Ce lundi 22 juin 2026, deux rassemblements citoyens ont été organisés à Saint-Denis à l’initiative de l’association EPAA 974 (Écoute-moi, Protège-moi, Aide-moi, Aime-moi) et du collectif Stop VIF. À travers cette mobilisation, les organisateurs ont souhaité placer la parole des enfants au cœur du débat sur la protection de l’enfance et les violences faites aux mineurs (Photos : Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
Dans un contexte marqué par de nombreuses interrogations autour de la prise en charge des enfants en danger, les jeunes participants ont exprimé, à travers des dessins, des messages et des prises de parole, leur vision des droits de l’enfant et de la protection qu’ils attendent des adultes et des institutions.
Un rassemblement était organisé devant le Conseil départemental, chef de file de la protection de l'enfance. Un second rassemblement était prévu devant le tribunal de Champ Fleuri.
- Les enfants se mobilisent pour leur droit à la protection et à la sécurité -
Parmi les enfants présents, plusieurs élèves de l’école Joinville ont tenu à faire entendre leur voix.
"Je suis ici pour manifester. Je veux aider tous les gens à La Réunion. Comme dans d’autres pays, on entend que des enfants sont maltraités. Moi, dans ma famille, on est tous ensemble, on est tous unis. Mais malheureusement, ici aussi, il y a des enfants qui se font maltraiter", a expliqué Ava.
Serena, également élève de l’école Joinville, a souhaité rappeler que tous les enfants ne bénéficient pas des mêmes conditions de vie.
"Je suis venue manifester pour le droit des enfants. Je suis très heureuse d’être ici parce qu’il y a des enfants qui n’ont pas la chance de vivre comme nous, d’avoir une école, un toit ou tout ce que nous avons ici à La Réunion", a-t-elle déclaré.
La jeune fille a également évoqué la situation de nombreux enfants à travers le monde, contraints de travailler dès leur plus jeune âge.
"Nous, on va à l’école. Mais il y a des enfants qui doivent travailler dans les mines. C’est très dangereux parce qu’ils sont trop jeunes pour travailler. Ils n’ont pas la force pour faire ce genre de travail. C’est de la maltraitance envers les enfants alors qu’ils sont encore très jeunes", a-t-elle ajouté.
- L'importance d’écouter les enfants -
Pour les organisateurs, ces prises de parole démontrent l’importance d’écouter les enfants lorsqu’il est question de leurs droits et de leur sécurité.
La mobilisation n’avait pas vocation à opposer les différents acteurs de la protection de l’enfance, mais "à rappeler un principe fondamental : chaque enfant a le droit d’être entendu, protégé et mis en sécurité lorsqu’il est confronté à une situation de danger".
Au-delà de la sensibilisation du public, les associations ont également souhaité attirer l’attention sur la nécessité de renforcer les moyens consacrés à la protection de l’enfance afin de garantir l’application rapide et efficace des mesures destinées à protéger les mineurs en danger.
Lors de cette mobilisation, professionnels de terrain, éducateurs, représentants associatifs et familles ont échangé autour des enjeux liés à la protection des enfants à La Réunion. Une mobilisation qui, selon les organisateurs, rappelle que derrière les procédures et les dispositifs institutionnels se trouvent avant tout des enfants qui demandent à être écoutés, respectés et protégés.
- Des milliers de jeunes victimes d'atteintes sexuelles à La Réunion -
En 2024, 995 enfants ont été victimes d'atteintes sexuelles, dont 382 dans un cadre intrafamilial, et 158 viols ont été recensés, en hausse de 23%, selon la gendarmerie.
À ce jour, 1.325 dossiers de violences sexuelles doivent être réexaminés par les services de la Justice. Des plaintes déposées pour 718 d'entre-elles aux services de la police nationale et 607 aux services de la gendarmerie nationale.
Dans les tribunaux de La Réunion, 1.417 affaires sont enregistrées. Pour le tribunal judiciaire de Saint-Denis, 733 dossiers sont en cours (461 plaintes côte police et 272 côté gendarmerie). 674 affaires sont enregistrées au parquet de Saint-Denis et envoyées en enquête.
Pour le ressort du sud du tribunal judiciaire de Saint-Pierre, 592 procédures dans les services d’enquête (257 plaintes côté police nationale et 335 côté gendarmerie nationale). 743 affaires sont enregistrées au parquet de Saint-Pierre et envoyées en enquête.
L’association EPAA 974 agit depuis plusieurs années à La Réunion pour la prévention des violences faites aux enfants, la sensibilisation du public et l’accompagnement des familles. Le Collectif Stop VIF rassemble de son côté des acteurs engagés dans la lutte contre les violences intrafamiliales et la protection des personnes vulnérables.
En cas d'urgence, le seul numéro à composer est celui de Police Secours.
Le 112, numéro d'urgence européen
Le 114 pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques
Vous pouvez signaler des faits de violences , directement auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche sur le www.servicepublic.fr/cmi Anonyme et gratuit, ce tchat est accessible 24h/24 et 7j/7 pour échanger avec des policiers ou des gendarmes spécialement formés aux violences sexistes et sexuelles.
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