D'après une étude, les sprays anti-moustiques pourraient un jour...attirer les moustiques

  • Publié le 23 juillet 2026 à 02:59
répulsifs moustiques

Les répulsifs à base de DEET, pourraient-ils un jour ne plus repousser les moustiques, voire les attirer ? C'est la question soulevée par une étude publiée dans le Journal of Experimental Biology, publiée en juin 2026. Les chercheurs ont montré qu'après un apprentissage spécifique en laboratoire, certains moustiques étaient capables d'associer le DEET, la substance la plus utilisée dans les répulsifs, à une récompense et de ne plus le fuir. Une découverte qui interroge sur les capacités d'adaptation de ces insectes, sans remettre en cause l'efficacité actuelle des répulsifs. (Photo Photo Richard Bouhet/imazpress.com)

Le DEET est considéré depuis des décennies comme la référence en matière de répulsifs anti-moustiques. Très efficace contre de nombreuses espèces, il constitue un allié précieux pour limiter les piqûres et réduire le risque de transmission de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le virus Zika.

Pourtant, les travaux publiés dans le Journal of Experimental Biology montrent que la répulsion provoquée par cette molécule n'est pas totalement figée.

Dans certaines conditions expérimentales, des moustiques peuvent apprendre à associer son odeur à une source de nourriture.

- Des moustiques capables de modifier leur comportement -

Les chercheurs se sont intéressés à Aedes aegypti, l'une des principales espèces vectrices de maladies tropicales. Ils ont cherché à savoir si le rejet instinctif du DEET pouvait être modifié par l'expérience.

À l'aide d'un protocole de conditionnement, les moustiques ont été exposés à l'odeur du DEET au moment où ils recevaient une récompense alimentaire, sous la forme d'un repas sanguin ou d'une solution sucrée.

Après plusieurs répétitions, certains insectes ne fuyaient plus cette odeur. Mieux encore, une partie d'entre eux semblait être attirée par le DEET, preuve que leur comportement pouvait évoluer grâce à un apprentissage.

- Une découverte qui ne signifie pas que le DEET ne fonctionne plus -

Si ces résultats peuvent faire penser à une future perte d'efficacité des répulsifs, les chercheurs invitent à ne pas tirer de conclusions hâtives.

Le phénomène a été observé uniquement dans des conditions de laboratoire où les moustiques ont été volontairement entraînés à associer le DEET à une récompense. Rien ne permet aujourd'hui d'affirmer que ce type d'apprentissage se produit à grande échelle dans la nature ou lors d'une utilisation classique des sprays anti-moustiques.

Le DEET reste donc l'un des répulsifs les plus efficaces disponibles pour prévenir les piqûres.

- Une piste importante pour les recherches futures -

Cette étude met surtout en évidence les capacités d'apprentissage des moustiques, bien plus développées qu'on ne l'imaginait.

Comprendre comment ces insectes adaptent leur comportement pourrait permettre, à l'avenir, de concevoir de nouveaux répulsifs ou des stratégies de protection moins susceptibles d'être contournées. Pour l'heure, les scientifiques rappellent que cette découverte ne remet pas en cause les recommandations actuelles d'utilisation des répulsifs à base de DEET.

- Quels répulsifs choisir face aux moustiques ? -

Si l'étude interroge sur les capacités d'adaptation des moustiques, elle ne remet en effet pas en cause l'efficacité des répulsifs actuellement recommandés. Le choix du produit reste néanmoins essentiel.

Les spécialistes rappellent que les répulsifs les plus fiables sont ceux contenant des substances actives dont l'efficacité est démontrée, notamment le DEET, considéré comme la référence, mais aussi l'IR3535, une molécule plus récente, généralement mieux tolérée par la peau et pouvant convenir à certains publics, comme les femmes enceintes ou les jeunes enfants selon les concentrations et les recommandations d'utilisation.

À l'inverse, les produits reposant uniquement sur certaines huiles essentielles, les patchs anti-moustiques ou encore certains baumes et lotions "naturels" offrent une protection plus variable, voire insuffisante selon les conditions d'utilisation. Les spirales peuvent être utiles en extérieur, mais leur efficacité reste limitée à la zone couverte par leur fumée.

Enfin, aucun répulsif ne doit être considéré comme une protection absolue. Pour limiter le risque de piqûres, les experts recommandent de combiner plusieurs mesures : appliquer correctement un répulsif homologué, porter des vêtements couvrants lorsque cela est possible, installer des moustiquaires et éliminer les eaux stagnantes autour des habitations afin de limiter la prolifération des moustiques.

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