Au large de La Réunion : le programme de pêche préventive des requins se termine dans trois mois, plus de 500 squales capturés

  • Publié le 11 mai 2026 à 16:27
  • Actualisé le 12 mai 2026 à 05:21
Adrien dubosq

(Actualisé) A trois mois de la fin du programme de Pêche de Prévention (PR2P) pour la période 2019-2026, les équipes du Centre Sécurité Requin (CSR) poursuivent leurs opérations au large des côtes réunionnaises. Créé pour coordonner la gestion du risque requin autour de l’île, l’organisme supervise la surveillance du littoral et le suivi des interventions en mer, afin de limiter la présence des requins potentiellement dangereux dans les zones fréquentées par les baigneurs et les surfeurs. Plus de 500 squales ont été capturés (Photo d'illustration Richard Bouhet / www.imazpress.com)

Le cœur du dispositif repose sur le Programme Réunionnais de Pêche de Prévention (PR2P). Le CSR le présente comme "un dispositif de réduction du risque requin à proximité des zones de pratique". Son objectif tourne autour de la réduction de la présence des requins tigres et des requins bouledogues, les deux espèces impliquées dans la majorité des attaques recensées à La Réunion.

Plusieurs technologies sont déployées le long du littoral ouest, principalement entre Saint-Paul et l’Étang-Salé. Les PAVAC - des drumlines connectées capables d’envoyer une alerte GPS lorsqu’un animal est capturé - constituent aujourd’hui l’un des outils principaux du programme. 

"Ces dispositifs permettent d’être alerté en temps réel lors d’une capture afin d’intervenir rapidement", explique le CSR dans ses rapports techniques, publiés mensuellement. Des palangres horizontales de fond viennent compléter ce dispositif dans certaines zones identifiées comme sensibles.

- Plus de 430 requins tigres et 70 requins bouledogues capturés -

Les chiffres publiés par le Centre Sécurité Requin montrent l’ampleur prise par le programme depuis son lancement. Entre 2018 et 2024, les bilans opérationnels cumulés font état de plus de 430 requins tigres capturés ainsi que d’environ 70 requins bouledogues. Plus de 86.000 heures de pêches ont été cumulées entre août 2022 et février 2026, contre 146.000 entre 2018 et 2022. Les requins tigres représentent ainsi l’écrasante majorité des captures enregistrées par les équipes du programme. 

Les données mensuelles publiées montrent que l’activité reste particulièrement soutenue. En février 2026, les équipes du CSR ont enregistré 25 déclenchements sur les dispositifs de pêche. Douze requins ciblés ont été capturés durant cette période, principalement des requins tigres. Les opérations se sont concentrées autour de Saint-Gilles, Trois-Bassins, Saint-Leu et l’Étang-Salé, zones historiquement les plus fréquentées pour les activités nautiques.

Les rapports techniques révèlent également une présence régulière des requins dans les secteurs surveillés. Certaines campagnes mensuelles montrent plusieurs dizaines de déclenchements des PAVAC, même lorsque toutes les alertes ne débouchent pas sur une capture. 

- Limiter l’impact sur la biodiversité marine -

Le CSR précise qu'"un déclenchement peut se produire sans qu’un animal n’ait mordu à l’hameçon", notamment en cas de tension sur la ligne ou d’interaction partielle avec le dispositif.

Au fil des années, le programme s’est aussi orienté vers le suivi scientifique. Une partie importante des opérations se déroule désormais en présence d’assistants scientifiques chargés de collecter des données biologiques et environnementales, explique le CSR. 

Les rapports publiés ces dernières années détaillent les campagnes de marquage et de balisage des requins capturés afin de mieux comprendre leurs déplacements autour de l’île.

Les données collectées montrent notamment que le requin tigre fréquente régulièrement les zones côtières réunionnaises, avec des variations saisonnières importantes. Les études menées par le CSR évoquent également l’influence de plusieurs facteurs environnementaux comme la température de l’eau, les fortes pluies ou la turbidité sur les déplacements des requins.

Le CRS assure aussi travailler afin de limiter l’impact sur la biodiversité marine. Tortues marines, raies, poissons et requins non ciblés sont relâchés vivants dans la majorité des cas, affirme le centre. 

Il rappelle que "les espèces accessoires sont relâchées vivantes dans la mesure du possible". Les bilans récents montrent un taux de survie des prises accessoires atteignant près de 90 %, contre des niveaux bien plus faibles au lancement du programme.

Les nouvelles générations de dispositifs testées ces dernières années cherchent également à améliorer la sélectivité des captures. Plusieurs rapports du CSR détaillent des adaptations techniques des hameçons, des lignes et des systèmes d’alerte afin de réduire les captures accidentelles tout en maintenant l’efficacité des opérations de prévention.

- Un large dispositif pour contrôler la crise - 

Cette montée en puissance du dispositif intervient dans un contexte encore marqué par le souvenir de la crise requin qui a profondément bouleversé La Réunion à partir de 2011. Entre 2011 et 2019, 24 attaques ont été recensées autour de l’île, dont 11 mortelles

La succession des attaques avait provoqué un choc majeur sur l’île, et a été au cœur de la stratégie de capture des requins. Une stratégie souvent critiquée par les associations de protection de l'environnement et des animaux. 

La crise requin a aussi fortement impacté le milieu du surf réunionnais, les compétitions de surf ayant été annulées et plusieurs écoles ayant fermé. Les autorités ont aussi interdit une grande partie des activités nautiques hors lagon ou hors zones sécurisées.

C’est dans ce contexte que la pêche de prévention a progressivement été renforcée. Pour le Centre Sécurité Requin, elle ne constitue toutefois qu’un "élément d’un dispositif plus large", qui comprend les filets de protection, les vigies requins, la surveillance des zones de baignade et les réglementations d’accès à certaines portions du littoral. Le CSR rappelle régulièrement qu'"aucune mesure prise isolément ne permet de supprimer le risque".

Depuis 2019, aucune attaque mortelle n’a été enregistrée à La Réunion. Une évolution que les autorités attribuent à la combinaison des mesures de surveillance, de prévention et de sécurisation mises en place depuis le début de la crise. 

A trois mois de la fin du PR2P actuel, qui doit se boucler en août 2026, Imaz Press Réunion a contacté le CSR, qui n'a répondu à nos sollicitations pour l'heure. La préfecture, de son côté, indique que ""le marché actuel de la pêche préventive s'achève en août 2026, l’appel d’offres du futur marché sera lancé en juillet 2026, pour une attribution en janvier 2027". "Un avenant de cinq mois sur le marché actuel permettra de passer des bons de commande pour la période d'août à décembre 2026. Le préfet communiquera sur le bilan du PR2P et sur la stratégie adoptée postérieurement à la réunion du conseil d'administration du GIP CSR, fin mai", précise-t-elle.

Entre 2011 et 2019, date de la dernière attaque de squale, 24 personnes ont été attaquées par des requins majoritairement le long de la côte ouest de La Réunion. Onze personnes sont mortes des suites de ces attaques. Plus de la moitié ds victimes étaient des surfeurs ou des bodyboardeurs. 

Lire aussi - Sans entraînements et sans compétitions, le surf est dans le creux de la vague à La Réunion

Lire aussi : Le surf, une pratique sous haute surveillance à La Réunion

www.imazpress.com / [email protected]

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18 Commentaires
WASP
WASP
1 jour

Dans l'air , les moustiques sont chez eux : laissons les nous piquer 🤣🤣

GbbGG
GbbGG
2 jours

Mensonge. Pas capturés, mais bel et bien abattus.

Achtung
Achtung
2 jours

500 tués

gauthier
gauthier
2 jours

honteux!! tout ça pour garder leurs surfeurs bobo et se faire du pognon

philippe renard
philippe renard
2 jours

C'est du délire ils sont chez eux , tout ca pour nos beaufs gras a lard , c'est dément

Jean Hoareau
Jean Hoareau
3 jours

Assassinés plutôt et pas capturés, comme si on allaient les mettres autre part

damnat
damnat
3 jours

Quand est ce que l'être humain va se réveiller ? détruire une espèce c'est se détruire soi même ! 500 requins c'est énorme ! L'homme est la seule espèce qui détruit son propre habitat ! il n'aime pourtant pas les guerres mais les déclare lui-même envers tous ceux qui le gênent !!
Félicitations à celui qui a tué le dernier rhinocéros blanc ! à qui le tour ?

Francis Benveniste
Francis Benveniste
3 jours

C'est ça, continuons de ruiner l'équilibre marin. Comme le dit Michel, un homme est un invité de la mer, il n'y est pas chez lui et n'a aucun droit de bousiller une espèce. Dans le même genre, les couleuvres sont massacrées par crainte, par bêtise et par analogie au serpent biblique. Conséquemment, les rats prolifèrent dans les cannes et les agriculteurs balancent du poison. Je ne comprends cette logique. Sans doute parce qu'il n'y en pas. Pour revenir aux requins, c'est simple : il y en a dans la mer, et ils peuvent s'attaquer à un humain. Donc une fois que des panneaux "attention, ça mord'" ont été plantés, mettez-vous à leau à vos risques et périls et ne venez pas gueuler si vous êtes attaqués. Une fois de temps en temps, c'est bien de prendre ses responsabilités. De vivre normalement, quoi.

Michel
Michel
3 jours

J'aimerais savoir si les personnes concernées par une attaque de requin etaient dans une zone interdite à la baignade ou aux sports nautiques.
Lorsque un être humain est dans l'océan, il est dans le monde aquatique. Il n'est pas chez lui. En tant qu'"invité", il a à respecter certaines règles de conduite.
Tuer des requins, c'est provoquer un déséquilibre dans la nature. Un déséquilibre qui va se répercuter.
Autre exemple: l'homme a introduit, par mégarde, les rats. Les rats sont empoisonnés. Les papangues se nourrissent de rats. Un jour, ce rapace endémique disparaîtra de La Réunion.
Conclusion: l'homme fout le bordel, la nature et les générations suivantes paient les pots cassés.

Melanie
Melanie
2 jours

Bravo monsieur!

Francis Benveniste
Francis Benveniste
3 jours

Juste.

Pierrot 974
Pierrot 974
3 jours

On sait où ils sont capturés : dans l'ouest.
Mais où sont-ils relâchés ?... Mystère.
Dans l'est ?

cha
cha
3 jours

Ils sont tués. Certains pêcheurs locaux les pêchent également pour les consommer, dans le cadre de cette bataille anti-requins…

Lejuste
Lejuste
3 jours

Le préfet va taper du poing sur la table

Poc poc
Poc poc
3 jours

L’anthropocentrisme dans toute sa splendeur ...
"Au fil des années, le programme s’est aussi orienté vers le suivi scientifique."
Pas mal les gars ....
"A trois mois de la fin du PR2P actuel, qui doit se boucler en août 2026, Imaz Press Réunion a contacté le CRS (?) ainsi que la préfecture pour en savoir plus sur le futur du dispositif. Aucune des deux institutions n'a répondu à nos sollicitations pour l'heure."
Met enkor la passé.

Steven
Steven
3 jours

Pourquoi massacrer massivement les requins-tigres alors que seuls les requins bouledogue sont concernés ?? À savoir que ces deux espèces sont classés en voie d'extinction...
Combien coûte au contribuable ce programme de pêche ?? plusieurs millions d'euros chaque année paraît-il...
Mr le Préfet, à l'heure de la crise sociale, économique et environnemental n'avez vous pas honte de mettre plusieurs millions d'euros chaque année à détruire la faune sauvage pour le plaisir de quelques surfeurs ??

Courbier
Courbier
2 jours

430 requins tigre tués pour 70 requins bouledogue, quand on sait que le problème c'est le bouledogue et que son principal prédateur est le tigre,ces chiffres sont très inquiétants pour le futur, plus on va pêcher des tigres plus le bouledogue va proliferer

Mat
Mat
3 jours

C'est tout simplement honteux. C'est un massacre.