(Actualisé) Le mouvement de grève des salariés de Derichebourg Océan Indien, débuté ce lundi 13 juillet 2026, se poursuit. Ils déplorent le manque de dialogue social entre les salariés et la direction lors des dernières Négociations Annuelles Obligatoires (NAO). Malgré plusieurs réunions de négociation, aucun accord n'a, à ce jour, permis de mettre fin au conflit. Les salariés demandent ce vendredi l'intervention de Thomas Derichebourg, président groupe de Derichebourg environnement. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com )
"Dans le cadre des discussions, Mme Samia Aïdel a été envoyée à La Réunion afin de participer aux négociations. Sa présence a permis certaines avancées, mais celles-ci n'ont pas abouti à un accord satisfaisant pour les salariés", expliquent les grévistes.
Les représentants des salariés regrettent "que le climat des négociations se soit dégradé". Selon les délégués syndicaux et plusieurs salariés présents, "le ton employé par le Président de Derichebourg Océan Indien lors des échanges en visioconférence a été ressenti comme inadapté et irrespectueux, ce qui n'a pas favorisé un dialogue social apaisé".
Ce vendredi 17 juillet, les salariés ont appris qu'un directeur d'agence de l'Hexagone, Alexandre Bellens, devait se rendre à La Réunion.
Cette décision suscite une forte incompréhension. Les salariés s'interrogent "sur les dépenses engagées par l'entreprise pour financer des billets d'avion, des hébergements et des véhicules de location afin de faire venir des représentants de métropole, alors que leurs revendications salariales continuent d'être refusées". Une partie des salariés perçoit cette décision comme une "provocation".
Par ailleurs, les revendications des salariés s'appuient également sur des données économiques publiques.
Le Document d'enregistrement universel 2024-2025 du groupe Derichebourg indique que la branche « Services aux collectivités », dont relève l'activité de collecte des déchets, a réalisé un chiffre d'affaires de 184,4 millions d'euros avec une marge d'EBITDA de 20,6 %.
- Une entreprise "bénéficiaire" -
"Les comptes sociaux 2025 de Derichebourg Océan Indien, déposés au greffe, font apparaître une entreprise bénéficiaire, avec notamment : un chiffre d'affaires d'environ 9,38 millions d'euros, un EBITDA (EBE) d'environ 917 000 €, un résultat d'exploitation d'environ 941 000 €, un résultat net bénéficiaire d'environ 416 000 €", détaillent les salariés.
Au regard de ces éléments, ils considèrent "que leurs revendications sont légitimes et qu'une revalorisation des salaires et des primes est justifiée".
Les salariés demandent désormais l'intervention directe de Thomas Derichebourg afin qu'il se déplace à La Réunion pour participer à la recherche d'une solution à ce conflit social.
Ils souhaitent "qu'il rencontre personnellement les représentants des salariés, constate la réalité de la situation et permette l'ouverture de négociations susceptibles d'aboutir à une issue favorable".
- Les collectes de déchets perturbées -
Pour l'heure, aucune réquisition n'a été demandée. "Ce sont des intérimaires qui remplacent les personnes en congés", explique Jean-Daniel Araboux. "Et en arrêt maladie", ajoute José Riani.
En attendant, la grève se poursuit, perturbant le planning de collectes sur plusieurs secteurs du Sud de l'île. Lundi dernier, la Civis annonçait une forte perturbation des tournées de collecte à Saint-Pierre et Petite-Île, conséquence de la mobilisation. "Un service minimum sera assuré afin de limiter les nuisances", précisait toutefois la collectivité
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