Chaque année, le lundi de Pentecôte soulève les mêmes questions : est-ce un jour férié ? Faut-il travailler ? Et pourquoi parle-t-on de "journée de solidarité" ? Derrière cette date se cachent à la fois une fête religieuse et un dispositif créé pour financer l'accompagnement des personnes âgées et en situation de handicap (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
En France, le lundi de Pentecôte est d'abord un jour férié, inscrit dans la liste des 11 jours prévus par le Code du travail. En 2026, il tombe ce lundi 25 mai.
Son origine est religieuse. La Pentecôte est célébrée 50 jours après Pâques dans la tradition chrétienne. Elle commémore la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres, un événement considéré comme l'un des moments fondateurs de l'église chrétienne.
À La Réunion, cette fête conserve une dimension religieuse importante pour de nombreux fidèles.
- Journée de solidarité -
En 2024, après la canicule meurtrière de l'été 2003, qui avait provoqué près de 19.000 décès en France, le gouvernement met en place une journée nationale de solidarité. Son objectif : financer des actions en faveur des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.
À l'origine, cette journée était fixée au lundi de Pentecôte, qui devenait alors travaillé pour de nombreux salariés.
Concrètement, le principe repose sur un double mécanisme. Les salariés effectuent sept heures de travail supplémentaires non rémunérées sur l’année et de leur côté, les employeurs versent une Contribution Solidarité Autonomie (CSA), équivalente à 0,3 % de la masse salariale, destinée à financer la prise en charge de la perte d’autonomie via la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
Cet argent sert notamment à financer l’aide à domicile, les établissements pour personnes âgées, ou encore les structures d’accompagnement pour les personnes handicapées.
- Férié mais pas forcément chômé -
C’est le point qui soulève le plus de questions : le lundi de Pentecôte reste un jour férié, mais cela ne signifie pas automatiquement qu’il est non travaillé. Contrairement au 1er mai, qui est obligatoirement chômé, sauf exception, le lundi de Pentecôte peut être travaillé selon les règles fixées dans l’entreprise ou l’administration.
Depuis une réforme de 2008, la journée de solidarité n’est d’ailleurs plus obligatoirement fixée ce jour-là. Elle peut être déplacée à une autre date, fractionnée sur plusieurs jours, ou prendre d’autres formes, comme la suppression d’un RTT. Certaines entreprises continuent donc de faire travailler leurs salariés le lundi de Pentecôte, d’autres non. Tout dépend de l’organisation choisie par l’employeur ou de la convention collective applicable.
Alors si le lundi de Pentecôte a été retenu comme journée de solidarité par votre employeur, il peut être travaillé sans rémunération supplémentaire dans la limite des sept heures prévues par la loi. Si ce n’est pas le cas, il reste un jour férié "classique", avec les règles habituelles applicables aux jours fériés.
Fête religieuse, jour férié pour les uns, journée travaillée pour les autres... le lundi de Pentecôte reste, plus de vingt ans après sa réforme, une date à part dans le calendrier français.
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