Fraude massive à la viande de cheval : 24 perquisitions menées dans quatre pays européens, dont la France

  • Publié le 11 septembre 2026 à 14:13
  • Actualisé le 11 septembre 2026 à 14:17
cheval

"Des chevaux de loisir, de course qui ont reçu des traitements médicamenteux sont encore entrés dans la chaîne alimentaire" regrette l'organisation de défense des consommateurs foodwatch. Alors qu’Europol vient de communiquer sur un nouveau trafic de chevaux en Belgique, en France, en Irlande et aux Pays-Bas, Foodwatch rappelle que les fraudes n’ont pas cessé depuis le scandale des lasagnes à la viande de cheval de 2013. (Photo d'illustration : www/imazpress.com)

Ce sont 200 agents qui ont mené 24 perquisitions dans 4 pays – Belgique, France, Irlande et Pays-Bas - et plus de 1.000 chevaux au cœur d’une affaire coordonnée par Europol. "Encore", souligne foodwatch.

"Depuis quand ce manège dure-t-il ? Où la viande est-elle partie ? Dans quels produits ? Sous quelle forme en avons-nous mangé ? L’organisation de défense des consommateurs exige la transparence. Les consommateurs ont le droit de savoir" s'interroge Foodwatch. 

- Des chevaux de course notamment, impropres à la consommation sont entrés dans la chaîne alimentaire - 

L’organisation de défense des consommateurs foodwatch, experte des scandales alimentaires, ne compte plus le nombre d’affaires de ce genre depuis une dizaine d’années. A nouveau, l’identité des chevaux était trafiquée, les "mêmes chevaux" étaient abattus plusieurs fois grâce à un trafic de puces électroniques.

Un système bien rodé qui permet aux fraudeurs d’engranger des millions d’euros de profit avec un risque de sanction minimal : souvent à peine quelques mois de prison (quand cela va jusqu’au procès). "Pour les trafiquants, le jeu en vaut la chandelle" assure foodwatch.

"Les autorités belges ont accompli un travail remarquable en repérant des anomalies dans les documents d’identité des chevaux en 2025 et 2026 ; elles ont pris la tête de l’enquête européenne.

Il ne s’agirait pas d’un unique réseau criminel. En France, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) a mené sept perquisitions dans le Gard, en Saône-et-Loire, Mayenne, dans la Sarthe, en Gironde et Haute-Saône.

Pour foodwatch, l’urgence est à la transparence. L’organisation européenne de défense des consommateurs interpelle aujourd’hui les autorités : où a été commercialisée cette viande impropre à la consommation et par qui ?

"A travers l’Europe, les autorités de contrôle sont en sous-effectifs et la fraude alimentaire ne figure pas au rang des priorités politiques. Cette nouvelle enquête montre que les criminels n’hésitent pas à exploiter les faiblesses du système dénoncé depuis des années par foodwatch : peu de contrôles, des bases de données nationales qui ne communiquent pas nécessairement entre elles et une opacité qui les protège. Les consommateurs sont laissés dans l’opacité totale », poursuit foodwatch.

En France, la consommation de viande de cheval a chuté depuis l’affaire dite des ‘lasagnes à la viande de cheval’ en 2013 mais la France a encore importé 5.258 tonnes de viande de cheval en 2025 et en a exporté 2.169 tonnes, selon les chiffres de FranceAgriMer.

- Foodwatch appelle à un électrochoc politique  - 

"Certains Etats membres de l’UE n’ouvrent pas leurs bases de données nationale sur l’identité des chevaux ; c’est le cas de l’Allemagne d'après nos informations. La France, elle, le fait. On peut penser que les fraudeurs exploitent ces failles. La viande circule ensuite librement sur le marché européen et nous en importons encore des milliers de tonnes chaque année" souligne foodwatch.

"Les moyens dédiés aux contrôles sanitaires et à la fraude sont insuffisants partout en Europe et, surtout, les sanctions sont ridicules si les affaires vont jusqu’au procès : à peine quelques mois de prison parfois pour des business juteux permettant aux fraudeurs d’accumuler des dizaines de millions d’euros" regrette l'association.

"Les consommateurs ont le droit de savoir où a été commercialisée cette viande impropre à la consommation. En France, la pétition exigeant plus de transparence sur les fraudes alimentaires et adressée aux ministres de l’agriculture et de l’économie a recueilli pour l’heure près de 60.000 signatures" ajoute l'association. 

La Commission européenne (DG SANTE) surveille ces fraudes de près et appelle depuis des années au renfort des contrôles au sein des abattoirs. Mais cette compétence échoit aux Etats membres, elle se décide au niveau national.

Foodwatch insiste : "Face aux trafics qui persistent en Europe, la transparence totale à travers toute l’Europe est la réponse la plus raisonnable et urgente. foodwatch demande que nos décideurs prennent les choses au sérieux au vu des risques et menaces que fait peser la fraude alimentaire. Les consommateurs veulent être protégés contre ces pratiques frauduleuses".

Par ailleurs, foodwatch alerte depuis plusieurs mois sur l’omnibus européen sur la sécurité alimentaire, un projet de déréglementation susceptible d’impacter les contrôles aux frontières.

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