L'apostat (celui qui abandonne une religion) est un criminel Ă la mode dans nombre de pays qui ne charrient pas avec la charia. Ainsi, un crime issu des Ăąges les plus obscurs est-il remis au goĂ»t du jour, des Maldives Ă l'Arabie Saoudite, en passant par le Soudan, le Pakistan et bien d'autres destinations de rĂȘve... (Capture d'Ă©cran du site www.dailymail.co.uk relatant la mort de Farzana Parveen, enceinte de huit mois lapidĂ©e par sa famille au Pakistan)
L'Ă©moi suscitĂ© dans l'opinion occidentale par le rĂ©tablissement de la peine de mort aux Maldives - membre observateur des Iles Vanille -, applicable dĂšs l'Ăąge de sept ans pour des crimes tels que la fornication (adultĂšre), l'apostasie (abjuration de sa religion, l'Islam en l'occurrence), la consommation d'alcool, voire le banditisme, s'explique par le fait que Les Maldives sont vues, de loin, comme un genre d'Etat-Club-Med, avec lagons, cocotiers, Ăźles, voire spot de surf, privatisĂ©s, rĂ©servĂ©s aux touristes ; pour lesquels la "vraie vie" des Maldiviens demeure un relatif mystĂšre. Alors certes, il y a bien ces histoires de femmes flagellĂ©es⊠mais "adultĂšres", et chacun sait en Occident que l'Islam a une façon trĂšs particuliĂšre de traiter les femmes, qu'il vĂ©nĂšre et respecte profondĂ©ment, au point de leur dĂ©nier toute responsabilitĂ©, les plaçant toute une vie sous tutelleâŠ.
En revanche, l'idĂ©e de voir un enfant exĂ©cutĂ© est nettement plus gĂȘnante. D'oĂč ces appels au boycott des Maldives, car il est moralement difficile de faire bronzette sur les plages parfaites d'un pays capable d'exĂ©cuter des gosses pour un prĂ©texte aussi futile que l'apostasie ! A-t-on vu un enfant de sept ans s'engager spontanĂ©ment dans une dĂ©marche mystico-philosophique visant Ă lui faire abjurer sa religion ?
La peine de mort pour apostasie, notamment applicable aux enfants, serait donc un symbole, une limite ostentatoirement brandie Ă l'encontre des infidĂšles de tout poil ?
Il y a lieu de croire que cette incrimination est tout sauf futile. En effet, dans nombre de pays oĂč l'Islam est religion d'Etat, Ă l'incrimination d'apostasie â takfir -  correspond un pĂ©rimĂštre pĂ©nal trĂšs large.
Ainsi, dans ce beau pays qu'est le Soudan, prĂ©sidĂ© par Omar al-Bashir, accusĂ© de crime de guerre, de crime contre l'humanitĂ© et de gĂ©nocide par la Cour pĂ©nale internationale (CPI), mandat d'arrĂȘt international Ă l'appui, on peut ĂȘtre accusĂ© d'apostasie sans mĂȘme avoir Ă©tĂ© musulman ; et condamnĂ© Ă mort en consĂ©quence.
Maryam vient d'accoucher dans la geĂŽle
C'est le cas de Maryam Yahya Ibrahim Ishag, mĂ©decin, ĂągĂ©e de 27 ans, et enceinte de huit mois, lorsque le tribunal islamique de Haj Yousef (Ă Khartoum) l'a condamnĂ©e, le 15 mai dernier, Ă recevoir Ă 100 coups de fouet pour adultĂšre, avant d'ĂȘtre exĂ©cutĂ©e pour apostasie.
AbandonnĂ©e par son gĂ©niteur musulman Ă la naissance, elle a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e dans la foi chrĂ©tienne de sa mĂšre de nationalitĂ© Ă©thiopienne. Pour avoir Ă©pousĂ© - il y a 13 ans - un ChrĂ©tien, Soudanais, mais du Sud, qui lui a fait deux enfants, elle a Ă©tĂ© accusĂ©e dâavoir reniĂ© la foi musulmane, crime pour lequel elle est condamnĂ©e Ă mort, par pendaison, l'adultĂšre Ă©tant rajoutĂ© pour tenir compte des enfants. Une exĂ©cution suspendue par la grossesse de la criminelle, et l'allaitement Ă suivre du second enfant. Meriam Yahia Ibrahim Ishag vient d'accoucher dans la geĂŽle qu'elle partage avec son premier enfant ĂągĂ© de 20 mois.
France, Grande-Bretagne Etats-Unis exercent depuis des semaines d'intenses pressions, relayĂ©es par des associations de dĂ©fense des droits de lâHomme et mĂȘme de courageux ressortissants soudanais. Avec un peu de "chance" la peine capitale sera commuĂ©e en perpĂ©tuitĂ©. Omar al-Bashir nargue impunĂ©ment la CPI, il est peu probable qu'il tremble devant une rĂ©probation Ă©trangĂšre, mĂȘme internationale. Il pourrait marchander un brin de laxisme humanitaire en faveur des femmes adultĂšres en Ă©change de facilitĂ©s diplomatiques dans son conflit avec le Soudan du Sud.
En Arabie saoudite, on a inventé l'apostasie en ligne
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La pauvre Maryam pourrait presque s'estimer privilĂ©giĂ©e, au regard du destin de Farzana Parveen, enceinte de huit mois et ĂągĂ©e de 25 ans, lorsqu'elle a Ă©tĂ© dĂ»ment lapidĂ©e Ă mort par sa famille, devant le tribunal de Lahore (Pakistan), auprĂšs duquel elle espĂ©rait obtenir la protection de la justice. Son crime ? Un mariage d'amour contraire aux vĆux de son pĂšre, de ses frĂšres, leur honneur, leur conception de l'Islam et donc⊠adultĂšre.
En Arabie saoudite, on a inventĂ© l'apostasie en ligne, progrĂšs technologique oblige. Un moyen de pourchasser les dĂ©linquants qui professent des opinions un peu trop libĂ©rales. C'est le cas d'un jeune blogueur un peu trop cool, embastillĂ© depuis juin 2012 pour avoir fondé un site internet intitulĂ© "Free Saudi liberals", sur lequel il aurait attentĂ© "Ă la sĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©rale" et "ridiculisĂ© des figures religieuses de lâIslam". Quand on sait que dans ce pays de lĂ©gende, laisser une femme seule au volant est dĂ©jĂ une façon de ridiculiser l'Islam, il est Ă©vident que le fait de traiter de la Saint-Valentin - vĂ©ridique - s'apparente Ă un dĂ©lit inexpiable. Quant au vice qu'est l'ironie, cette raillerie rhĂ©torique (Ndlr : une monstruositĂ© grecque qui plus est), lorsqu'il est appliquĂ© Ă la "Commission pour la promotion de la vertu", louĂ©e pour ce qu'elle "nous enseigne la vertu et quâelle se soucie autant que tous les Saoudiens aillent au paradis", il vire au crime contre la figure de Dieu, quand bien mĂȘme on ne peut le reprĂ©senter.
10 ans de prison, mille coups de fouet
En consĂ©quence le procĂšs de Raif Badawi a conduit Ă ce que le pauvre jeune homme soit poursuivi pour apostasie, risquant ainsi sa tĂȘte un peu trop Ă©clairĂ©e. Une sanction pĂ©nale qui reste en suspens aujourd'hui, quand la premiĂšre peine complĂ©mentaire Ă laquelle il avait Ă©tĂ© condamnĂ©, sept ans de prison et 600 coups de fouet vient d'ĂȘtre commuĂ©e en 10 ans de prison, mille coups de fouet et plus de 260 000 dollars dâamende.
Quant au journaliste et twittos saoudien, Hamza Kashgari, il fut poursuivi pour apostasie, pour avoir interpellĂ© le prophĂšte Mahomet par trois fois sur twitter, lui disant de façon poĂ©tique mais moderne ce qu'il avait sur le cĆur ; exemple : "Au jour de ton anniversaire, je ne me prosternerai pas devant toi. Je ne baiserai pas ta main. Je la serrai comme fait un Ă©gal, et te sourirai comme tu me souriras. Je te parlerai comme un ami sans plusâŠ"
Il en rĂ©sulta un immense scandale accompagnĂ© de menaces de mort bien rĂ©elles. Hamza Kashgari prit la poudre d'escampette. Demanda l'asile politique Ă la Nouvelle-ZĂ©lande. Mais il fut interceptĂ© Ă l'aĂ©roport de Kuala Lumpur, par les autoritĂ©s de Malaisie, oĂč l'Islam est religion d'Etat, et extradĂ© vers l'Arabie saoudite ; le tout sur la foi dâun mandat d'arrĂȘt international, lancĂ© par Interpol, qui ne peut rien refuser aux autoritĂ©s saoudiennes. En dĂ©pit d'un repentir obligĂ©, Hamza Kashgari a risquĂ© sa tĂȘte, passĂ© 20 mois en prison, avant d'ĂȘtre libĂ©rĂ©, amende honorable Ă la clĂ©. Pour mĂ©moire, en 1992, Saadi Mallalah, dangereux poĂšte saoudien, a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă mort pour blasphĂšme et apostasie, Ă la suite de quoi il a Ă©tĂ© dĂ©capitĂ©, au sabre.
Nos "people", Johnny Hallyday, Laurence Parisot, ex-prĂ©sidente du MEDEF, Christophe Dechavanne, "figure de TF1 depuis de nombreuses annĂ©es ", qui ont appelĂ© au boycott des Maldives en twittant courageusement leur dĂ©termination, oseront-ils sâengager de mĂȘme contre lâArabie saoudite, DubaĂŻ, le Pakistan, la Mauritanie, lâEgypte, lâIran, la Malaisie, lâAlgĂ©rie⊠Taslima Nasreen et Salman Rushdie des "people" dâun autre genre pourraient leur expliquer.
Philippe Le Claire pour Imaz Press Réunion

IPN, tu sembles ignorer que dans les Etats contemporains oĂč l'Islam est religion d'Etat, source du droit, Ă l'exception de la Tunisie - parce que les femmes y ont opposĂ© une vive rĂ©sistance Ă une rĂ©gression constitutionnelle inspirĂ©e par les islamistes - le statut des femmes est peu enviable. Et nous sommes au XXIe siĂšcle, dans des sociĂ©tĂ©s qui ont adoptĂ© sans difficultĂ© les plus rĂ©cents progrĂšs technologiques⊠L'Arabie Saoudite et toute une kyrielle d'Etats trĂšs respectueux des droits de l'Homme en gĂ©nĂ©ral et des femmes en particuliers, comme l'Iran, seraient-ils "islamistes"⊠sans doute. Ce qui n'empĂȘche pas les "dignitaires" musulmans de maintenir un silence assourdissant sur les aspects les plus obscurantistes de ces rĂ©gimes pseudo-thĂ©ocratiques. Pire, ils les soutiennent, et pour cause, toutes les institutions de cet Islam, non islamiste, peut-ĂȘtre sont installĂ©es dans ces beaux pays de libertĂ©. Au-delĂ vos rĂ©fĂ©rences Ă l'Ancien testament tombent Ă l'eau, ces textes font partie de la mĂȘme tradition, qui a donnĂ© l'Islam par la suite, c'est valable pour le judaĂŻsme et le christianisme qui ont prĂ©cĂ©dĂ© l'Islam. Ces textes remontent Ă la nuit des temps, comme le Coran remonte au 7e siĂšcle. Mais en France tout au moins la laĂŻcitĂ© a fait un sort Ă cette littĂ©rature en matiĂšre de droit et de vie publique. Alors, mon bon IPN, calme toi, respire, et dis toi bien que dans les pays auxquels l'article fait rĂ©fĂ©rence, le FN serait un parti d'extrĂȘme gauche. Enfin, on peut critiquer l'Islam sans haĂŻr les musulmans⊠L'Islam n'est ni une race, ni un peuple, mais une religion-superstition aussi faillible et imparfaite que les autres.
Bravo pour votre connaissance de la religion islamique. je vous cite : "l'Islam a une façon trĂšs particuliĂšre de traiter les femmes, qu'il vĂ©nĂšre et respecte profondĂ©ment, au point de leur dĂ©nier toute responsabilitĂ©, les plaçant toute une vie sous tutelle". Vous faites l'amalgame entre l'islamisme, contestĂ© par l'ensemble des dignitaires musulmans français, et l'islam. C'est comme si je vous citais l'ancien testament pour critiquer les juifs (je vous rappelle qu'une femme adultĂšre est sur le point d'ĂȘtre lapidĂ©e et est sauvĂ©e par JĂ©sus) ou les ChrĂ©tiens qui ont toujours bien considĂ©rĂ© la femme puisqu'ils ne lui ont accordĂ©e une vĂ©ritable Ă©mancipation qu'au 20e siĂšcle ! mais, ça, vous n'oseriez pas le dire, de peur d'ĂȘtre taxĂ© d'antisĂ©mite. En revanche, la haine du musulman est Ă la mode, donc vous ĂȘtes in, comme l'ont montrĂ© les rĂ©sultats du 25 mai dernier. Allez, rassurez-vous, un bon virus Ebola et tout sera rĂ©glĂ© !