Jeûner après les fêtes : une pause pour le corps pas (forcément) bonne pour la santé

  • Publié le 6 janvier 2026 à 12:29
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Vous avez certainement abusé du foie gras ou des bonnes grillades, des galettes des rois ? Un peu trop de verres de champagne pour célébrer les fêtes de fin d'année ? Après cette longue période festive, la tentative du jeûne séduit ceux qui pensent "se rattraper" de ces excès. Présentée comme la solution express pour "détoxifier" le foie et limiter la prise de poids, ce réflexe n'est pas forcément bon pour tout le monde et il peut avoir des conséquences sur la santé (Photo www.imazpress.com)

Entre culpabilité et envie de légèreté, beaucoup envisagent de sauter un ou plusieurs repas pour soulager un estomac saturé de bonnes choses dégustées pendant les fêtes, c'est ce que l'on appelle le jeûne intermittent.

Il s'agit du fait d'"alterner des périodes où l’on mange et des périodes sans apport alimentaire", explique Magali Tarnus, diététicienne nutritionniste et présidente de l'association LEKIP DIET.

"Le plus courant est le 16 :8", dit-elle. "En général on parle de 16h de jeûne (période sans manger) et 8h ce que l’on appelle la fenêtre d’alimentaire : moment pendant lequel on a en général deux repas", ajoute la diététicienne.
Beaucoup suppriment le petit-déjeuner, et en fonction du dernier repas du soir déjeunent à midi.

- Le jeûne, un réflexe détox pour une pause après les fêtes -

Pour la diététicienne nutritionniste, "le jeune est une pratique souvent bonne pour le corps".

"Ça permet de mettre son système digestif au repos et de ce fait, le corps peut mettre son énergie à faire autre chose : réparer les cellules, réguler les hormones, booster son système de défense, gérer l’inflammation".

Magali Tarnus explique : "tous les jours, je conseille aux patients de faire au moins 12h de jeune. C’est-à-dire de laisser 12h entre le dernier repas et le premier repas".

- Le jeûne après les fêtes, une fausse bonne idée -

Il est pourtant très important de faire attention au fait de jeûner. "Se priver drastiquement n'est pas bon, car le corps n’aime pas les régimes hypocaloriques. Il aime stocker", dit la présidente de l'association LEKIP DIET.

Sauf "qu'après une alimentation trop stricte, le corps vous pousse à remanger, en plus grande quantité pour refaire le stock".

S’il peut soulager ponctuellement le système digestif, le jeûne perd ses vertus quand il devient une habitude. Enchaîner les périodes de privation finit par dérégler le métabolisme.

"Aujourd’hui on conseille plutôt l’alimentation intuitive, c’est-à-dire d’être à l’écoute de son corps. Je mange quand j’ai faim et ne mange pas quand je n’ai pas faim", indique Magali Tarnus.

Elle précise : "certains d’entre nous ne ressentent pas la satiété ou moins, ce n’est pas si simple. Mais ça se travaille, on s’entraine, on peut se faire accompagner pour repérer ses propres signaux par les diététiciens-nnes".

Mieux vaut viser un jeûne spontané plutôt qu’une punition auto-imposée. Et garder une priorité constante : l’hydratation.

- Des profils pour qui le jeûne n’est pas une bonne idée -

Si le jeûne intermittent est efficace chez certains, il ne l'est pas sur tout le monde.

Il est déconseillé chez les enfants et adolescents, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes âgées de plus de 75 ans, les diabétiques sous insuline et celles concernées par des troubles du comportement alimentaire.

Les enfants et les adolescents, dont le corps est en pleine croissance, ont besoin d’un apport constant en énergie. Les femmes enceintes ou allaitantes, tout comme les personnes âgées de plus de 75 ans, risquent de fragiliser leur organisme en sautant des repas.

- Une alimentation saine ek in bon zerbaz pou rofé lo kor -

Pour éviter le jeûne, il existe d'autres moyens de remettre son corps et surtout son estomac après les périodes gustativement copieuses.

La première des choses, "bouger, car le corps aime le mouvement et va utiliser les réserves, le sucre dans le sang, marcher, se promener, faire du vélo, danser, ce que vous aimez…", conseille Magali Tarnus.

Au niveau de l'alimentation, "ajouter des légumes, garder des féculents (du riz, des pâtes, des racines), et un peu de protéines (œufs, grains ou encore du poisson, peu de viande). Pour le gras : 1 à 2 cuillères à soupe d’huile d’olive ou colza par repas, et c’est déjà très bien", dit-elle pour favoriser l'équilibre alimentaire.

Enfin, il existe les remèdes péi comme l’arbre du voyageur pour éliminer les toxines, le bois de pêche marron pour prévenir les crises de goutte ou encore le bois maigre pour soutenir le foie et la digestion.

Le quinquina, l'artichaut ou le fumeterre, soulagent un foie encombré. L'ayapana est également bon pour la digestion.

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Ces remèdes visent à aider le corps à mieux récupérer après les excès des fêtes. Ils ne remplacent pas un avis médical ou pharmaceutique. Il est impératif de consulter immédiatement son médecin et de se conformer à ses prescriptions en cas de troubles persistants.

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