Ce mardi 7 avril 2026, le juge des référés du tribunal de Saint-Denis a suspendu les délibérations adoptées lors du conseil d’administration de l’Union réunionnaise de coopératives agricoles (Urcoopa). Henri Lebon reste donc pour l'heure président (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
C'est une crise ouverte qui secoue l'Urcoopa depuis plusieurs jours. L’objet de la discorde porte sur une bataille pour la présidence de la coopérative agricole. Elle oppose d’un côté Terracoop et Sicalait et de l’autre la présidence actuelle de l’Urcoopa.
Les deux camps n'arrivent à s'entendre sur un plan de redressement pour sortir la coopérative des difficultés qu'elle traverse.
- Un appel au dialogue pour sortir l'Urcoopa de la crise -
Yannick Grondin, président de la Coopération agricole de La Réunion, appelle au dialogue. "Ce modèle coopératif traverse depuis plusieurs années une crise profonde : liquidation de la FRCA, tentation du modèle capitalistique, visions divergentes du développement entre générations, gouvernance contestée", écrit-il.
Mais "sans le regroupement de la CPPR, de la CANE, de TERRACOOP et de SICALAIT pour fonder l’URCOOPA, l’usine de fabrication d’aliments pour bétail de Cambaie n’aurait pas vu le jour. Or, peu de Réunionnais le savent : la mise en place de cet outil à partir de 1984 a permis de diviser le prix de l’aliment par deux et a contribué de manière décisive au développement des fermes réunionnaises."
Il ajoute : "Sans l’URCOOPA, l’abattoir de l’Étang-Salé, que les Réunionnais ont découvert à travers un conflit très médiatisé, présenté par certains journaux comme la "guerre de la volaille", n’aurait pas été réalisé".
- L'aide du préfet sollicitée -
Le mercredi 1er avril 2026, les fondateurs co-responsables de la création du Groupe Urcoopa ont demandé l'intervention du préfet de La Réunion et des Présidents des collectivités locales dans la crise qui secoue la coopérative agricole.
Ce, auprès des administrateurs de l'Urcoopa en leur demandant d'agir auprès des éleveurs comme par le passé, "c’est-à-dire en conscience de leurs responsabilités et sur la base des valeurs fondamentales qui ont permis jusqu’à ce jour la réussite de notre coopérative, à savoir : la solidarité, la proximité et la responsabilité", écrivent-ils.
Auprès de Monsieur le Préfet de la Réunion "au titre du respect de la loi de la sécurité des biens et des personnes et de la coordination avec les structures nationales, et auprès des présidents des collectivités locales au titre des compétences qui leur sont conférées".
Dans un communiqué, Jean-Michel Moutama, président de la CGPER - Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion- demande lui aussi l’intervention des services de l’État afin : "d’assurer la continuité effective des approvisionnements, avec la mise en place, dans les plus brefs délais, d'une médiation encadrée par l'Etat et l'activation, si nécessaire, de dispositifs exceptionnels."
Le président du Département en appelle à une réflexion globale et fédératrice, pour des États Généraux de l’agriculture réunionnaise, à laquelle le Département participera pleinement.
La Chambre d'agriculture interpelle "les autorités pour déverrouiller certaines situations afin d’apaiser aussi les tensions".
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