Depuis 5h45 ce vendredi 13 février 2026, le personnel pénitentiaire est mobilisé devant la maison d'arrêt de Saint-Pierre. C'est à l’appel de FO Justice que tous sont venus soutenir leur collègue victime d’une dégradation de son domicile. Dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 février 2026, ce surveillant reçoit un appel de sa famille, on l'informe que le compteur électrique du domicile a été aspergé d'essence et brûlé. À son arrivée chez lui, le surveillant constate qu'un mur de sa maison porte les inscriptions suivantes : "surveillant suivi de son surnom". Une plainte à été déposée, et une enquête est en cours. (Photo : FO Justice)
Ce vendredi 13 février 2026, devant la maison d'arrêt de Saint-Pierre, rien ne sort, rien n'entre, jusqu'en début d'après-midi. Sur place, ils sont 50. Le personnel mobilisé bloque l'entrée à la prison. Objectif : montrer leur soutien à leur collègue, qui est en arrêt maladie, choqué par la dégradation de sa maison, avec, qui plus est, sa famille à l'intérieur.
"Que le domicile d'un surveillant pénitentiaire soit pris pour cible : c'est une grande première", estime Vincent Pardoux, secrétaire général FO Justice à La Réunion.
- La visite de Gérald Darmanin très attendue -
Vincent Pardoux ajoute : "On a vraiment dépassé un seuil. On est souvent habitué à avoir des violences envers les personnels dans les établissements pénitentiaires, mais en règle générale, à l'extérieur, on peut être des fois croisé des anciens détenus, ça peut être un peu tendu, mais en aucun cas il peut y avoir un tel niveau d'exaction."
À quelques jours de la visite de Gérald Darmanin, ministre de la Justice à La Réunion, FO justice le répète : "Il est temps de prendre en considération la souffrance des équipes et la difficulté de notre profession."
Que le mot "surveillant" soit tagué sur la maison de leur collègue, c’est le signe pour FO Justice que c'est bel et bien sa profession qui a fait de lui une cible. Le syndicat explique : "C'était important pour nous de tirer la sonnette d'alarme parce qu'on est habitués aux violences, malheureusement, mais là, on est monté d'un cran. "
Vincent Pardoux raconte : "Un collègue de Saint-Denis, avait été agressé il y a quelques mois. Il y a dix jours, le détenu qui l'a agressé est passé au tribunal de Saint-Denis et a pris un an de prison ferme. Donc on est vraiment confronté de manière assez régulière à ces agressions physiques. Mais là, clairement, on a passé un seuil avec l'attaque de sa maison".
- 180 détenus pour 114 places -
Les syndicats le martèlent : à La Réunion aussi le personnel pénitentiaire a besoin de plus de moyens. Fo Justice demande que les postes vacants soient pourvus à la prison du Port et à Saint-Denis.
"Ce qu'on demande, c'est d'abord de prendre en considération le fait qu'on est en grande souffrance dans les établissements pénitentiaires du département avant que le ministre arrive et qu'il le sache, parce que parfois, on a une image, depuis Paris, assez idyllique de la Réunion en général et de ses fonctionnaires qui y travaillent, et qu'on est toujours dans la comparaison avec d'autres départements, où c'est toujours moins pire qu'ailleurs. On veut qu'on prenne en considération la difficulté de notre travail."
- "Des faits inédits à La Réunion" selon Perceval Gaillard -
Dans un courrier adressé à la ministre des Outre-mer, Perceval Gaillard dénonce des faits "d'une extrême gravité, inédits à La Réunion, qui témoignent d'une escalade très inquiétante pour la sécurité des personnels de l'administration pénitentiaire."
Le député ajoute : "Nous vous rappelons que cette situation a des causes politiques profondes et connues : augmentation de la pauvreté et des inégalités, baisse du budget de l'Éducation nationale et de la prévention spécialisée, situation indigne à la maison d'arrêt de Saint-Pierre."
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