Mission Bern : les aides accordées aux sites emblématiques de l'océan indien dévoilées

  • Publié le 19 septembre 2026 à 14:04
  • Actualisé le 19 septembre 2026 à 14:51
Usine Beaufonds de Saint-Benoît

Dans le cadre de la 9e édition du Loto du patrimoine, la Mission Patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine en péril portée par Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ UNITED, est heureuse d’annoncer le montant des aides accordées à chacun des 18 sites emblématiques de métropole et d’outre-mer. Ces sites sont sélectionnés par la Mission Patrimoine et ses partenaires. (Mission Bern)

Dans le cadre de la 9e édition du Loto du patrimoine, la Mission Patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine en péril portée par Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ United, est heureuse d’annoncer le montant des aides accordées à chacun des 18 sites emblématiques de métropole et d’outre-mer. Ces sites sont sélectionnés par la Mission Patrimoine et ses partenaires.

Les sommes octroyées par la Mission Patrimoine viennent compléter les aides publiques et privées, ainsi que l’autofinancement, pour atteindre la totalité du besoin de financement, dans la limite de 500.000 euros par site. Cette année, la Fondation du patrimoine remettra des dotations comprises entre 100 000 euros et 500 000 euros, pour un montant global alloué de 7,45 millions d’euros.

La nouvelle offre de jeux Mission Patrimoine de FDJ United – un ticket à gratter à 15 euros en vente depuis le 31 août et des tirages Loto dédiés – permettra de doter ces 18 projets emblématiques, ainsi que les 100 projets départementaux récemment dévoilés. Les montants attribués à ces derniers, qui dépendront du résultat des jeux, seront annoncés en fin d’année.

Depuis la première édition en 2018, la Mission Patrimoine a aidé plus de 1 080 sites pour leurs travaux de restauration. Aujourd’hui, plus de 70 % des projets sélectionnés sont d’ores et déjà sauvés ou sur le point de l’être : 266 chantiers sont en cours et 537 terminés.

- Les dotations en océan Indien sont -

À La Réunion : une dotation exceptionnelle de 400 000 € pour le site de l’Ancienne usine de Beaufonds à Saint-Benoît.

À Mayotte : une dotation exceptionnelle de 350 000 € pour le site de la Mosquée d’Antana-Bé à Chirongui.

Le détail des projets se trouve dans les pages suivantes.

Retrouvez toutes les informations concernant la Mission Patrimoine à la fin de ce dossier.

- La Réunion -

Usine de Beaufonds à Saint-Benoît

  • Réhabiliter les vestiges de cette ancienne distillerie pour créer un musée et développer le "spiritourisme".
  • Propriétaire : entreprise (SAS Rhumerie du Verso)
  • Nombre d’habitants : 36 604 habitants
  • Protection au titre des monuments historiques : inscrit

- Intérêt patrimonial -

La sucrerie a été créée par les frères Hubert Delisle entre la fin des années 1820 et le début des années 1830. Elle est mentionnée dans le registre de l’ingénieur Wetzell de 1830 sous le nom de "Veuve Aguier et Delisle".

L’usine fonctionne alors grâce à des machines à vapeur et à la force motrice hydraulique. Au fur et à mesure des changements de propriétaires, l’usine est reconstruite et modernisée et le domaine s’agrandit, jusqu’à la fermeture de la sucrerie en 1996.

Le site est racheté par la distillerie Rivière du Mât en 2012 pour l’exploitation d’une distillerie de rhum. Elle s’y installe tout en préservant les vestiges du site et notamment la cheminée emblématique restaurée en 2023.

- Projet de valorisation -

Les édifices anciens accueillent des visites et un espace de dégustation, à côté des bâtiments industriels modernes servant à la production de rhum.

Dans les vestiges restaurés, la Fondation d’entreprise La Martiniquaise, maître d’ouvrage du projet de restauration, souhaite créer un musée du patrimoine industriel et culturel de la distillerie.

Cette nouvelle offre sur le territoire sera un vecteur de transmission de la mémoire ouvrière, un outil d’éducation et un levier économique, le « spiritourisme » étant un facteur d’attractivité touristique en développement sur l’île.

- État de péril -

L’édifice, à usage de stockage, présente un état de conservation hétérogène avec certains désordres structurels.

Dégradé, il a conservé la totalité de ses murs en pierres. Une partie du bâtiment est couverte par une toiture en tôle ondulée fortement dégradée et partiellement effondrée, qui ne le protège que partiellement des infiltrations d’eau.

- Nature des travaux à réaliser -

  • Réfection des maçonneries ;
  • Restauration des toitures ;
  • Aménagement et scénographie pour intégration à l’espace de dégustation existant (hors Mission Patrimoine).

Démarrage des travaux : second semestre 2026. Fin des travaux : fin 2027.

Pour en savoir plus c'est ici.

- Mayotte -

Mosquée d’Antana-Bé à Chirongui

Restaurer cette mosquée en péril à la suite du cyclone Chido pour permettre la reprise du culte et y développer des activités pédagogiques et culturelles.

Propriétaire : État (DAC Mayotte)

Nombre d’habitants : 8 920 habitants

Territoire : sur une bande littorale en baie de Chirongui, sud-ouest de l’île

Protection au titre des monuments historiques : inscrit (instance de classement)

- Intérêt patrimonial -

Situé sur une vaste langue de terre d’environ 5 hectares suspendue entre lagon, mangrove et tanne de mangrove, Antana-Bé est le berceau du village de Poroani.

Marqué autrefois par une forte densité, l’ancien village se singularise aujourd’hui par son ancienne mosquée, unique vestige historique encore en élévation après le déménagement du bourg en 1987 sous la pression de la montée des eaux.

La mosquée est plusieurs fois rénovée avant d’être entièrement reconstruite en dur en 1930, avec des matériaux locaux : sable de plage, murs en maçonnerie de moellons, pierres et coraux hourdés au mortier de chaux corallienne.

De plan rectangulaire, surélevée d’un socle maçonné, elle est composée d’une salle unique, avec un mihrab en abside (niche indiquant la qibla, direction vers La Mecque).

À côté se dresse le minbar (chaire) en maçonnerie. Un bassin maçonné dédié aux ablutions est situé près de l’entrée sur la façade ouest.

- Projet de valorisation -

Encore utilisée occasionnellement par les fidèles, la mosquée a été fortement endommagée par le cyclone Chido et doit être réhabilitée pour accueillir à nouveau le culte.

Le site d’Antana-Bé revêt de multiples vocations pédagogiques, offrant un accès facile à différents milieux naturels littoraux (plage, arrière-mangrove, mangrove, tanne, etc.), permettant de démontrer leur intérêt et leur fragilité.

Des actions de médiation pourront être organisées pendant le chantier et une fois l’édifice restauré auprès de la population locale.

- État de péril -

Déjà dans un état de conservation peu satisfaisant avec une toiture en tôle à bout d’usage et des enduits parcellaires, l’édifice a fortement souffert du passage du cyclone Chido en décembre 2024, qui a arraché sa charpente et sa couverture.

Avec le clos et le couvert restés non protégés, il a subi les aléas climatiques locaux pendant une année entière, avant des opérations de sécurisation menées à partir de décembre 2025.

- Nature des travaux à réaliser -

Sécurisation et restauration intégrale de l’édifice :

  • Sécurisation des baies et mise en place d’une couverture provisoire (en cours ; hors Mission Patrimoine) ;
  • Reprise et consolidation des structures maçonnées et enduits ;
  • Renforcement des agrès et repose d’une charpente et d’une toiture en bardeaux avec couverture métallique neuve ;
  • Restauration des menuiseries et enduits intérieurs, notamment du mihrab.

Démarrage des travaux : second semestre 2026. Fin des travaux : janvier 2027. Pour en savoir plus c'est ici.

- L’offre de jeux Mission Patrimoine 2026 de FDJ United -

FDJ United propose depuis le 31 août une nouvelle édition de l’offre de jeux Mission Patrimoine.

Décliné en trois versions, le nouveau jeu à gratter Mission Patrimoine permet de remporter jusqu’à 1,5 million d’euros. Conçu dans un format vertical, il s’inspire de l’esthétique du vitrail et s’organise autour d’une rosace centrale, symbole d’un véritable savoir-faire patrimonial.

Autour de cette rosace se déploient six espaces mettant chacun en lumière un site emblématique de l’édition 2026. Le montant du prélèvement sur les mises revenant normalement à l’État, soit 1,86 euros par ticket acheté, sera reversé à la Fondation du patrimoine.

En outre, FDJ United propose depuis le 7 septembre huit tirages Loto dédiés dans le cadre du dispositif Mission Patrimoine dont le jackpot s’élève à 2 millions d’euros minimum.

Un Super Loto aura également lieu le vendredi 18 septembre, à la veille des Journées européennes du patrimoine, avec un jackpot de 13 millions d’euros minimum. 0,54 euros sera reversé par l’État à la Fondation du patrimoine pour chaque grille de 2,20 euros jouée, et 0,73 euros pour chaque grille de 3 euros jouée dans le cadre du Super Loto.

- Le Loto du patrimoine depuis 2018 -

En septembre 2017, le président de la République a confié à Stéphane Bern une mission d’identification du patrimoine en péril et de recherche de nouvelles sources de financement pour le restaurer. De cette initiative est né le « Loto du patrimoine », dont le produit a été attribué à la Fondation du patrimoine.

Un partenariat a été établi par une convention pluriannuelle entre la Fondation du patrimoine, le ministère de la Culture et FDJ United, renouvelée en 2025 pour une durée de 4 ans, pour organiser cette opération originale.

Plus de 7 000 sites en péril ont ainsi été signalés sur la plateforme participative depuis 2018 et des millions de joueurs participent chaque année à la sauvegarde du patrimoine, en jouant aux jeux de grattage et de tirage Mission Patrimoine de FDJ United.

Les sites peuvent également bénéficier de collectes de dons et de mécénats sous réserve de leur éligibilité et, pour ceux protégés au titre des monuments historiques, de subventions du ministère de la Culture.

Le succès de la Mission est le résultat de sa méthode participative et partenariale, qui garantit la qualité et la variété des projets de patrimoine local identifiés et dont l’intérêt culturel, économique et social est ainsi révélé au grand public.

- Un appel à projets en continu -

L’appel à projets est ouvert sur le site missionbern.fr/signaler-un-site. Propriétaires, associations, communes et passionnés de patrimoine sont invités à identifier les sites en péril partout en France métropolitaine et dans les collectivités d’outre-mer.

Ces signalements peuvent être effectués tout au long de l’année.

Pour candidater à l’édition 2027 des sites emblématiques de la Mission Patrimoine, les dossiers devront être déposés avant le 15 novembre 2026.

Pour candidater à la sélection des sites départementaux de l’édition 2027 de la Mission Patrimoine, les dossiers devront être déposés avant le 28 février 2027.

- Les modalités de sélection -

Pour l’édition 2026, près de 650 nouvelles candidatures ont été déposées sur le site et instruites par les délégations départementales et régionales de la Fondation du patrimoine, composées de bénévoles et de salariés.

Le ministère de la Culture participe à ce premier examen, en particulier des immeubles protégés au titre des monuments historiques. Les associations de soutien au patrimoine, à l’instar de La Demeure historique ou des Vieilles Maisons Françaises, participent également en soumettant des projets et en relayant l’information auprès de leurs membres.

Les projets sont sélectionnés par un comité présidé par Stéphane Bern et composé de représentants de la Fondation du patrimoine, de FDJ United et du ministère de la Culture, qui se réunit deux fois par an.

Dix-huit projets emblématiques du patrimoine des régions de métropole et collectivités d’outre-mer et un projet par département sont retenus chaque année, selon quatre critères principaux :

  • l’intérêt patrimonial et culturel ;
  • l’état de péril ;
  • la maturité du projet ;
  • son impact sur le territoire et le projet de valorisation.

- Les financements accordés -

Depuis la première édition de la Mission Patrimoine, plus de 383 millions d’euros ont permis d’aider les travaux de restauration de l’ensemble des sites retenus :

  • plus de 210 millions d’euros issus du Loto du patrimoine ;
  • 118 millions d’euros de crédits attribués par le ministère de la Culture aux projets portant sur des monuments historiques ;
  • 55 millions d’euros collectés par la Fondation du patrimoine, provenant de mécénats d’entreprises, de dons de particuliers et de ses ressources propres.

Enfin, le financement accordé grâce au Loto du patrimoine est attribué par la Fondation du patrimoine, qui suit le bon déroulement des travaux et le respect des caractéristiques patrimoniales des lieux en lien avec les services de l’État.
 

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