Ce lundi 14 octobre 2024, une rĂ©union s'est dĂ©roulĂ©e au siĂšge de la CCIR entre entreprises de transport de voyageurs et chambre de commerce et de l'industrie pour exposer les difficultĂ©s majeurs des transporteurs. Une fois de plus cette annĂ©e, les compagnies d'assurance refusent de renouveler l'assurance des transporteurs de voyageurs (bus scolaires, cars...), ce qui pose un rĂ©el problĂšme pour ces derniers dont l'assurance arrive Ă Ă©chĂ©ance Ă la fin de l'annĂ©e. Ă l'issue de cette rĂ©union, la dĂ©cision a Ă©tĂ© prise d'envoyer un courrier Ă la fĂ©dĂ©ration des assurances, en copie au service de l'Ătat pour qu'il y ait une vĂ©ritable action de prise et ne pas laisser les transporteurs livrĂ©s Ă eux-mĂȘme (Photo : sly/www.imazpress.com)
Réunis dans l'amphithéùtre, les transporteurs prennent un à un la parole face au président de la chambre. "Aujourd'hui nous faisons face à un problÚme majeur puisque les assurances ne veulent plus renouveler notre couverture d'assurance. Sachant que la fin de nos assurances arrive à terme à la fin de l'année, il faut trouver une solution", explique un des transporteurs de voyageurs.
En réponse à cela, une premiÚre proposition est soumise par la CCI : "il ne faut pas voir le bureau central des tarifications comme étant une situation de dernier recours mais plutÎt comme une opportunité de rebondir", affirme la chargée de mission de la CCI. Elle ajoute "l'année derniÚre c'est grùce à ce dispositif que beaucoup de transporteurs ont pu se faire assurer".
Pour rappel, "le BCT est une autorité administrative qui est chargée de mettre en place une assurance obligatoire et notamment pour répondre à la responsabilité civile. Son rÎle est surtout de pouvoir couvrir l'entreprise en cas de refus de l'assureur de La Réunion", précise la chargée de mission.
Une fausse bonne idée selon Bruno Fontaine de la fédération nationale des transporteurs de voyageurs à La Réunion : "bien sûr que le BCT a fini par trouver une assurance pour nous mais à quel prix ? Souvent c'est entre 50% et 70% plus cher qu'une assurance classique". Aucun professionnel ne veut de cette mesure, dont il faut recommencer les démarches chaque année.
"On a encore deux mois pour travailler et trouver des solutions. De mon cĂŽtĂ© je suis confiant que si l'Ătat sensibilise aussi les acteurs et s'intĂ©resse au dĂ©bat, des solutions pourront ĂȘtre trouvĂ©es", assure Bruno Fontaine.
"La vraie problĂ©matique c'est qu'il y ait un risque d'inflation trĂšs important des polices d'assurance des transporteurs de voyageurs et que certaines sociĂ©tĂ©s ne pourront pas aboutir Ă cela", s'inquiĂšte ce dernier. Ce qui entraĂźnera une rĂ©action Ă la chaĂźne : "si les transporteurs ne peuvent pas se payer les assurances, ils ne peuvent donc pas poursuivre leur mĂ©tier". RegardezÂ
- La sinistralité des transporteurs un débat sans réponse -
"Les compagnies d'assurance sont réticentes à couvrir les routiers par rapport au degré de sinistralité trop important. Mais quel est-il ? Nous n'avons pas de réponses à cette question", avoue Pierrick Robert.
"Il faudrait dĂ©jĂ pouvoir le dĂ©terminer, si c'est Ă l'Ă©chelle locale, des Outre-mers ou bien au national pour peut-ĂȘtre prouver que cela ne nous touche pas personnellement", souligne le prĂ©sident. Il ajoute : "Dans un deuxiĂšme temps, il faut faire la distinction entre les diffĂ©rents routiers. Comme le disait un des concernĂ©s : ce sont les innocents qui payent pour les coupables, et ça c'est injuste", souligne le prĂ©sident.
Pour le moment, le bruit court chez les transporteurs que seule une assurance Canadienne serait encore d'accord pour assurer les routiers péi à défaut d'autres compagnies nationales qui verraient La Réunion comme un petit territoire qui ne serait pas rentable.
- à la recherche d'une solution pérenne -
"En réunissant ce soir les services de la préfecture, les transporteurs à la CCI pour un temps d'échange pour que nous puissions apporter une solution pérenne et qu'ils ne soient pas obligés chaque année d'aller faire des démarches auprÚs du BCT pour avoir une police d'assurance", expose le président.
Ce dernier se questionne : "le BCT n'est qu'une solution de secours à mon sens parce que le transporteur trouvera une assurance, mais à quel prix et dans quelles conditions ? Et qui couvrira quel type de sinistre ? Alors qu'ils ont besoin d'un taux de couverture assez fort comprenant les dommages corporels et matériels qui coûtent trÚs cher à l'achat".
Finalement au bout de cette discussion : "nous comptons vĂ©ritablement faire un courrier adressĂ© Ă la fĂ©dĂ©ration des assurances en copie au service de l'Ătat pour que derriĂšre il y ait une rĂ©action et que les transporteurs puissent ĂȘtre accompagnĂ©s par une solution pĂ©renne", assure Pierrick Robert. Regardez
Une future rĂ©union entre transporteurs de voyageurs et assureurs est programmĂ©e, mais aucune date n'est arrĂȘtĂ©e pour le moment.
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