Résidence d’artiste à Saint-Pierre : un atelier pour mettre des mots sur les maux

  • Publié le 24 août 2026 à 02:58
  • Actualisé le 13 septembre 2026 à 16:31
Résidence d’artiste à Saint-Pierre : un atelier pour mettre des mots sur nos maux

Dans le cadre de sa programmation Tiers-Lieu, Emergence OI, Fabrique de Territoire, accueille l’artiste et performeuse Océane Eliard, actuellement en résidence artistique à La Réunion. À cette occasion, elle proposera un atelier d’écriture gratuit autour de la colère et de l’amour, dans le cadre de son projet "Les gardien·ne·s du feu", le vendredi 25 septembre 2026, de 10h à 12h à Emergence OI, à Saint-Pierre. D'autres dates sont prévues en octobre. Nous publions le communiqué ci-dessous. (Photo : Océane Eliard)

Artiste belgo-réunionnaise, Océane Eliard développe une pratique à la croisée de l’écriture, de la performance et de l’installation. Son travail explore notamment les liens, les mémoires, les formes de résistance et les émotions qui nous traversent, en faisant de la création un espace de rencontre et d’expression collective.

- Une recherche-création collective -

"Les gardien ·es du feu", est une recherche-création où l’archive est  un geste vivant : il s’agit de collecter des mots qui se fabriquent  ensemble. Le projet interroge les conditions d’émergence d’une  archive affective capable d’accueillir des récits minorés et  fragmentaires, sans en neutraliser la charge politique.

La colère et l’amour y sont envisagés comme des forces de  résistance, des outils archivistiques et méthodologiques à part  entière : la colère comme trace du passé à réactiver, l’amour  comme ouverture vers l’avenir. Cette archive se construit à  travers des ateliers d’écriture qui visent à rendre visibles d’autres  manières de sentir et de parler, afin de faire trace autrement.

- Une première phase réussie à Bruxelles -

Un premier volet du projet s’est déroulé à Bruxelles (février-avril  2026), dans 7 structures différentes (lieux culturels, associatifs  et bibliothèques). Plus de 60 personnes, âgées de 17 à 68 ans,  y ont participé.

Tous les ateliers ont été complets et les retours  ont été particulièrement riches : les participant·es ont souligné  l’importance de pouvoir parler de la colère et de l’amour dans le  contexte politique actuel, l’ouverture de pensée que permet leur  mise en conversation, ainsi que la joie de co-créer et la qualité  du cadre proposé. Celui-ci a été perçu comme un espace de  confiance dans lequel leurs mots et leur présence avaient de  l’importance.

- La phase réunionnaise -

Océane Eliard sera présente à La Réunion le vendredi 25 septembre 2026, le jeudi 01 octobre de 18h à 20h avec L’association Kolkol et le samedi 10 octobre de 10h à 20h au Centre LGBT Nord.

Elle y développera ce même cycle d’ateliers d’écriture, en  partenariat avec des structures associatives et culturelles locales.  Cette étape réunionnaise est essentielle au projet : elle permet de  questionner ce que la colère et l’amour prennent comme formes  singulières selon les histoires sociales et géographiques qui les  traversent.

- Déroulé technique de l’atelier -

Le format :

• Un cycle de 7 ateliers d’écriture de 2 heures
• 8 participant·es maximum par groupe
• Groupe sensibilisé et constitué par la structure accueillante,  ce qui garantit un cadre de confiance déjà connu des  participant·es

Chaque atelier est divisé en deux temps : la colère, suivie de  l’amour. Un exercice de visualisation (méditation guidée) précède  chaque temps d’écriture : les participants sont invité·es à décrire  la colère sous la forme d’un objet, et l’amour sous la forme d’un  paysage. Cette approche par l’image vise à déjouer l’injonction à  la divulgation de l’intime et le voyeurisme qu’elle peut engendrer.

Les participant·es écrivent ensuite à partir de questions : Quelle  forme a ma colère ? Qu’est-ce qu’elle me permet ou m’empêche ? puis Quel paysage illustre mon amour ? Qu’est-ce qu’il me permet  ou m’empêche ? Les textes sont lus à voix haute, ouvrant un  espace de dialogue. À la fin de l’atelier, chacun·e dépose, selon  son désir, une trace de ce qu’iel a écrit.

- Protocole de consentement -

Un protocole de consentement rigoureux encadre chaque  récolte de texte. Les participants choisissent eux-mêmes les  formes de diffusion autorisées, les modalités d’attribution et les  conditions d’adaptation de leurs textes. De cette manière, ce qui  reste et circule est le fruit d’une décision partagée.

Les textes ne sont jamais corrigés : ils sont accueillis tels qu’ils  s’écrivent, dans la diversité de leurs langues.

Cet atelier, ouvert à toutes et tous, propose d’explorer par l’écriture la colère comme force transformatrice et l’amour comme geste de résistance, dans un espace d’expression, de partage et de création collective. La participation est gratuite mais sur inscription sur [email protected].

guest
0 Commentaires