En Iran, les futurs prodiges de la tech en décousent sur le ring avec leurs robots

  • PubliĂ© le 1 novembre 2025 Ă  13:04
  • ActualisĂ© le 1 novembre 2025 Ă  14:30
Des étudiants en ingénierie participent à un concours de combat de robots lors de la deuxiÚme édition des Olympiades de la Tech au parc technologique de Pardis en Iran, en périphérie de Téhéran, le 28 octobre 2025

Sur un ring entouré de vitres en plexiglas, deux machines métalliques aux allures de robots aspirateurs s'affrontent pour une lutte impitoyable: en Iran, des Olympiades de la Tech cultivent les futurs talents de l'ingénierie.

Combats de robots, programmation, intelligence artificielle (IA) mais aussi drones, cybersécurité et objets connectés: toutes ces disciplines ont fait l'objet de compétitions entre étudiants, sur les quatre jours d'Olympiades qui se sont cloturées jeudi.

L'Iran aspire à devenir un acteur régional incontournable pour les technologies émergentes, en dépit de décennies de sanctions internationales qui brident son développement.

Sous un chapiteau, Alireza Hosseini s'active Ă  donner les derniers tours de vis Ă  Arash, un robot de combat qui montera sur le ring dans quelques heures.
La machine n'a rien d'un humanoïde. Son aspect est au contraire trÚs rudimentaire avec une courroie, des roulettes et beaucoup de mécanique.

Ce qu'il y a de "plus important que la conception, c'est l'opérateur", celui qui pilote à distance le robot avec une télécommande, déclare à l'AFP l'étudiant de 21 ans.
"La conception ne reprĂ©sente qu'un tiers du travail, mais l'opĂ©rateur dĂ©cide comment et oĂč le robot attaque", souligne le jeune homme, originaire de Kerman, dans le sud de l'Iran. Son Ă©quipe "composĂ©e d'Ă©tudiants en gĂ©nie Ă©lectrique, Ă©lectronique, informatique, mĂ©canique et design" a Ă©tĂ© championne d'Iran de robotique Ă  trois reprises, prĂ©cise M. Hosseini.

Créées en 2024 Ă  l'initiative du gouvernement, les Olympiades de la Tech servent de vivier aux entreprises pour de potentiels recrutements. M. Azizi, un enseignant qui encadre une Ă©quipe de moins de 18 ans, apparaĂźt quelque peu anxieux avant le dĂ©but de la compĂ©tition: "On a commencĂ© tard malheureusement et le robot n'est pas encore totalement prĂȘt". Sur le ring, deux robots enchaĂźnent dĂ©jĂ  les coups.

- Silicon valley iranienne -

Comme pour la lutte, discipline dans laquelle l'Iran excelle, trois arbitres sont chargés de les départager. Chaque choc entre robots provoque des étincelles. Soudain, la structure métallique de l'un d'eux prend feu. La victoire revient à l'appareil qui met hors service son adversaire.

Ces Olympiades de la Tech se sont dĂ©roulĂ©es en pĂ©riphĂ©rie de TĂ©hĂ©ran, au parc technologique de Pardis, surnommĂ© la "Silicon valley" iranienne, oĂč sont installĂ©es des dizaines d'entreprises de pointe. Les organisateurs se sont targuĂ©s d'avoir reçu plus de 10.000 inscriptions pour cette compĂ©tition, limitĂ©e Ă  un millier de places aprĂšs des Ă©preuves Ă©liminatoires. Quelques Ă©quipes Ă©trangĂšres y Ă©taient reprĂ©sentĂ©es.

L'Iran investit des sommes considérables dans les technologies émergentes, dont la robotique qui compte des dizaines d'entreprises aux applications trÚs diverses.
Le pays avait ainsi dévoilé en septembre son premier robot dopé à l'intelligence artificielle, capable de répondre avec précision à un large éventail de questions juridiques, selon les médias locaux.

Ces technologies servent aussi sur le plan militaire à l'image d'Aria, un véhicule présenté en septembre par les médias d'Etat et capable grùce à l'IA de détecter des obstacles et de se déplacer de façon autonome.

En 2021, des vétérinaires avaient réalisé en Iran la toute premiÚre opération à distance sur un chien grùce à Sina, un robot chirurgical entiÚrement conçu et fabriqué localement.

Les Olympiades de la Tech permettent aux étudiants de se confronter à la réalité du terrain. A l'image de Mohammad-Javad Assadolahi, un étudiant en génie mécanique de 21 ans, qui a conçu de toutes piÚces avec ses camarades un drone composé à "60-70% de technologie iranienne". "Notre principale difficulté a été le manque de ressources pédagogiques" en anglais et en persan, a déploré le jeune homme, en référence à la principale langue parlée en Iran.

Mais "grùce à nos connaissances et nos recherches, on a progressivement réussi à développer un systÚme" qui permet au drone de décoller automatiquement, suivre une trajectoire rectangulaire et atterrir seul, s'est réjoui M. Assadolahi.

Par Menna FAROUK - © 2025 AFP

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