Toutouccino et macarons : le bar Ă  chiens, nouvelle niche du chic parisien

  • PubliĂ© le 24 mai 2026 Ă  02:56
Loulou, un poméranien, mange une pùtisserie pour chien au café "Casa del Doggo", le 7 mai 2026 à Paris

Sur un confortable canapé en velours, une élégante Parisienne savoure jusqu'à la derniÚre miette un biscuit moelleux dans un café branché de la capitale française, sauf que cette cliente a quatre pattes.

Loulou, un pomĂ©ranien Ă  la fourrure laiteuse, laisse Ă©chapper un "ouaf" enthousiaste aprĂšs avoir englouti le "Merveilleux" Ă  cinq euros, composĂ© de fines couches de purĂ©e de banane, de bƓuf, de fromage frais et de pomme.

Ce chien d'un an est un habituĂ© de cette boulangerie canine, oĂč les friandises prĂ©sentĂ©es derriĂšre une vitrine soignĂ©e, comme le "Mignon" en forme de cƓur, prĂ©parĂ© avec de la patate douce, du fromage frais et de la myrtille, semblent aussi appĂ©tissantes que des pĂątisseries pour humains.

En revanche, "pas de chocolat, d'avocat, de raisin ou d'oignon" dans ces desserts canins, précise la propriétaire de la Casa del Doggo, qui a consulté un vétérinaire pour élaborer ses recettes.

L'adoption d'Hulk, son pomĂ©ranien de trois ans, a inspirĂ© Clara Zambuto, 26 ans, pour ouvrir cette pĂątisserie oĂč les chiens et leurs maĂźtres peuvent se rĂ©galer cĂŽte Ă  cĂŽte.

"J'allais souvent me promener avec lui (...) faire des activités, aller au café comme une bonne Parisienne, mais rapidement il s'ennuyait", raconte-t-elle.

"Je me suis dit, +c'est dommage qu'il n'y ait pas des lieux comme ça Ă  Paris oĂč, quand on prend notre petit cafĂ©, on puisse aussi proposer une petite friandise Ă  notre animal", dit-elle. "Notre chien, c'est vraiment comme notre enfant, on veut pouvoir l'emmener partout".

Cette boulangerie est l'un des nombreux Ă©tablissements dĂ©diĂ©s aux chiens qui fleurissent Ă  Paris, oĂč vivent quelque 100.000 canidĂ©s.

- Renforcer les liens -

Faire plaisir, oui mais avec modération, met en garde la vétérinaire Lolita Sommaire, pour laquelle si c'est une fois par mois, ce n'est pas trÚs grave".

"S'ils ont été dans une petite pùtisserie, il faut adapter le repas suivant, réduire un peu les quantités ou faire plus d'activité", conseille-t-elle.

Dans un autre café, des toutous se prélassent en grignotant des douceurs en forme de croissant ou de baguette à quatre euros. Marley, un berger australien nain coiffé d'un béret rouge, lape un dessert crémeux dans une coupe en argent.

Pour Rebecca Anhalt, la dĂ©cision d'ouvrir le Bone Appart, un bar "oĂč les chiens sont rois", est nĂ©e d'une amende salĂ©e reçue pour avoir laissĂ© son lĂ©vrier en libertĂ© dans un parc.

"Je voulais crĂ©er un endroit oĂč les gens pourraient venir sans craindre d'ĂȘtre rĂ©primandĂ©s pour avoir un chien", explique la propriĂ©taire.

Si Paris compte une cinquantaine de caniparcs oĂč l'on peut promener sans laisse son compagnon Ă  quatre pattes, le collectif d'associations Paris Condition Canine estime ces espaces "insuffisants, inĂ©galement rĂ©partis et parfois peu adaptĂ©s aux usages rĂ©els".

Les chiens sont mĂȘme devenus un sujet de niche lors de la campagne municipale de mars : le nouveau maire socialiste de Paris, Emmanuel GrĂ©goire, a créé un compte Instagram (@Hotdogswithemmanuelgregoire) de photos avec ses compagnons canins, tandis que que sa rivale, Rachida Dati (droite rĂ©publicaine), organisait des "apĂ©ritifs canins" dans sa mairie du VIIĂšme arrondissement.

Pour Sarah Elgamal, la propriétaire de Loulou, qui se décrit comme sa "maman", les sorties à la boulangerie représentent bien plus qu'un simple lieu de consommation: c'est l'occasion de renforcer les liens avec son animal de compagnie.

"Ça amĂ©liore la connexion, parce qu'on est tous les deux dans un troisiĂšme lieu qui n'est ni le travail ni la maison", explique cette pharmacienne de 32 ans.

Et si les chiens restent la priorité dans son café, souligne Rebecca Anhalt, de nombreux clients viennent aussi pour rencontrer d'autres propriétaires de chiens.

"Il nous arrive de présenter certains clients à d'autres, car les chiens sont de véritables vecteurs de lien social", dit-elle.

Un habitué et son teckel de 17 ans, fraßchement arrivés à Paris, viennent désormais tous les jours pour "faire partie du groupe et rencontrer du monde", ajoute la maßtresse des lieux.

AprĂšs tout, "on peut parler de son chien avec n'importe qui".

AFP

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1 Commentaires
Atterré
Atterré
3 mois

Pendant ce temps, des gens meurent de faim sur le trottoir d'en face ! ! !