Syndrome des ovaires polykystiques : fatigue, douleurs
 et toujours pas de solution

  • PubliĂ© le 1 septembre 2025 Ă  15:24
femme

Fatigue chronique, douleurs, pilositĂ© excessive, cycles menstruels infernaux... le SOPK, ou syndrome des ovaires polykystiques, touche environ une femme sur 10 en France. Pourtant, il reste largement mĂ©connu, sous-estimĂ© et mal pris en charge. Ce lundi 1er septembre est la journĂ©e mondiale de sensibilisation au SOPK. Rachel, rĂ©unionnaise atteinte de cette maladie, tĂ©moigne d’un quotidien Ă©reintant, marquĂ© par l’incomprĂ©hension mĂ©dicale, l’errance diagnostique et l’épuisement. Une parole nĂ©cessaire, pour faire entendre celle de milliers d’autres (Photo : rb/www.imazpress.com)

"Six mois de rĂšgles non-stop". C’est ainsi que tout a commencĂ© pour Rachel, en 2021. À l’époque, elle ne se doute pas que son corps vient de basculer. "Suite Ă  une vaccination contre le coronavirus, j’ai eu une pĂ©riode de rĂšgles trĂšs inhabituelle. Pendant six mois non-stop, j’ai Ă©tĂ© menstruĂ©e".

Au dĂ©part, elle consulte son mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, repoussant autant que possible le gynĂ©cologue. "J’avais eu une mauvaise expĂ©rience avec un gynĂ©cologue qui m’avait servi un beau serment grossophobe lors d’une consultation.". Ce n’est qu’au bout de cinq mois de saignements qu’une Ă©chographie finit par mettre un nom sur ses souffrances : le syndrome des ovaires polykystiques.

- Un diagnostic, et aprĂšs ? -

Le verdict est tombĂ©, mais le soulagement, lui, n’est pas au rendez-vous. "Par la suite, les complications sont vite arrivĂ©es : fatigue intense, pousse de poils au visage, migraines, perte d’appĂ©tit, fringales intenses
 Plus on avançait, plus les symptĂŽmes se multipliaient ou s’intensifiaient". 

Pour le Dr Muzammil Husaunndee, gynĂ©cologue-obstĂ©tricien, il est important de rappeler que "c'est assez rare qu'une femme prĂ©sente un SOPK complet, avec tous les critĂšres". Selon lui, le syndrome est parfois diagnostiquĂ© de maniĂšre abusive : "ÉnormĂ©ment de professionnels posent ce diagnostic Ă  tort, puisqu’il est multifactoriel. On parle souvent de SOPK alors qu’il ne s’agit que d’un ou deux symptĂŽmes isolĂ©s".

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Alors que son quotidien devient un champ de mines hormonal, Rachel a bĂ©nĂ©fĂ©ciĂ© d'un accompagnement chaotique. "À chaque fois que je voyais un gynĂ©cologue, le traitement proposĂ© Ă©tait diffĂ©rent. L’une des grandes solutions proposĂ©es Ă©tait de perdre du poids
 alors que c’est le SOPK qui est Ă  l’origine de ma prise de poids".

Une seule praticienne sort du lot : "Une gynĂ©co m’a vraiment Ă©coutĂ©e, m’a gardĂ©e longtemps, a pris le temps de m’expliquer le syndrome. On a rĂ©flĂ©chi ensemble Ă  ce qui pouvait ĂȘtre mis en place". Mais cette perle rare est aujourd’hui Ă  la retraite, et Rachel se retrouve Ă  nouveau livrĂ©e Ă  elle-mĂȘme. "Ce syndrome n’est pas vraiment pris au sĂ©rieux car considĂ©rĂ© comme bĂ©nin. Pourtant, beaucoup de femmes souffrent en silence. Certaines jusqu’à en devenir stĂ©riles".

- Un impact sur la vie au quotidien -

Physiquement, moralement, socialement... le SOPK n'Ă©pargne rien. "Je peux ĂȘtre incapable de quitter mon lit pendant une semaine. Et le moral prend cher aussi. C'est hormonal aprĂšs tout". L'un des symptĂŽmes les plus durs Ă  vivre est aussi l'un des plus visibles : la pousse de poils rapide au menton. "Je dois m'Ă©piler toutes les semaines pour ne pas avoir littĂ©ralement une barbe".

La pilositĂ© excessive fait parti des symptĂŽmes les plus frĂ©quents, 1 cas sur 3 est concernĂ©, et impacte profondĂ©ment l’estime de soi. "Ce n’est pas juste une question esthĂ©tique, c’est un impact psychologique quotidien", confie une praticienne en Ă©pilation dĂ©finitive par thermolyse. Cette solution consiste Ă  insĂ©rer un microfilament trĂšs fin, comparable Ă  un cheveux, directement dans le folicule pileux, jusqu’au bulbe. Un courant haute frĂ©quence est alors dĂ©livrĂ©, produisant une chaleur ciblĂ©e qui dĂ©truit dĂ©finitivement la racine du poil, poil par poil, sans endommager la peau environnante.

"Contrairement au laser, cette méthode agit sur tous les types de poils, y compris clairs, blancs, roux ou trÚs fins, et sur toutes les carnations, ce qui en fait une solution particuliÚrement adaptée aux peaux mates et foncées, fréquentes à La Réunion", précisent les professionnels.

Malgré les difficultés, Rachel s'efforce de tenir bon. "Je suis à mon compte alors je me force pour ne pas mettre mes clients en difficulté, mais je ne suis pas réellement en capacité de travailler". Heureusement, elle peut compter sur le soutien de sa mÚre, avec qui elle vit, et de ses amies également atteintes du syndrome. "Pendant les coups durs, elles sont là pour écouter. On vit toutes cette douleur".

- Pas de solution miracle -

À ce jour, il n’existe aucun traitement curatif du SOPK. Seulement des moyens d’en attĂ©nuer les effets. Comme le rappelle le Dr Husaunndee : "Il n'existe pas de traitement universel. On fait du cas par cas pour tenter d'attĂ©nuer les symptĂŽmes, en fonction des besoins : troubles du cycle, dĂ©sir de grossesse, hyper-androgĂ©nie..." Le gynĂ©cologue insiste sur l’importance du diagnostic prĂ©cis : "Pour identifier un SOPK, il faut quatre critĂšres : troubles du cycle, images claires de kystes aux ovaires, anomalies biologiques (cholestĂ©rol, diabĂšte), et hyper-androgĂ©nie (pilositĂ©, perte de cheveux)". En fonction du profil, un suivi par un endocrinologue peut aussi ĂȘtre envisagĂ©.

De son cĂŽtĂ©, Rachel a vite compris qu’il fallait apprendre Ă  Ă©couter son corps : "Mais encore faut-il savoir ce qu’il essaie de dire". GrĂące Ă  sa gynĂ©cologue, elle apprend que le stĂ©rilet est Ă  Ă©viter, puisqu'il peut accĂ©lĂ©rer la formation de kystes sur les ovaires. CĂŽtĂ© alimentation, on lui recommande des aliments non transformĂ©s, anti-inflammatoires. "Une femme atteinte du SOPK m’a dit qu’elle se sentait bien mieux depuis qu’elle mangeait comme "dan tan lontan"", explique-t-elle. Elle reste prudente : "Je suis encore en observation, en apprentissage. Je n’ai pas beaucoup de conseils Ă  donner, Ă  part celui de parler". 

- "L’ablation des ovaires : une idĂ©e qui trotte" -

Depuis quelque temps, Rachel envisage une solution radicale : l'opĂ©ration. "Je pense Ă  me faire enlever les ovaires. C’est extrĂȘme pour les gens Ă  qui j’en parle. Mais ils n’ont pas conscience du quotidien dans lequel je vis". La jeune femme sait que cette opĂ©ration ne sera peut-ĂȘtre pas remboursĂ©e. Mais l’espoir d’une vie sans douleur, sans supplice menstruel, la pousse Ă  se renseigner sĂ©rieusement. "Il n’y a pas de guĂ©rison possible, c’est un syndrome. Alors j’étudie cette option".

Une perspective que le Dr Husaunndee ne valide pas : "Je ne suis pas pour l'ablation des ovaires. C'est inutile de mutiler des femmes encore jeunes s'il existe d'autres solutions à explorer. C'est radical, définitif et rien ne garantit que cela rÚglera tous les problÚmes".

Le SOPK reste l’une des affections fĂ©minines les plus frĂ©quentes et les moins connues. 1 femme sur 10 est concernĂ©e. Et trop souvent, la prise en charge se heurte Ă  des stĂ©rĂ©otypes, Ă  un manque de formation des professionnels de santĂ©, Ă  une sociĂ©tĂ© qui banalise la douleur fĂ©minine.

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À celles qui soupçonnent ce syndrome, Rachel lance un message : "Tu n’es pas seule. Tu as le droit d’ĂȘtre entendue. On ne doit pas souffrir en silence. Ce qui m’a aidĂ©e, c’est d’en parler. À mes proches, Ă  d’autres femmes atteintes. C’est le premier pas vers la guĂ©rison Ă©motionnelle, sinon physique".

vg / www.imazpress.com / [email protected]

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2 Commentaires
Jovien
Jovien
8 mois

Bonjour moi aussi depuis longtemps mon gynĂ©co me dit que j'ai les ovaires polykystique et pas de traitement rien . L'annĂ©e passĂ© j'ai fait une grossesse extra utĂ©rine qui c'est loger dans ma trompe droite obligĂ© d'aller en urgence me faire opĂ©rer pour m'enlever la trompe , il Ă©tait trop coller a l'intĂ©rieur on avait pa le choix de retirer la trompe. Je pouvait plus marcher đŸ„ș

Kaylie
Kaylie
8 mois

C'est trÚs difficile de se faire écouter par les professionnels du médical qui minimisent les symptÎmes.
A se jour, je n'ai toujours pas de traitement. Merci d'en parler.