Allocations familiales revues à la baisse pour certains foyers, APL réduites ou supprimées pour des étudiants, réforme de la majoration de retraite des familles nombreuses… Un rapport, commandé par le gouvernement, soumet plusieurs pistes pour réaliser jusqu'à 4,2 milliards d'euros d'économies sur les politiques familiales. À La Réunion, où 133.800 foyers perçoivent les allocations familiales et 6.675 étudiants bénéficient d'une aide personnelle au logement, ces propositions suscitent des inquiétudes. (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
4,2 milliards d'euros. C'est le montant des économies potentielles identifiées dans ce rapport des inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas), dont 2,5 milliards pourraient être réalisés à court terme. Mais derrière ces milliards recherchés dans les comptes publics, ce sont les budgets des familles qui pourraient être directement touchés.
Parmi les pistes les plus sensibles figure l'abaissement de 20 % de certains seuils de revenus ouvrant droit aux allocations familiales. Au niveau national, environ 591.000 ménages pourraient être concernés, pour une perte moyenne estimée à 75 euros par mois.
À La Réunion, la question touche potentiellement un large public : selon la Caf, 133.800 foyers réunionnais bénéficiaient des allocations familiales en 2025.
Les familles dites nombreuses, qui pourraient elles aussi être concernées, occupent également une place non négligeable sur l'île. D'après les dernières données de l'Insee, en 2023, 29.831 des 248.135 familles réunionnaises comptaient au moins trois enfants de moins de 25 ans. Le rapport envisage notamment de remplacer la majoration de pension de 10 % accordée aux parents d'au moins trois enfants par un forfait de 125 euros.
- Jusqu'à 900 euros en moins, par an, pour les foyers concernés -
Pour mesurer concrètement ce que représenterait une baisse des allocations, prenons l'exemple d'un couple réunionnais avec trois enfants. Admettons que leurs revenus feraient basculer leur foyer dans une tranche moins favorable, avec les nouveaux seuils envisagés. En appliquant la perte moyenne nationale estimée dans le rapport, 75 euros mensuels représenteraient 900 euros sur une année. Autant d'argent qu'il faudrait alors retrouver ailleurs dans le budget familial. Plus facile à dire qu'à faire dans la France de Macron.
Même calcul pour une mère seule avec deux enfants, si ses ressources la situaient parmi les ménages concernés : jusqu'à 900 euros de perte sur un an, selon cette moyenne. Notons toutefois que toutes les familles ne seraient pas concernées et que la perte réelle dépendrait des modalités finalement retenues.
Mais à La Réunion, où une famille monoparentale sur deux vit sous le seuil de pauvreté, selon l'Insee, quelques dizaines d'euros mensuels peuvent peser lourd.
- 6.675 étudiants actuellement bénéficiaires de l'aide au logement à La Réunion -
Autre proposition qui fait débat : prendre en compte les revenus des parents dans le calcul des APL lorsque l'étudiant reste rattaché à leur foyer fiscal. À l'échelle nationale, le rapport estime que 310.000 bénéficiaires pourraient voir leur aide diminuer et que 200.000 pourraient la perdre.
À La Réunion, 6.675 étudiants bénéficiaient d'une aide personnelle au logement en 2025, indique la Caisse d'allocations familiales (Caf).
Interrogée par Imaz Press, la Caf appelle cependant à la prudence : "À ce jour, ces propositions ne constituent pas des évolutions de la réglementation en vigueur. "Les revenus des parents ne sont actuellement pas pris en compte". L'organisme précise ne pas pouvoir estimer combien d'étudiants réunionnais seraient concernés. "Une telle projection nécessiterait de connaître précisément les modalités qui seraient retenues, lesquelles ne sont aujourd’hui pas définies".
Par ailleurs, si on prend l'exemple d'un étudiant percevant 200 euros d'APL par mois et perdant entièrement son aide, il devrait trouver 2.400 euros supplémentaires par an pour se loger.
- "Certains étudiants préfèrent faire le trajet plutôt que payer un loyer" -
Pour Rayan Remtoula, vice-président étudiant de l'Université de La Réunion, les APL occupent déjà une place importante dans le budget de nombreux jeunes, qu'ils vivent en résidence universitaire ou dans le parc privé. Il conteste surtout l'idée selon laquelle les revenus des parents refléteraient systématiquement les ressources dont dispose réellement l'étudiant. "Le gouvernement veut prendre en compte les revenus des parents en supposant que les parents aident leurs enfants, mais ce n'est pas toujours le cas", souligne-t-il. " Ça ne va qu'augmenter les inégalités et injustices entre les étudiants eux-mêmes, mais aussi entre les étudiants et le reste de la population".
"Ce gouvernement veut tout simplement faire la poche aux étudiants pour combler le déficit public. Et ça, c'est inacceptable", s'insurge le vice-président étudiant de l'Université. "Lorqu'une préconisation permet de faire des économies, le gouvernement n'hésite pas très longtemps. On l'a bien vu avec la suppression des APL pour les étudiants internationaux". Une mesure, qui concerne les étudiants non européens et non boursiers, adoptée quelques mois seulement après son annonce.
Rayan Remtoula dit avoir déjà recueilli des témoignages d'étudiants envisageant, si une telle réforme était appliquée, de renoncer à leur logement. "Certains préfèrent faire le trajet en bus ou en voiture", les loyers dans le privé pouvant, selon lui, atteindre 600 à 800 euros. D'autres seraient contraints de travailler davantage, au risque de réduire leur temps de repos et de révision. "Beaucoup sont inquiets", résume le représentant étudiant, qui assure vouloir suivre le dossier de près.
- Des pistes... mais pas de mesures adoptées -
Le rapport propose enfin de supprimer la réduction d'impôt pour frais de scolarité au collège, au lycée et dans le supérieur, dont bénéficient environ 2,4 millions de ménages au niveau national. L'économie attendue atteindrait environ 450 millions d'euros.
Interrogée et relancée à plusieurs reprises sur les conséquences que pourraient avoir ces propositions pour les familles réunionnaises, l'Union départementale des associations familiales (Udaf) de La Réunion n'a pas répondu à nos sollicitations.
Pour l'heure, les milliards d'euros d'économies restent hypothétiques. Et si ces mesures inquiètent déjà les familles réunionnaises, aucune de ces pistes n'est, à ce stade, entrée en vigueur. La Caf de La Réunion insiste : les règles actuelles restent applicables et il n'est, pour l'instant, "pas possible d’évaluer ou de hiérarchiser l’impact à La Réunion des différentes pistes d’économies évoquées dans ce rapport" et dont les paramètres ne sont pas arrêtés.
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faut arrêter de faire des gamins juste pour empocher des allocs, gamins élevés sans éducation sans instruction à la charge de la société et on voit ce que cela donne ensuite! qu'on étale les chiffres des allocs que touchent certaines familles à ne faire que des enfants, hallucinant!
Qu’ils bougent leur fesse pour aller travailler
Enfin! Il était temps
Et Barnier ou encore Juppe ex 1er ministre de droite partent avec une retraite autour de 26 000 zuros de pensions par mois.