Selon Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche : "C'est une victoire pour beaucoup de nos pêcheurs d'Outre-Mer, qui attendaient depuis trop longtemps les moyens de renouveler leurs outils de travail". La Commission européenne a validé en début de semaine l’ouverture des aides à la modernisation pour 16 catégories de navires de pêche ultramarins, dont 4 à La Réunion. Cette décision ouvre des possibilités de soutien aux investissements attendus depuis près de dix ans par les professionnels du secteur. (Photo : D.R)
L’Etat financera 50% de ce soutien, à égalité avec les régions. Les pêcheurs concernés pourront déposer leurs dossiers pour bénéficier des régimes d'aides dès l’ouverture des guichets régionaux.
Les lignes directrices européennes pour le renouvellement des flottes de pêche dans les Outre-mer conditionnent l’octroi d’aides au respect d’un équilibre entre les capacités de pêche et le bon état des ressources halieutiques.
C'est dans ce cadre, substantiellement révisé ces derniers mois à la demande de la France pour mieux prendre en compte les spécificités des Outre-mer, que la Commission européenne a étudié la situation des flottes de pêche ultramarines.
Au total, 16 segments de flotte répartis sur quatre territoires bénéficieront de ce dispositif :
Guadeloupe : 7 segments de flotte éligibles ;
Martinique : 4 segments ;
La Réunion : 4 segments ;
Mayotte : 1 segment éligible.
La Guyane, pour sa part, bénéficie depuis 2024 d'un dispositif dédié, notifié et validé en amont compte tenu des défis spécifiques liés à la pêche illégale des pays tiers dans ses eaux.
- Les discussions se poursuivent au niveau européen pour garantir l’ouverture de nouvelles catégories -
Cette décision est le fruit d'un travail de fond conduit depuis plusieurs années par la France pour que le cadre règlementaire européen intègre les spécificités des activités de pêche dans les régions d’Outre-mer, notamment pour les navires de moins de 12 mètres.
Elle ouvre désormais la voie à la mobilisation des régimes d’aides, engagement fort du président de la République, et à des investissements concrets : modernisation des navires, amélioration des conditions de travail des pêcheurs, transition énergétique du secteur et renforcement de la souveraineté alimentaire de territoires encore largement dépendants des importations.
Les discussions se poursuivent au niveau européen pour garantir l’ouverture de nouvelles catégories à l’avenir dans les Outre-mer, notamment en Martinique, en exploitant pleinement les souplesses introduites dans les lignes directrices et plus largement pour une meilleure prise en compte des besoins des professionnels de la pêche en matière de modernisation de la flotte, notamment dans le cadre de la révision de la politique commune des pêches et du prochain cadre financier pluriannuel.
- "C'est une victoire" -
"Cette décision de la Commission européenne va permettre de poursuivre le renouvellement de la flotte de pêche attendu depuis 2022 par les professionnels en outre-mer. La pêche constitue un secteur économique stratégique et un élément-clef de la souveraineté alimentaire de nos territoires ultramarins. Il faut poursuivre la mobilisation pour que ce dispositif soit une réalité concrète pour tous les navires ciblés et tous les territoires." a déclaré Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer
"C'est une victoire pour beaucoup de nos pêcheurs d'Outre-Mer, qui attendaient depuis trop longtemps les moyens de renouveler leurs outils de travail. Grâce à cette décision, nous pouvons enfin agir concrètement pour moderniser nos flottes, garantir des conditions de travail dignes, engager la transition énergétique du secteur et renforcer la souveraineté alimentaire de nos territoires ultramarins. Nous continuerons d’agir pour ouvrir de nouveaux segments en 2027 et plus largement garantir un cadre européen qui permette de moderniser la flotte" a déclaré Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche
"Cette annonce est une avancée majeure pour le renouvellement de nos flottes de pêche dans nos territoires ultramarins. Elle démontre que l'UE est pleinement engagée à aider et à soutenir nos pêcheries. Cette décision marque une étape importante dans la modernisation de nos flottes et offre des perspectives concrètes pour améliorer la sécurité des marins, la performance énergétique, la compétitivité de la filière et la durabilité des activités de pêche.
Elle est aussi le fruit d’une forte mobilisation de la France, qui a activement œuvré auprès des institutions européennes pour faire évoluer le cadre réglementaire. En portant la voix des pêcheurs et en défendant la nécessité de moderniser une flotte vieillissante, la France a joué un rôle déterminant dans cette évolution. Nous poursuivrons notre mobilisation dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel et de la stratégie RUP." a déclaré Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe.
