Grève des médecins libéraux : la clinique de Orchidées au Port ferme temporairement sa maternité et suspend ses activités chirurgicales

  • Publié le 7 janvier 2026 à 15:14
CHU sud urgences

Depuis ce lundi 5 janvier 2026, un appel à la grève de médecins libéraux a été lancé contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. En raison de cette mobilisation et face à l’absence de réquisitions nécessaires des médecins pour garantir la sécurité des soins, la Clinique Les Orchidées au Port annonce la suspension de ses activités chirurgicales et la fermeture temporaire de la Maternité Les Orchidées (Photo d'illustration : rb/www.imazpress.com)

Face à l’absence de réquisition des médecins nécessaires à la continuité des prises en charge, la Clinique Les Orchidées du Port doit appliquer réorganiser son offre de soin.

- Face à la grève, plus personne n'accouche, ni ne se fait opérer aux Orchidées -

Elle décide donc de la fermeture temporaire de la Maternité du jeudi 8 janvier au 14 janvier 2026. "La clinique ne pourra accueillir d’accouchements", indique-t-elle.

Les femmes qui doivent accoucher sont réorientées vers le Centre hospitalier ouest Réunion (CHOR). "L’ensemble des patientes a été contacté individuellement. Elles doivent désormais s’adresser au (CHOR) où l’accueil a été préparé et les patientes seront prises en charge", précise la clinique. 

La Clinique prévient aussi de l'arrêt total des activités programmées et des urgences dès le 10 janvier. "Aucune admission ne sera possible à partir de cette date."

Les opérations chirurgicales prévues du 12 au 14 janvier 2026 sont intégralement annulées et reportées. "Chaque patient est invité à se rapprocher de son médecin", prévient la direction.

Seul le service de chimiothérapie reste ouvert.

"Nous œuvrons, en coordination avec l’ARS et les établissements publics, pour garantir la continuité et la permanence des prises en charge dans ce contexte difficile", écrit la Clinique Les Orchidées.

Elle dit "regretter ces désagréments mais reste déterminée à accompagner les praticiens libéraux dans leur combat pour préserver la qualité du modèle de soins libéral".

- Un système de santé en danger -

Si les médecins libéraux de La Réunion et au niveau de l'Hexagone sont en grève, c'est afin de protester contre le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2026 qui "a attaqué les principes fondant les relations entre les médecins et l’assurance maladie".

"La logique conventionnelle a cédé la place à une logique unilatérale, autoritaire et punitive", écrit la Clinique du Port.

De plus, "le gouvernement a décidé de geler les tarifs hospitaliers, traduisant à nouveau un profond manque de considération à l’égard des établissements de santé, ainsi qu’aux professionnels de santé libéraux et salariés qui y exercent. Ces décisions fragilisent durablement notre système de santé et l’accès aux soins sur les territoires. Sans médecins libéraux reconnus et sans professionnels de santé soutenus, la préservation d’une offre de soins accessible est menacée sur l’ensemble du territoire".

Enfin, "les professionnels de santé du privé sont moins bien rémunérés que ceux du public alors qu’ils effectuent le même travail. Pour corriger en partie cette inéquité une enveloppe de 80 millions d'euros, déjà très inférieure au besoin d’accompagnement nécessaire pour la mise en œuvre de l’accord salarial trouvé en 2023 (140 millions d'euros), devait être attribuée aux cliniques pour les salariés de son secteur. Or, lors d’un dernier arbitrage, cette enveloppe salariale destinée aux soignants du privé a été annulée en Décembre. Nos professionnels attendent autre chose que des renoncements successifs".

"Pénaliser l’hospitalisation privée qui prend en charge 35% de l’activité hospitalière en France pour 18% des dépenses hospitalières, c’est pénaliser l’ensemble du système de santé et porter préjudice à tous. C’est mettre en danger les établissements de santé qui assument plus de la moitié de la chirurgie en France et 40% du traitement du cancer", conclut l'établissement de santé.

À La Réunion, la médecine libérale représente 1.400 médecins libéraux. Les établissements privés y assurent une prise en charge de l’activité hospitalière à hauteur de 26% en médecine, 59% en chirurgie et 23% en obstétrique.

Lire aussi - Grève des médecins du 5 au 15 janvier : un mouvement qui traduit un malaise plus profond selon les syndicats

- La ministre de la Santé veut "renouer le dialogue" avec les médecins -

Dans une lettre ouverte adressée aux médecins le 31 décembre 2025, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, souhaite "renouer le dialogue"' avec les médecins libéraux. Elle assure que certaines mesures qu'ils redoutent ne seront finalement pas appliquées. 

C'est le cas des sanctions financières, en cas d'usage insuffisant du dossier médical partagé. Même si elle a été adoptée par le Parlement, cette mesure a été censurée par le Conseil Constitutionnel : "ces sanctions sont donc supprimées" affirme la ministre de la Santé.

Au sujet des baisses de tarif sans négociations conventionnelles, la ministre reste ferme : "Nous ne pouvons pas nier une réalité : une minorité de professionnels abusent d dépassements, au point de peser sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens et d'occasionner des renoncements aux soins, aujourd'hui objectivés. C'est pourquoi j'ai proposé à vos représentants syndicaux de se mettre autour de la table pour retravailler l'ensemble du sujet, dans le cadre conventionnel et dans un calendrier à définir ensemble." 

Une lettre qui n'a pas rassuré les médecins libéraux, le mouvement est maintenu jusqu'au 15 janvier 2025, avec une mobilisation dans les rues de Paris le 10 janvier. Les médecins radiologues, vont eux aussi rejoindre le mouvement du 10 au 14 janvier prochain.

- L’ARS recommande les principes suivants à la population -

Dans un communiqué l'Agence Régional de Santé demande aux Réunionnais d'anticiper les renouvellements d’ordonnances dont ils auraient besoin sur cette période.

- Si vous devez être pris en charge dans l’une des cliniques de l’île sans rendez-vous : contactez la clinique concernée au préalable pour vous assurer qu’elle est en capacité de vous accueillir.

- Si vous devez vous rendre chez votre médecin traitant sans rendez-vous : contactez le cabinet médical pour vous assurer de sa disponibilité.

- En cas d’absence ou d’indisponibilité de votre médecin, et uniquement si vous estimez que votre état de santé nécessite une consultation qui ne peut être différée, appelez le 15 pour disposer d’un avis médical et de l’orientation, au besoin, vers un autre médecin.

- Utilisez les dispositifs de soins non programmés si un tel service est opérationnel dans votre secteur (maisons médicales de garde, centre de soins non programmés, etc...). Il vous est conseillé d’appeler en amont avant de vous déplacer.

- Le dispositif de permanence des soins ambulatoires (service de garde des médecins généralistes) restera actif le soir et les week-ends. Il vous est demandé de ne vous y rendre que si votre état ne permet pas d’attendre la réouverture du cabinet de votre médecin traitant.

- Pour toute demande médicale en dehors des heures d’ouverture habituelles, les patients sont invités à appeler le 15, afin d’être conseillés ou orientés selon leur état de santé.

Le 15 est la porte d’entrée des appels SAMU et de Médecine Générale : le tri se fait lors du premier décroché et les appels sont répartis dans les deux filières après une première évaluation ; le but premier étant de ne pas retarder la réponse aux urgences médicales.

Durant cette période des délais importants pour accéder à un médecin généraliste sont à prévoir fonction du nombre d’appels.

Il est également possible de se rapprocher des pharmacies qui peuvent conseiller mais également effectuer les renouvellements d’ordonnance.

Reporter lorsque cela est possible les consultations non urgentes. Pour les urgences, contactez le 15, disponible 24h/24, avant tout déplacement aux urgences.

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1 Commentaires
Zozumé
Zozumé
10 heures

Y reste plus qu’à mourir. Nous aussi les malades nou paye de plus en plus pour soigne à nou.