L'impossible n'a pas eu lieu: le XV de France a Ă©chouĂ© samedi une fois encore en demi-finale d'un Mondial, tombant la tĂȘte haute face Ă l'Angleterre (35-17) aprĂšs avoir fait douter pendant une heure les grandes favorites de la compĂ©tition.
Dans la série des défaites face à l'Angleterre, étirée désormais à 17 de rang, la troisiÚme de 2025 sera certainement à ranger du cÎté des plus frustrantes, telle celle à Twickenham en avril pour le dernier match du Tournoi (43-42).
Donnée perdantes par tous, et de loin, les Bleues ont prouvé que sur un match, elles avaient les arguments pour remporter la victoire, du jeu au pied plein de justesse de Carla Arbez à la hargne de Gabrielle Vernier en passant par l'activité de Charlotte Escudero.
"On a regardé dans les yeux" l'Angleterre "pendant 60 bonnes minutes", avant que le match bascule par "des petites erreurs techniques, des imprécisions" a estimé le co-sélectionneur David Ortiz en conférence de presse.
Car, au final, les Bleues ne vont garder du Ashton Gate de Bristol que les regrets et les larmes, comme il y a trois ans, oĂč elles ont Ă©tĂ© Ă une pĂ©nalitĂ© manquĂ©e aprĂšs la sirĂšne de faire tomber la Nouvelle-ZĂ©lande (25-24), future vainqueure de la compĂ©tition en 2022 et qu'elles retrouveront le week-end prochain pour la troisiĂšme place.
La peine va se concentrer sur la premiĂšre pĂ©riode, oĂč les Françaises ont eu les principales munitions mais sont rentrĂ©es au vestiaire derriĂšre (7-5)
"Si on marque les six fois oĂč on rentre chez elles en premiĂšre mi-temps, Ă la mi-temps, ce n'est pas pareil" a concĂ©dĂ© la talonneuse Agathe GuĂ©rin, parlant, comme toutes ses coĂ©quipiĂšres, de la "dĂ©ception" et la "frustration" Ă l'issue du match.
Les coĂ©quipiĂšres de Pauline Bourdon Sansus, infatigable animatrice du jeu français, y ont certes marquĂ© un essai, par Nassira KondĂ©. Mais elles en ont manquĂ© tellement d'autres aprĂšs la demi-heure de jeu, de celui de Marine MĂ©nager refusĂ© pour un en-avant de passe (35e) Ă une percĂ©e, toujours de MĂ©nager, oĂč la capitaine des Bleues a passĂ© trop tard, et trop bas la balle Ă LĂ©a Champon, qui ne demandait qu'Ă filer Ă l'essai (34e).
Le retard des soutiens sur les attaques bleues a plusieurs fois été sanctionné alors que les Françaises s'approchaient de la ligne d'essai.
- Irrésistibles avants anglaises
En face, les Anglaises ont dominé sur leurs points forts pour remporter un 32e match consécutif, la meilleure série de victoire du rugby international, tous genres confondus.
Elles ont marqué dÚs le début par l'inévitable arriÚre Ellie Kildunne, meilleure joueuse du monde en 2024 et certainement encore candidate à la distinction cette année, qui a contourné le rideau bleu bord de touche sur la premiÚre occasion anglaise.
Elles ont ensuite su faire le dos rond et martyriser la mĂȘlĂ©e française pour garder la tĂȘte hors de l'eau.
Et au retour des vestiaires, elles ont marqué par leur arme fatale, le maul, sur une touche pourtant seulement à l'entrée des 22 mÚtres.
Les Françaises ont répondu avec un essai de Kelly Arbey (52), mais sur un jeu d'avants trÚs puissant, conclu par la deuxiÚme ligne Abbie Ward, les Anglaises ont repris un peu de marge (21-12, 59e).
Ce troisiÚme essai a fait mal aux Bleues, qui avaient perdu durant la semaine quatre titulaires sur blessures ou suspension et qui ont peiné à maintenir le rythme de jeu nécessaire. Ellie Kildunne a fini par tuer le suspense en traversant le terrain sur la largeur (28-12, 69e).
"On va prendre le temps de se retrouver entre nous, de débriefer à chaud du match, mais de toute façon, on a encore une semaine de travail et on peut encore aller chercher quelque chose", a relevé Téani Feleu, avec le bronze à aller chercher à Twickenham, en lever de rideau de la grande finale.
AFP
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