres", confie-t-il. À plusieurs reprises, il doit fuir des zones envahies par les fumées toxiques des incendies.
Pour se réapprovisionner, le randonneur a dû compter sur les quelques routes traversant les parcs nationaux. "On en profite pour faire du stop, rallier la ville la plus proche et se réapprovisionner. Parfois on passe une nuit en ville, on prend une douche, on fait une lessive et on recharge nos appareils électriques". Écoutez.
- Frôler le pire mais continuer malgré tout -
Tout au long de l’aventure, Sylvain accumule les situations limites et les blessures à répétition, dont "une infection importante d’une plaie au tibia". L’un des épisodes les plus marquants reste cette traversée de torrent. "J’ai été emporté par l’eau. Il m’a fallu un effort surhumain pour m’en sortir", raconte-t-il. Mais l’épreuve ne s’arrête pas là : son téléphone est hors service. Plus de navigation hors ligne. "Je me suis ensuite perdu dans les montagnes", lâche-t-il.
Même le Mont Whitney, point culminant des États-Unis continentaux, lui résiste. "J’ai dû abandonner l’ascension nocturne parce que ma lampe frontale est tombée en panne. Mais aussi à cause de passages trop dangereux et mon manque d’expérience dans cette situation assez technique", reconnaît-il sans détour.
Malgré tout, Sylvain continue. Pas par défi, mais par nécessité intérieure. "Cette aventure m’a permis de tester mes limites", explique-t-il. Et aussi de rencontrer "des personnes formidables tout au long du parcours". Écoutez.
Le 20 août 2025, après 4 mois et demi de marche, il atteint enfin la frontière canadienne. Il fait partie de cette minorité de marcheurs (15 % seulement) qui terminent le PCT. "J’en fais partie", dit-il tout sourire. Pourtant, après ce périple, le randonneur ne savoure pas sa victoire. "Malheureusement. J'ai tellement attendu ce moment que quand je suis arrivé, il ne s'est rien passé". Écoutez.
- Partager avec La Réunion avant de repartir -
Pour se préparer, le quadragénaire a pu compter sur les sentiers réunionnais. "Ici, le dénivelé, la technicité des terrains et la chaleur m'ont vraiment aidé". Écoutez.
Aujourd’hui, Sylvain Remery se remet de cette aventure. "J'aime la nature, le voyage, le sport. Si les gens y voient une inspiration tant mieux, mais je ne souhaite pas transmettre de message en particulier. Juste partager ma passion", il confie. Un film est actuellement en préparation pour retracer cette traversée hors du commun.
"J'ai confié mes images à un ami qui est un professionnel de l'audiovisuel et on va voir ce qu'on peut tirer de ce film", il explique. "On verra si on peut le présenter à un festival ou si ça restera un film personnel".
Après la poussière, la neige, la faim et le silence, Sylvain Remery a refermé le chapitre du Pacific Crest Trail. De retour à La Réunion, il pense déjà à son prochain challenge. "J’ai tout financé moi-même jusqu’à maintenant, mais plus j’avance et plus les projets deviennent gros et nécessitent que je sois accompagné financièrement". En médiatisant cet accomplissement, il espère séduire des sponsors. Regardez.
De passage dans les locaux d'Imaz Press pour nous raconter son parcours, Sylvain Remery s'est prêté au jeu des questions rapides. Regardez.
vg / www.imazpress.com / [email protected]





















Bravo remss
boycott usa tromp is crazy
Respect !