Assises : poursuivi pour trois assassinats, Abraham Bomela affirme avoir tué pour "ne pas devenir pédophile"

  • Publié le 18 février 2026 à 06:48
  • Actualisé le 18 février 2026 à 06:50
salle de la cour assises , tribunal

Auteur présumé de trois assassinats, dont celui de sa mère et de sa cousine de 5 ans, et de huit tentatives d'assassinat, un homme est jugé depuis lundi 16 à vendredi 20 février 2026 par les assises de La Réunion. Mardi, il a affirmé avoir tué pour "ne pas devenir pédophile" (Photo sly/www.imazpress.com)

Ce mardi après-midi Abraham Bomela a été interrogé pendant plus de deux heures par la présidente de la cour d'assises sur les faits qui se sont produits tôt le matin du samedi 28 octobre 2023 à la Possession.

Dans la matinée du drame, Abraham Bomela, alors âgé de 38 ans, avait poignardé sa mère puis la fillette, avant de s’enfuir du domicile familial au volant de sa voiture.

Il avait ensuite entamé un périple sanglant dans les rues de la ville. Il avait tué l'agent d'entretien d'une agence bancaire et blessé huit personnes.

Lire aussi - La Possession : l'individu interpellé et placé en garde à vue, trois personnes décédées

- "Je me méfiais de la petite fille"- 

La magistrate a voulu comprendre les raisons de son passage à l'acte contre sa mère et l'enfant.

"J'ai vu le père amener sa fille (la cousine de l'accusé – ndlr) à la maison de ma mère" relate le mis en cause.

Sa mère avait l'habitude de garder l'enfant pendant que ses parents travaillaient.

"Je n'aimais pas cela car elle me provoquait pour me rendre pédophile" a lancé l'accusé d'une voix calme et dénuée d'émotion en parlant de la jeune victime.

"Je me méfiais de la petite. Je ne voulais pas passer à l'acte sexuel alors je l'ai tuée", a déclaré l'accusé avec le même détachement.

"Je préfère être un assassin qu'un pédophile" a-t-il ajouté reconnaissant avoir porté plusieurs coups de couteau à l'enfant.

Il a aussi reconnu avoir mortellement agressé sa mère au couteau alors qu'elle tentait de s'interposer.

La présidente de la cour d'assises lui a ensuite demandé pourquoi il n'a pas contenu son déchainement de violence alors qu'il a "déjà tué (sa) mère et (sa) petite cousine".

Toujours très calmement l'accusé répond : "je sais que j'ai tout perdu, je suis très en colère, j'ai tué ma maman à cause de la petite, avec la colère j'avais envie de tuer tout le monde".

Lire aussi - La Possession : l'homme qui a tué trois personnes reconnaît sa volonté de tuer tous ceux se trouvant sur son chemin

- "Je suis plus propre que ces salauds"

Toujours interrogé par la Présidente, Abraham Bomela se livre.

"Le monde est mauvais. Mais, je suis plus propre et plus joli que tous ces salauds et salopards qui font pire que moi" dit-il sans que l'on ne sache de qui il parle.

"Dans le monde, il y a pire que moi", dit-il tranquillement. "Moin lé pas pli mové ké lé ote moune", affirme-t-il avec un grand détachement.  

Après l'agression des deux premières victimes, l'homme avait menacé, avec un couteau, son cousin, policier de métier, qui tentait de porter secours aux victimes.

Le cousin s'est porté partie cvile. Il était présent à l'audience ce mardi soutenu par Emeric Souprayen Ramaye, délégué du syndicat Unité SGP Police.

"Il a dû faire une déposition difficile qui l'oblige à se remémorer des faits d'une extrêmes gravités touchant des membres de sa propre famille. Notre syndicat est présent pour lui apporter notre soutien" a expliqué le délégué syndical.

Lire aussi - Abraham Bomela jugé pour trois assassinats, dont celui de sa mère et de sa cousine de 5 ans, et huit tentatives d’assassinat à la Possession

Après l'agression mortelle de sa mère et de sa cousine, l'accusé avait pris la direction du centre-ville au volant de sa voiture.

Sur son parcours il avait percuté un joggeur, un scootériste, un motard et des clients de supermarché qui rangeaient des courses dans leur voiture.

Abraham Bomela s'était ensuite retranché dans une agence bancaire.

Il avait mortellement agressé un employé avant d’être maîtrisé par les hommes du groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

Il avait blessé un gendarme lors de l'assaut et avait lui-même été blessé.

- "J'ai peur de mon fils" -

Mardi en début d'audience, la tante de l'accusé, la soeur de sa mère, est venue expliquer à la barre "que le père d'Abraham frappait sa femme et son fils.

Accusation réfutée par le père : "Je n'ai jamais frappé mon fils, ni ma femme", explique-t-il à la cour. Il raconte que son fils "était un petit garçon normal. Il avait des difficultés à l'école, il a redoublé mais il n'avait aucun problème de comportement".

Pour le père de famille, tout change à l'adolescence lorsqu'il commence à boire et à fumer du zamal. "Il a commencé à être violent avec sa mère et moi. C'est pour cela que je suis parti. J'avais peur de mon fils" a-t-il détaillé à la barre

Avant de quitter la salle d'audience il a commenté "j'avais fait ce qu'il fallait pour qu'il ait une bonne éducation. J'ai fait ma part, c'est maintenant à sa mère de le faire".

Lundi, lors de la première journée du procès les experts ont déclaré que le discernement d'Abraham Bomela était altéré au moment des faits.

Si les jurés confirment cette altération, l'homme encourt 30 ans de réclusion au lieu de la perpétuité.

Lire aussi - Du carnage de La Possession au box des assises : Abraham Bomela jugé en février 2026 

Le verdict est attendu vendredi soir.

www.imazpress.com / [email protected]

guest
0 Commentaires