Après un mois marqué par l’opération “Nuits sans lumière”, la saison d’envol des pétrels de Barau touche à sa fin à La Réunion. Si le bilan définitif reste à établir, la Société d'études ornithologiques de La Réunion (Seor) note une amélioration globale, malgré encore trop d’échouages liés à la pollution lumineuse. (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Du 3 avril au 3 mai 2026, l’opération "Nuits sans lumière" a une nouvelle fois mobilisé collectivités, entreprises et particuliers. Le but : protéger les jeunes pétrels de Barau, au moment crucial de leur premier envol vers l’océan.
Lire aussi - 50 à 70 pétrels récupérés chaque jour par la Seor
"À ce jour, on observe beaucoup moins ou presque plus d’oiseaux qui s’échouent", indique Christian Léger, président de la Seor. Au total, "un peu plus de 1.000 pétrels de Barau échoués" ont été récupérés cette année. Un chiffre à relativiser, puisque certains oiseaux ne sont jamais retrouvés, tandis que la grande majorité parvient à rejoindre la mer.
- 90% des pétrels récupérés sont relâchés -
Chaque année, près de 10.000 jeunes pétrels prennent leur envol depuis les hauteurs de l’île, notamment depuis le Piton des Neiges ou encore le Grand Benard. Livrés à eux-mêmes, ils suivent instinctivement la lumière naturelle de la lune pour rejoindre l’océan.
Mais "avec la pollution lumineuse, ils sont trompés par les lumières de la ville", explique Christian Léger. Désorientés, ils s’échouent alors au sol, incapables de redécoller en raison de leurs pattes palmées et leur envergure, jusqu'à 1 mètre pour ces jeunes oiseaux.
Malgré ces difficultés, le président de la Seor souligne une dynamique positive : "On estime environ 90 % des pétrels récupérés qui sont relâchés". La mobilisation citoyenne joue un rôle clé dans ces sauvetages. "Souvent ce sont les citoyens, les Réunionnais qui signalent les oiseaux échoués. Les gens ont compris maintenant", se félicite-t-il. "On essaye d'ailleurs d'organiser des relâchés d'oiseaux en présence du public, pour leur montrer que leurs gestes comptent. C’est souvent un moment plein d’émotions".
Lire aussi - [Photos] Saint-Paul : des pétrel de Barau retrouvent le chemin de l’océan
- Que faire si vous trouvez un oiseau échoué ? -
Si vous trouvez un oiseau échoué, contactez rapidement la Société d’études ornithologiques de La Réunion au 02 62 20 46 65. Si personne n’est disponible lors de votre appel, laissez votre nom et votre numéro de téléphone sur le répondeur de l'association.
"Nous vous rappellerons rapidement. Dès lors, nous organiserons ensemble sa récupération dans les plus brefs délais grâce à notre réseau de sauvetage (bénévoles structures relais) opérationnel sur toute l’île", informe la Seor.
.jpg)
En attendant la prise en charge par l'association : mettez l'oiseau dans un carton, dans lequel vous avez fait quelques trous pour lui permettre de respirer et placez-le dans un endroit au calme, à l’abri de la chaleur et du soleil, des chiens et des chats.
- Une amélioration constatée mais des efforts restent à faire -
Si l’année 2024 avait été catastrophique, lorsque la Seor avait récupéré et pris en charge 1.351 jeunes oiseaux, les efforts de sensibilisation semblent porter leurs fruits.
"On travaille avec de nombreuses collectivités, communes mais aussi des grosses entreprises ou institutions comme l'aéroport, la SRPP ou encore le Grand Port Maritime. On note globalement une amélioration des acteurs, mais des efforts sont encore nécessaires", insiste néanmoins Christian Léger, pointant encore certains éclairages problématiques, notamment sur des terrains de sport ou dans certaines zones d’activités.
La vigilance reste de mise, d’autant que la période critique ne concerne pas uniquement les pétrels de Barau. "Si la période d'envol des pétrels est terminée, celle des puffins est toujours en cours", rappelle le président de la Seor. Ces oiseaux marins, dont l’envol s’étale de décembre à juin, restent eux aussi vulnérables à la pollution lumineuse.
Lire aussi - 50.000 pétrels et puffins pris en charge par la Seor en 29 ans
La Seor appelle donc à poursuivre les efforts : la réduction des éclairages inutiles, la sensibilisation des acteurs économiques et de la population ainsi que le maintien des bons réflexes en cas de découverte d’un oiseau échoué. Autant de gestes essentiels pour préserver ces espèces endémiques et emblématiques de La Réunion.
vg / www.imazpress.com / [email protected]
