L'accord portant sur la sécurisation de l'emploi et la flexibilité des entreprises est présenté ce mercredi 6 mars en conseil des ministres. Pour le député européen Younous Omarjee, "cet accord interprofessionnel ouvre la voie à des régressions sociales considérables". Il se dit également "solidaire" des syndicats qui ont manifesté, hier mardi, leur opposition à cet accord. Nous publions le communiqué ci-dessous
"L'accord national interprofessionnel, conclu le 11 janvier par les partenaires sociaux, vise à créer davantage de flexibilité dans les relations entre employeurs et employés, au bénéfice prononcé des employeurs. Il est censé créer aussi parallÚlement de nouveaux droits pour les salariés. Ainsi, il prétend pénaliser les abus patronaux, en mettant en place des mécanismes tels que la taxation des contrats courts ou des accords de maintien dans l'emploi. En contrepartie, il donne aux entreprises des instruments de flexibilité pour leur permettre de trouver des solutions rapides en temps de crise, en s'attaquant notamment à la mobilité interne des salariés, à la baisse des salaires, ou encore au temps de travail.
Cependant, à la lecture de l'accord, on s'aperçoit que la plupart des éléments censés constituer de nouvelles protections pour les salariés sont en réalité trÚs limitées dans leur application et facilement dérogeable par les employeurs.
En plus de la baisse des salaires, de la hausse du temps de travail et de la suppression des RTT, rien n'est prĂ©vu pour garantir le retour au contrat de travail initial Ă la fin de la durĂ©e de l'accord. Rien n'est non plus prĂ©vu pour exiger des entreprises qu'elles aient Ă prouver leurs difficultĂ©s Ă©conomiques. Cet accord sur l'emploi pourra donc ĂȘtre utilisĂ© de maniĂšre trĂšs libre par les entreprises et sans que les salariĂ©s ne puissent s'opposer Ă son application, sauf Ă risquer le licenciement Ă©conomique.
Ainsi, dans un contexte de crise oĂč le chĂŽmage explose, l'accord interprofessionnel ouvre la voie Ă des rĂ©gressions sociales considĂ©rables.
Le député européen Younous Omarjee ne se satisfait pas des dispositions contenues dans l'accord sur l'emploi. Elles conduisent, pour lui, à un trÚs net recul des droits individuels et collectifs des salariés au bénéfice des employeurs.
La flexibilisation du travail, aujourd'hui Ă©rigĂ©e en dogme, ne peut ĂȘtre une rĂ©ponse satisfaisante au problĂšme du chĂŽmage. La flexibilisation du travail ne fait qu'augmenter le nombre de travailleurs pauvres en crĂ©ant du travail par le biais d'emplois peu rĂ©munĂ©rĂ©s.
Younous Omarjee se déclare solidaire des citoyens qui ont exprimé leur refus de voir émerger l'annihilation des droits salariaux, tout comme il se déclare solidaire des syndicats qui ont manifesté leur opposition à cet accord".
