Ruée sur la bouteille de gaz : une surconsommation qui pénalise ceux qui ne font pas de stock

  • Publié le 10 mars 2026 à 08:36
  • Actualisé le 10 mars 2026 à 08:38
bouteille de gaz

Le contexte international et la guerre en Iran poussent certains Réunionnais à faire des stocks de bouteilles de gaz. Une surconsommation qui crée des ruptures de stock, temporaires, dans les stations-service de l'île. La Société réunionnaise des produits pétroliers (SRPP) assure pourtant qu'il n'y a pas de difficultés d'approvisionnement, pas de pénurie non plus. La SRPP note : "une hausse inhabituelle de la demande en gaz en bouteille" et demande aux consommateurs "d'adopter un comportement d’achat responsable et d'éviter toute constitution de stocks excessifs" afin de ne pas pénaliser les autres clients. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

C’est un produit de première nécessité, dont l’achat commence à inquiéter les Réunionnais. Ce samedi 7 mars 2026, il était impossible de trouver une bouteille de gaz dans certaines stations-services de l'île, à Sainte-Marie, ou à Saint-Leu par exemple.

Les magasins de proximité n’en avaient pas non plus : "Les gens ont tout pris", nous dit-on dans ce commerce de village dans les hauts de Saint-Leu. Un peu plus loin, un autre commerçant explique qu’il aurait fallu arriver très tôt dans la journée, à 11 heures il n’avait déjà plus rien.

Dans cette station-service de Saint-Leu, un mot sur les grandes grilles qui protègent les bouteilles de gaz indique : "rupture de gaz".

Un pompiste raconte : "Les clients disent qu'à cause de la guerre, ils ont peur". "On a vendu 120 bouteilles en 4 heures hier et maintenant il faut attendre la livraison pour un réapprovisionnement". Cela devrait arriver ce mardi.

- "Une hausse inhabituelle de la demande en gaz en bouteilles" - 

Cette ruée inattendue vers les stations-service est causée par la situation au Moyen-Orient et une inquiétude de certains consommateurs face à un risque, supposé, de pénurie, dans un contexte d’actualité internationale marqué par l’intervention des États-Unis en Iran.

Selon Gérard Lebon, président du syndicat réunionnais des exploitants de stations-service, la difficulté à trouver une bouteille de gaz que rencontrent certains réunionnais, est liée à une surconsommation. "Certes, il y a la guerre au Proche-Orient, mais a priori, il n'y a pas de répercussions sur la capacité à avoir du gaz à La Réunion, compte tenu de l'information que j'ai au moment où je vous parle."

Gérard Lebon continue : "On ne comprend pas pourquoi les gens s'inquiètent. Ils ont des craintes, qui ne nous semblent pas fondées, mais ils ont des craintes. On n'arrive pas à comprendre pourquoi il se passe ce mouvement de folie-là, qui en fait crée des ruptures sur les stations-services. On est réapprovisionné, et on se retrouve à nouveau en rupture parce que les gens consomment trop." 

Interrogée sur le sujet la SRPP assure, à ce stade, ne pas craindre de pénurie : "les carburants consommés à La Réunion proviennent majoritairement de Singapour, et ne sont pas liés aux circuits d’approvisionnement du Moyen-Orient."

"L’approvisionnement de l’île se fait principalement depuis les États-Unis, une zone qui n’est pas exposée à ce stade aux perturbations susceptibles d’affecter le Moyen-Orient " ajoute la SRPP. 

Pas de panique donc, il y a du gaz, mais les bouteilles partent plus rapidement nous explique-t-on.

De plus, les plannings des rotations d'approvisionnement n'ont pas changé, les livraisons se font au rythme habituel. Le temps peut sembler long à un client qui n'a pas fait de stock et a réellement besoin d'une bouteille de gaz au moment où il se présente dans une station-service.

- Une surconsommation qui pénalise ceux qui ne font pas de stock -

Dans les grandes surfaces, pour le moment, rien n’a changé, les prix restent stables et les stocks suffisants. Selon Renaldo Saint-Sauveur, responsable de magasin, les premières conséquences des tensions sur les routes maritimes liées à la guerre en Iran se verront d’ici à une semaine : "Pour le moment, il n’y a pas d’impact."

Il ajoute : "Les bateaux commenceront à avoir du retard la semaine prochaine. Les bateaux qui changent d’itinéraire mettront 2 à 3 semaines de plus pour arriver à La Réunion. Pour le moment, on ne sait pas si les chocolats de Pâques vont arriver à temps". 

Renaldo Saint-Sauveur assure que tant que les clients ont une consommation responsable, qu’ils continuent à faire leur course de façon habituelle et sans chercher à constituer des réserves, les stocks de produits seront suffisants. 

- La peur de manquer - 

Selon le dernier bilan des importations agricoles publié par la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Daaf), la valeur douanière des produits importés à La Réunion dépasse 257 millions d'euros en 2024, soit l’essentiel de ce qui est consommé sur l'île. 

Une dépendance que les conflits mondiaux et les blocages des voies maritimes viennent accentuer, créant une peur, parfois irrationnelle, de manquer. Une peur qui pousse certains réunionnais à constituer des stocks qui pénalisent les consommateurs responsables qui se préparent à cuisiner au feu de bois quand cela est possible si le gaz venait réellement à manquer. 

En souriant, le pompiste d’une station-service compare cette ruée vers la bouteille de gaz, aux achats démesurés de papier toilette à l’époque du covid : "la i fé paréy papié kabiné la". Dans le passé, il y a aussi eu l’épisode des stocks de bouteilles d’huile, qui étaient ensuite revendues à prix d’or sur internet. 

En attendant, la SRPP demande aux consommateurs des bouteilles de gaz, "d'adopter un comportement d’achat responsable et d'éviter toute constitution de stocks excessifs, afin de permettre une distribution fluide et équitable des bouteilles de gaz sur l’ensemble du territoire".

ee/www.imazpress.com/[email protected]

guest
6 Commentaires
changeons rien
changeons rien
2 heures

J'ai acheté un bio digesteur, je suis refait. Pas besoin de courrir a la station. Et comme l'actualité me fait bien ch...er, surtout les élections et les tronches des militants politiques ou la tête de trump et de l'autre nazi, du coup je produis tellement de méthane que je peux en remplir des bouteilles bien compressées. C'est jouissif d'être autonome en énergie, d'être écolo. Bon c'est vrai en même temps c'est sympa ça occupe d'être dépendant de l'essence ou du gaz a chaque pet de mouche, faire la queue, revenir le lendemain, rencontrer des gens, manger froid, .... C'est sympa aussi d'attendre que les autorités, le préfet lol, fassent semblant de régler le problème.

tijac
tijac
3 heures

La politique de la peur du manque relayée a chaque fois par les medias. Comme beaucoup on un petit pois.... voila le résultat

ZembroKaf
ZembroKaf
1 heure

ça fait monter les audiences à la télé et vendre "du papier" !!!

Josimé
Josimé
3 heures

Qu'attend la préfecture pour sévir ? C'est là qu'on voit que finalement, c'est toujours chacun pour soi. Des animaux. Cette société d'abrutis profonds ne mérite pas la démocratie.

étonnant non
étonnant non
2 heures

@josimé. Scientifiquement, l'humain est un animal (c'est pas un caillou ou un champignon, et oui!) et c'est ultra méprisant pour les autres animaux, ceux qui savent vivre ensemble pour de vrai (chiens, poissons, oiseaux, etc... ) d'être comparé à nous, immondes êtres vivants égoïstes, minables, violents, sales, méchants, stupides, violents,... Et oui c'est chacun pour sa gueule et vous n'avez rien vu, suivez les infos vous allez voir de quoi "l'humain, supérieur a tous", est capable

HULK
HULK
3 heures

Très vrai. C'est pourquoi nous ne sommes plus vraiment en démocratie, malgré ce qu'on veut nous faire croire. Ce n'est pas parce que l'on met un bulletin dans une urne de temps en temps pour élire des clowns pourris ,incompétents et corrompus,que nous sommes en démocratie.Bien fait pour nous.