Inégalité de traitement public-privé : faute d'un accord avec l'Agence Régionale de Santé, la grève se poursuit

  • Publié le 21 avril 2026 à 06:44
  • Actualisé le 21 avril 2026 à 06:50
clinique les Flamboyants

Ce mardi 21 avril 2026, les employés du privé restent mobilisés et maintiennent leur mouvement de grève débuté la veille. Dans la matinée, ils seront au Port devant la clinique des Orchidées dès 7 heures , avant de se rendre à nouveau à la clinique des Flamboyants à Sainte-Clotilde. Les salariés grévistes demandent à être traités à l'égal des confrères du secteur public de la santé et lancent un appel à l'aide au ministère de la Santé. Ministère qui, par un courrier, a reconnu cette problématique, mais sans améliorations concrètes sur le terrain. ( Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com) (Photo Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com))

Ce lundi 20 avril 2026, la rencontre avec Jean-Jacques Coiplet, directeur de l'ARS, n'a rien donné. Les grévistes estiment qu'aucune de leurs demandes n'a obtenu de réponses et continuent donc leur mouvement ce mardi. 

Rudolph Dain, référent des cliniques privées à La Réunion pour la CFTC santé, lance : "Le médico-social a une prime de vie chère de 20 %, le public aussi mais nous non."

"On attend qu’on réponde à nos revendications, pour le moment aucune de nos revendications n'est prise en compte."  

Les grévistes attendent maintenant des réponses du ministère de la Santé. Prochaine étape si rien ne bouge : une opération escargot est envisagée ce mercredi, prévient le syndicat.  

- Un appel à l'aide des salariés du privé au ministère de la Santé -

Dans un courrier adressé à la ministre de la Santé le 14 avril, la députée Karine Lebon a alerté Stéphanie Rist sur la situation sociale des cliniques privées à La Réunion.

"J’ai été alertée par les représentants des salariés du secteur privé de la santé sur la dégradation du climat social et sur les difficultés persistantes rencontrées par les personnels, dans un contexte déjà marqué par des conditions de travail exigeantes et par le coût élevé de la vie sur notre territoire", écrit-elle.

Le 13 novembre 2025, dans une réponse officielle faite par la ministre, Stéphanie Rist, au syndicat CFTC Santé Sociaux de La Réunion, la représentante de l'État a reconnu les écarts de rémunération persistants avec le secteur public.

Dans cette lettre, elle précisait avoir "transmis les réclamations à la direction générale de l'Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion - compétente en la matière - afin qu'elle en assure l'examen attentif et puisse tenir infirmé des suites qui pourront être réservées".

Pourtant, plusieurs mois après cette reconnaissance écrite de l’État, "les salariés du secteur privé de la santé ne constatent toujours aucune amélioration concrète sur le terrain", s'indignent les syndicats.

Faute de réponse de la part de l'ARS, le 3 mars, c'est devant les locaux de Saint-Denis que les salariés du privé de la santé se sont donnés rendez-vous. Ils ont obtenu un rendez-vous avec la direction. Toutefois, cet échange n’a pas permis d’apporter de réponse concrète aux revendications exprimées, en particulier sur les questions d’égalité de traitement et de rémunération.

- Une grève pour dénoncer des inégalités de traitements entre le privé et le public - 

Aujourd'hui, l'intersyndicale CFTC Santé Sociaux Réunion - CGTR Santé et Action Sociale - UR 974 - FO est en grève et elle réclame une égalité de traitement entre le privé et le public.

Les syndicats demandent des solutions urgentes. "C'est salaire égal, travail égal", lance Rudolphe Dain, représentant des cliniques privés au sein de la CFTC Santé Sociaux Réunion. Ils réclament également "la mise en place immédiate d’une prime de vie chère adaptée au territoire réunionnais".

Il explique : "nous avons quand même 1.200 euros d'écart, ce n'est pas négligeable".

Selon l'intersyndicale, "la situation actuelle est particulièrement préoccupante. Les salariés expriment une souffrance croissante liée à leurs conditions de travail, dans un contexte marqué par un coût de la vie élevé à La Réunion et un manque de reconnaissance de leur engagement".

"Les soignants du privé ne demandent pas de privilèges, mais l’égalité de traitement et la reconnaissance effective de leur engagement", dit-il, pour une meilleure qualité des soins.

- Des préoccupations partagées, mais un enjeu relevant du national -

La FHP Océan Indien "entend les préoccupations exprimées par les salariés des cliniques privées en matière de rémunérations, de conditions de travail et de reconnaissance professionnelle".

"Ces enjeux font l’objet d’une attention constante de la Fédération, qui les relaie régulièrement auprès des instances nationales compétentes."

Elle précise : "Les évolutions attendues relèvent toutefois en grande partie des négociations de branche et des décisions nationales de financement, qui conditionnent directement les marges de manœuvre du secteur. Ni les établissements individuellement, ni la FHP Océan Indien ne disposent à eux seuls des leviers permettant d’apporter des réponses structurelles à ces enjeux".

Il convient également de rappeler que, "sur le territoire réunionnais, les établissements privés appliquent d’ores et déjà des niveaux de rémunération supérieurs aux grilles nationales, afin de tenir compte des spécificités locales", souligne la FHP Océan Indien.

À lire aussi : Grève dans les cliniques privées : les hôpitaux publics menacent de rejoindre le mouvement

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1 Commentaires
ZembroKaf
ZembroKaf
1 heure

bloquez les blocs opératoires des "dépasseurs d'honoraires" !!!