Le gouvernement veut relancer la création de richesses dans les Outre-mer. Afin d’y parvenir, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a annoncé ce mercredi 2 septembre 2026, un premier sommet économique "Choose Outre-mer". Il se tiendra le 1er octobre à la Banque de France, à Paris, avec pour objectif d’attirer les investissements.
Dans un entretien au magazine Challenges, la ministre explique vouloir décliner pour les Outre-mer la formule de Choose France, le sommet voulu par Emmanuel Macron pour séduire les investisseurs étrangers. "La meilleure politique sociale […] reste la création de richesses", plaide-t-elle, estimant que l’économie a été "délaissée" dans ces territoires.
Les Outre-mer peuvent voir grand. Et nous devons voir grand avec eux.
— Naïma Moutchou (@NaimaMoutchou) September 2, 2026
C’est toute l’ambition de #ChooseOutremer le 1er octobre: donner de la force à ceux qui entreprennent, permettre aux projets de naître et de grandir, attirer de nouveaux investissements, créer davantage…
- Des millions pour un fonds à impact public-privé -
Au programme de ce sommet : des rencontres entre entreprises, investisseurs et décideurs publics, un fonds à impact public-privé doté de 'plusieurs dizaines de millions d’euros", et un "job dating" avec France Travail et l’Apec, à Paris comme dans "les cinq préfectures" les départements et régions d’outre-mer.
La ministre entend vendre les atouts de chaque territoire : l’or et le spatial guyanais, le nickel calédonien, la biodiversité polynésienne.
Elle ne promet toutefois pas de miracle : un sommet ou un fonds ne réglera pas "à lui seul des difficultés accumulées depuis des décennies", dit-elle, alors que le chômage reste très élevé, surtout chez les jeunes et les femmes.
À La Réunion, au 1er trimestre 2026, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) augmente pour atteindre 18 % de la population active.
- Un projet de loi en attente contre la vie chère -
À quelques mois de la fin du quinquennat, Naïma Moutchou affirme aussi ne pas promettre "le grand soir", mais "une succession de petits matins", c’est-à-dire des mesures concrètes et progressives.
Sa feuille de route comporte trois étapes. D’abord, réduire les délais de paiement qui asphyxient la trésorerie des petites entreprises.
À La Réunion, les liquidations judiciaires et redressements ont augmenté de 14 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025, avec une majorité de liquidations. La principale cause reste le manque de trésorerie, conséquence directe de la baisse d'activité.
Ensuite, faire examiner "à partir du mois de janvier" à l’Assemblée nationale le projet de loi contre la vie chère, alors que les prix, notamment alimentaires, dépassent nettement ceux de l’Hexagone. Enfin, préparer une loi d’orientation économique pour fixer un cap après 2027.
Naïma Moutchou revendique aussi la préservation de la LODEOM. Derrière ce sigle, une loi de 2009 qui allège les cotisations patronales des entreprises ultramarines pour compenser les surcoûts liés à l’éloignement et à l’étroitesse des marchés. Le Premier ministre a promis de maintenir ce dispositif dans le projet de budget 2027, assure-t-elle.
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