Délibéré le 25 septembre

Cité des Dirigeants : deux ans de prison ferme requis contre Christophe Di Donato et jusqu'à 18 mois avec sursis contre Gérald Maillot

  • Publié le 19 juin 2025 à 18:27
  • Actualisé le 20 juin 2025 à 08:25
Cité des dirigeants christophe di donato gérald maillot

Pensé comme un pôle d’excellence à la sauce Harvard mêlant monde économique et institutions locales, la "Cité des dirigeants" a fini devant les tribunaux. Ce jeudi 19 juin 2025, la cour d’appel de Saint-Denis rejuge l’affaire. En ligne de mire : un montage financier jugé douteux, plus de 700.000 euros d'argent public investis sans résultat, et des soupçons d’enrichissement personnel. La procureure général requiert contre Christophe Di Donato, deux ans de prison, une interdiction de gérer pendant 5 ans et une peine de 1 an à 18 mois de prison ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans à l’encontre de Gérald Maillot, ancien président de la Cinor. Ils restent présumés innocents. L'affaire a été mise en délibéré au 25 septembre 2025. (Photos : sly/www.imazpress.com)

  • C'est la fin de ce direct, merci de nous avoir suivi

  • L'affaire mise en délibéré  

    La défense qui a plaidé la relaxe à l’unanimité ayant eu la parole en dernier, l’affaire a été mise en délibéré au 25 septembre 2025. L’audience est levée.

  • Pour terminer les plaidoiries de la défense, Me Chris Baptiste plaide pour Christophe Di Donato

    La robe noire précise que c’est Gérald Maillot qui a proposé d’investir 700.000 euros dans la Cité des Dirigeants car le budget de la CINOR était excédentaire. "La formation a ainsi été mise en avant car c’est un secteur qui marche et il fallait démarrer en gagnant de l’argent. Mais il y avait d’autres activités dans la Cité des Dirigeants", tonne le conseil de Montpellier.

    Il précise que la SCIC avait une vocation sociale et non économique. "On a beaucoup critiqué le prix de la formation CPA mais elle diplomait d’un bac +7, en 610 heures. La première année, il y a eu 70 candidats, c’était un succès", rappelle le conseil. "Pour condamner, vous devrez démontrer que la SCIC n’a fait que de la formation. Et ça c’est impossible", poursuit Me Baptiste.

    Pour la robe noire, les protagonistes savaient évidemment que la Cité des Dirigeants faisait de la formation. Et rien d’illégal que d’entrer à son capital puisque ce n’était pas son unique activité.

  • Au tour de Me Alexandre Alquier de défendre les intérêts d’Arnaud Cottereau

    L’avocat rappelle que la genèse du projet était de faire "avancer la Réunion". Son client est le sachant dans l’histoire du projet qu’il est chargé de monter. 

    "Il ne s’est pas trompé dans ses évaluations de chiffres d’affaires et de marges et la société a fonctionné jusqu’à l’accident industriel dans lequel il n’est pour rien. Il a exécuté les ordres. Il est appelé expliquer à la CINOR l’opération de valorisation et  à ainsi rempli sa mission de second couteau".

  • L’audience reprend

    C'est d'abord Me Amina Garnault, conseil de Gérald Maillot, qui débuté sa plaidoirie. Elle souhaite que le doute profite à son client.

    Pour Me Nicolas Normand, avocat de Joël Perigaud,  celui ci n’avait aucun intérêt personnel à ce que ce projet se fasse. "Il a agi en salarié, en subordonné de la CINOR. Il y avait des contraintes pour que le projet soit viable et a travaillé de bonne foi dans ce sens. Après le vote du conseil communautaire et l’arrivée des fonds il est sorti du jeu, son rôle était rempli."

  • L’audience est suspendue avant les plaidoiries de la défense

  • Deux ans de prison requis contre Christophe Di Donato et jusqu'à 18 mois pour Gérald Maillot

    Fabienne Atzori requiert contre Christophe Di Donato, deux ans de prison, une interdiction de gérer pendant 5 ans et la confiscation des sommes saisies sur ses comptes.

    À l’encontre de Gérald Maillot, elle propose à la cour de prononcer une peine de 1 an à 18 mois de prison avec sursis ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans.

  • La procureure s'attarde sur le cas de Christophe Di Donato

    Celle-ci s’intéresse maintenant à Christophe Di Donato, "inconséquent, incompétent, on ne sait pas".

    Fabienne Atzori, la procureure générale, fustige les factures entre la Cité des Dirigeants et la holding GBO sans convention. "Et dont le seul bénéficiaire est Di Donato", précise-t-elle. "Entre novembre 2017 et juillet 2019, l’agence GBO, une autre société du mis en cause, a perçu 110.000 euros pour de l’accompagnement."

    "Maintenant, c’est à la cour de décider si Gérald Maillot a été une naïve victime ou bien s’il a fait sciemment de l’escroquerie ou du détournement de fonds avec la complicité de Di Donato."

    "Lisez le témoignage de cette formatrice qui décrit la mégalomanie de Di Donato et le déplacement à Madagascar où il vont démarcher et sont accueillis par une Mercedes blindée et de la poudre aux yeux de leur déplacement", poursuit-elle.

    Quant à Arnaud Cottereau et Joël Perrigaud, ils n’auraient pas dû être poursuivis estime la procureure générale.

    "Ils ont peut-être soustrait des éléments en vue de la délibération du conseil communautaire. Mais pouvaient-ils faire autrement ?"

  • Anticorps s’est constitué partie civile

    C’est désormais au tour d’Anticor de plaider, suivi de Me Nicolas Normand pour les intérêts de la SCIC.

    "On veut nous faire croire que c’est la faute du préfet, des conseillers communautaires. Mais en réalité, Monsieur Maillot sait qu’il va utiliser des fonds publics pour autre chose que ceux pourquoi ils sont prévus c’est-à-dire pour les intérêts de monsieur Di Donato. En 18 mois d’activité, pertes d’une société qui vient à peine de commencer son existence sont colossales."

    "Reste à savoir si c’est de l’imprudence, de l’escroquerie, de l’escroquerie en accord avec Monsieur Di Donato." La procureure générale cite un mail entre la juriste de la CINOR qui alerte sur les risques légaux d’investir dans l’opération CPA et la réponse d’Arnaud Cottereau qui modifie le délibéré qui sera présenté au conseil communautaire. Une preuve pour la partie poursuivante.

    Celle-ci s’intéresse maintenant à Christophe Di Donato, "inconséquent, incompétent, on ne sait pas".

  • En partie civile, Me Olivier Tamil représente les intérêts CINOR qui a fait appel contrairement à la CIVIS qui ne s'est pas constituée partie civile

    "Gérald Maillot aurait dû protéger la collectivité et ainsi l’intérêt général", entame la robe noire qui liste ensuite les points bloquants dans cette affaire.

    "La CINOR n’avait juridiquement pas le droit de s’intéresser à la formation qui n’entre pas dans ses compétences. Elle aurait pu éventuellement être une régie. Concernant le montage financier le problème c’est qu’il est distribuable sur décision de la société et pas de la collectivité. Monsieur Di Donato n’avait pas d’argent et a trouvé un montage pour faire vivre son CPA. Mais il s’agit de l’argent public qui a l’issue a été perdu au détriment du service public. On n'est pas à Wall Street !"

    La CINOR demande que les quatre prévenus soient condamnés à indemniser solidairement la collectivité à hauteur de 692.000 euros.

  • La cour s’intéresse aux personnalité des mis en cause dont aucun n’a de casier judiciaire

    Gérald Maillot, retraité, déclare 2900 euros de retraite et 3000 euros de loyer de ses propriétés. Christophe Di Donato se déclare travailleur handicapé sans revenus. Joël Perigaud est retraité avec une retraite d’environ 5000 euros. Arnaud Cottereau déclare 75.000 euros annuels pour des missions free lance.

  • L’audience reprend

    Joël Perrigaud est à la barre, et est poursuivi pour complicité de détournement de fonds. Les débats tournent autour de son rôle lors de la présentation et la validation du projet par la CINOR.

    Il est invité à dérouler son CV. À l’époque des faits il effectuait des missions d’accompagnements sur des sujets financiers où il apportait ses connaissances techniques. Raison pour laquelle il a été sollicité par Christophe Di Donato. Le prévenu détaille de façon chirurgicale le montage financier du projet et notamment la valorisation des actions- 363 actions à 1.928 euros l’unité et la prime d’émission.

  • Les avocats continuent d'interroger Christophe Di Donato

    L’avocat d’Arnaud Cottereau , Me Alexandre Alquier et celui de Joël Perrigaud, interrogent Christophe Di Donato sur les raisons qui ont poussé l’Agefos à le lâcher. "Vous n’avez pas fait de recours ?", questionne Me Nicolas Normand. La CPME aurait informée, tout comme l’Agefos, au niveau national. Sans succès.

    Christophe Di Donato est ensuite interrogé par son propre avocat sur son état de santé suite à une tumeur au cerveau « dont on a même dit que vous l’avez inventé » ajoute le conseil. "Je dois me faire opérer", résume l’intéressé.

    La robe noire focalise ensuite ses questions sur la transformation de la SAS (Société par actions simplifiée) en SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif).

  • "Mon salaire était justifié", lance Christophe Di Donato

    Christophe Di Donato reconnaît l’échec commercial de la formation du centre de perfectionnement aux affaires (CPA), "mais on a mené d’autres actions pour au total 1,2 millions d’euros de chiffre d’affaires la première année d’existence de la Cité des Dirigeants. Nous avons mené un projet de recherche et de développement pour 500.000 euros. Mon salaire était justifié", détaille longuement le prévenu. "Aujourd’hui si on n’avait pas été torpillé on aurait réalisé huit formations soit 1 million d’euros chacune".

    L’ancien chef d’entreprise donne ensuite de nombreux arguments techniques qui ont concerné le démarrage du projet, les chiffres, la rencontre avec Arnaud Cottereau, la création de la première formation CPA et le travail que cela a nécessité, le recrutement des premiers stagiaires et le caractère unique de la formation CPA. Il revient ensuite sur la décision brutale de Patrick Foulon, à l’époque à la tête de l’Agefos, de ne plus prendre en charge le CPA.

  • "Je deviens le complice d’un détournement de fonds, je vais vous démontrer que non", lance Christophe Di Donato

    C’est au tour de Christophe Di Dinato d’être appelé à la barre.

    Il souhaite commencer par une déclaration : "Cela fait six ans que je suis poursuivi pour un crime de grande envergure. C’est de l'acharnement. J’ai été dénoncé par mon commissaire au comptes ce qui n’a jamais fait l’objet d’une confrontation. Des pans entiers de l’enquête sont parus dans la presse. J’ai été cloué au pilori. Alors que je suis le père de cinq filles scolarisées à l’époque à La Réunion", dit-il. "Je vous laisse imaginer comme cela a été dur", poursuit-il.

    "Je découvre aujourd’hui que je n’ai en fait escroqué personne avec la demande de requalification des faits. Je deviens ainsi le complice d’un détournement de fonds, je vais vous démontrer que non."

  • Gérald Maillot interrogé par l'avocat de Christophe Di Donato

    C’est au tour de l’avocat de Christophe Di Donato d’interroger Gérald Maillot.

    L’idée du conseil, c’est de démontrer à la cour que les 55 conseillers communautaires qui ont voté le projet ont un devoir de vigilance c’est-à-dire un droit d’information ainsi qu’un droit de consultation des projets qui leur sont présentés.

    Pour tenter de dédouaner l’ancien élu, la robe noire évoque l’envoi des bons de souscription validés à la préfecture pour un contrôle de légalité qui n’avait posé aucune difficulté.

  • Gérald Maillot appelé à la barre

    Après l’instruction du dossier, Gérald Maillot est appelé à la barre.

    Il explique avoir rencontré Christophe Di Donato lorsque celui-ci était au cabinet de Nassimah Dindar au Conseil départemental en 2016. "Ce qui me tenait à cœur, c’était de trouver une solution pour faciliter les échanges entre les élus l’administration et les chefs d’entreprise", déclare-t-il.

    "Et ça prend la forme de formations alors que vous n’avez aucune expérience de terrain", tacle le président Kuentz.

    "Je n'avais pas dans la tête que la Cité des Dirigeants c’était que de la formation. Pour moi, l’objectif c’était de mettre en lien", déclare Gérald Maillot sous le feu des questions du président qui relève certaines incohérences dans son discours.

    La procureure générale pose des questions à son tour au prévenu et lui demande quel autre moyen que la formation aurait pu mettre en lien ? Gérard Maillot ne semble pas avoir d’idée précise.

    "Vous avez été victime d’une duperie ?", poursuit le président de l’audience.

    "L’argent n’a pas été utilisé comme il fallait. Je ne m’attendais pas à ça". Gérald Maillot élude la question.

    L’ancien président de la CINOR donne des exemples aux magistrats qui n’ont aucun rapport avec l’affaire.

  • Gérald Maillot étonné des rémunérations de Di Donato

    Dans le cadre de ses auditions, Gérald Maillot avait manifesté son étonnement auprès des enquêteurs au sujet des rémunérations de Christophe Di Donato qu’il ignorait.

    Fin 2019, Joël Cottereau avait pris la tête de la Cité des Dirigeants. Avec Joël Perigaud, ils ont admis en garde à vue avoir présenté à la CINOR un projet édulcoré "sans malice" afin de le faire valider au plus vite.

    "Tout est allé très vite", souligne le président de l’audience.

    En juillet 2019 la Cité des Dirigeants et la holding sont liquidées.

  • Des salaires disproportionnés pour le patron de la Cité des Dirigeants

    On connaît la suite, le lancement de la première promotion du centre de perfectionnement aux affaires (CPA) puis, l’arrêt brutal de la prise en charge des frais de formation par l’AGEFOS.

    La Cité des Dirigeants n’a pas de recettes, pas de réserve financière et plonge dans le rouge.

    Les enquêteurs pointent des salaires disproportionnés pour Christophe Di Donato et le détournement de l’emploi de l’assistante de la société au profit personnel du président.

    L’enquête s’intéresse aussi la holding GBO dont Christophe Di Donato est le seul bénéficiaire et dont la Cité des Dirigeants est le seul client. Des facturations de celle-ci sont pointées du doigt.

    Une autre société créée par Christophe Di Donato facture à la Cité des Dirigeants des frais d’accompagnement qui semblent suspects (4.500 euros par mois).

  • Le président de la Cour d'appel résume les faits reprochés aux prévenus

    Dans son résumé des faits le président de la cour détaille le déroulement de la présentation du projet à la CINOR en 2017 et la note de service réalisée par le cadre administratif en charge du dossier. Celui-ci émet des réserves indiquant que :

    - la formation n’entre pas dans le champ de compétences de la collectivité
    - ⁠le montant de la participation demandée  à la  CINOR va bien au-delà du capital social de la SAS CDD qui est alors seulement fondée de façon prospective
    - ⁠l’aide directe à des chefs d’entreprise est plutôt le rôle de la Région. L’agent de La CINOR conseille de s’adresser au Conseil Régional pour consolider le projet

    Cette note de service est transmise à Christophe Di Donato qui la fait suivre à son associé Joël Cottereau avec la mention "on a un souci".

    La SAS créée depuis deux mois est alors transformée en SCIC permettant à des collectivités d’entrer dans son capital selon un montage financier reposant sur de l’achat d’actions et des primes d’émission.

    Le 17 août 2017 la juriste de la CINOR fait état de difficultés dans le projet "c’est une aide publique illégale" souligne telle pour les mêmes raisons. Elle ajoute que l’objet social de la CDD a été étendu mais ne correspond pas à la réalité la formation restant l’activité principale de la société.

    En dépit de ces arguments le conseil communautaire valide ne connaissant au fond pas vraiment le projet ni le montage financier.

    Fin août 2017, les bons de souscription sont signés par Gérald Maillot, 363 actions et les primes d’émission.

    Les cadres de la CINOR qui sont entendus dans le cadre de l’enquête souligneront une "gouvernance politique", "la seule volonté de Gérald Maillot et de son directeur de cabinet Joël Perrigaud".

    Quelques mois plus tard, ces derniers, accompagnés de Christophe Di Donato rencontrent Michel Fontaine et la CIVIS entre, peu de temps après, dans le projet.

  • Les prévenus à la barre

    Le procès de la Cité des Dirigeants s'est ouvert à la Cour d'appel de Saint-Denis.

    Christophe Di Donato, Arnaud Cottereau, Joël Perrigaud et Gérald Maillot sont appelés à la barre.

    Le président Pierre Kuentz lit les préventions - les faits qui leur sont reprochés - pour chacun d’entre eux.

    Pas moins de huit faits sont reprochés à Christophe Di Donato.

    Anticorps s’est constitué partie civile.

  • Christophe Di Donato et Arnaud Cottereau poursuivis pour détournement de fonds

    La Cour d'appel doit se pencher cette SCIC - Société coopérative d'intérêt collectif - poursuivie pour détournement de fonds, tout comme ses deux dirigeants, Christophe Di Donato et Arnaud Cottereau.

    Le binôme est soupçonné de s'être enrichi sur le dos du contribuable grâce à un savant montage financier.

    À leurs côtés, Gérald Maillot pour la Cinor également poursuivie pour sa participation financière au projet. 

  • Bonjour La Réunion,

    Merci de nous suivre pour ce live. Un direct destiné à suivre le procès Christophe Di Donato, ex-entrepreneur et Arnaud Cottereau. Ils sont suspectés d'avoir détourné des fonds. Ils encourentt désormais jusqu’à dix ans de prison après une requalification des faits. 

À propos

Sur le papier, c'était un projet prometteur financé par des chefs d'entreprise et deux collectivités, La Cinor et la Civis. Mais dès sa deuxième année d'existence, La Cité des dirigeants s'est avérée être un fiasco.

Après le tribunal correctionnel de Saint-Denis, c'est au tour de la cour d'appel de se pencher ce jeudi sur cette SCIC - Société coopérative d'intérêt collectif - poursuivie pour détournement de fonds, tout comme ses deux dirigeants, Christophe Di Donato et Arnaud Cottereau. Le binôme est soupçonné de s'être enrichi sur le dos du contribuable grâce à un savant montage financier.

À leurs côtés, Gérald Maillot pour la Cinor également poursuivie pour son importante participation financière au projet. La poursuite concernant Michel Fontaine pour la CIVIS s'éteint avec sa disparition. Estimant avoir été flouées, les deux collectivités sont également parties civiles dans cette affaire.

Pour comprendre ce qui leur est reproché, il faut remonter à 2017. Christophe Di Donato, président de la holding GBO comprenant un cabinet d'influence, des activités de coaching et de formation, avait eu la séduisante idée de créer à La Réunion un hub de l'innovation réunionnaise à rayonnement international, plus connu sous le nom de Cité des dirigeants. Bien implanté dans le monde des affaires, le quinquagénaire n'avait eu aucun mal à convaincre une partie du monde économique réunionnais de participer financièrement à la création d'une école de dirigeants basée sur le modèle américain de l'université d'Harvard : le centre de perfectionnement aux affaires (le CPA). Le projet s'est avéré être un fiasco.

- Le monde économique met la main à la poche -

L'idée reposait sur l'association du monde économique et politique et beaucoup ont mis la main à la poche à l'instar de François Caillé, Pascal Thiaw Kine ou Adam Ravate. Moyennant un taux de participation suffisant à la formation et son financement via l'Agefos, les dirigeants tablaient sur un retour sur investissement dès la deuxième session de formation. Convaincus par l'idée, la Civis et la Cinor étaient à leur tour devenues contributrices et avaient largement participé au montage financier de la "SAS Cité des dirigeants" transformée en une SCIC qui permet de porter l'intérêt collectif de plusieurs acteurs économiques autour d'un projet économique commun.

La SCIC avait ainsi reçu près de 700.000 euros de la part de chacune des deux collectivités pour constituer le capital de départ.

Entre 2017 et 2019, des patrons sont diplômés du CPA, une formation qui coûte 45.000 euros. Mais au milieu de sa deuxième et dernière année d'existence, la formation CPA s'arrête en cours de route, Agefos ayant limité sa prise en charge à cinq dossiers contre une trentaine prévue. Les dépenses de fonctionnement dépassant largement ses recettes, La Cité des dirigeants s'enfonce.

Quelques mois plus tôt, Christophe Di Donato alors atteint d'une tumeur au cerveau, avait quitté le navire. Le travail d'un commissaire aux comptes révèle alors un salaire de 10.000 euros par mois pour le président et des notes de frais dispendieuses. Au total, l'homme d'affaires est soupçonné d'avoir dépensé la moitié du capital - 1,4 million d'euros - de la société à des fins personnelles et une partie du reste pour régler les salaires élevés de ses collaborateurs et des facturations à sa propre holding GBO.

- Cinq des six prévenus relaxés en première instance -

Un signalement au procureur de la République et une enquête déclenchée en février 2020 plus tard six personnes, dont la SCIC, se sont retrouvées à la barre du tribunal correctionnel en 2022. Seul Christophe Di Donato a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende. Les autres prévenus avaient été relaxés.

Suite à un appel du parquet et à une requalification des faits d’escroquerie en détournement de fonds publics par le parquet général, l'affaire est appelée devant les juges de la rue Juliette Dodu ce jeudi 19 juin, à l'issue de 5 années de procédure.

Le dossier va être étudié sous un autre angle et fait encourir au principal mis en cause, Christophe Di Donato le double de la peine encourue en première instance soit 10 ans de prison.

Lire aussi - Cour d'appel : l'affaire de la Cité des dirigeants renvoyée à juin 2025

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16 Commentaires
Saint Benoît
Saint Benoît
6 mois

Au tour de Selly bientôt.
SPL ESTIVAL

GHERARDI
GHERARDI
6 mois

La France et tout particulièrement l'outre mer sont dans l’attente d’une réforme DRACON, pour des lois simples à comprendre et sans interprétations et des peines implacables pour tous. En affirmant que l'autorité de l'État est au-dessus des parentés dans le domaine de la justice, pour mettre un terme à l'arbitraire de l’oligarchie « aristocratie ».

Comme jadis il n’y a pas trente-six solutions soit des lois pour tous ou soit la tyrannie pour mettre un terme aux troubles qui risquent de dégénérer en guerre civile.

Nous sommes dans un contexte de violence aujourd'hui qui permet d'accepter les lois au pied de la lettre.Sans interprétation d'un juge ou d'un avocat pour le bénéfice principalement de notre ploutocratie.

Il faut envisager une période transitoire, une difficile marche vers le retour à la démocratie.

richard
richard
6 mois

di donato est pas bête vous n'allez rien saisir sur ses comptes car il les a mis ailleurs et puis la prison oh non je suis handicapé j'ai un cancer au cerveau à gerber ce mec

Richard bis
Richard bis
6 mois

Il a déjà été saisi et tu le sais bien ma mimi 😘

Richard
Richard
6 mois

Bah tant mieux c’est ce que tout le monde souhaite qu’il rende ce qu’il a volé et escroqué

catherine
catherine
6 mois

handicapé sans revenus? mdr il a détourné plus de 700 000 balles

Loulou
Loulou
6 mois

si tu avais été présent tu aurai pu entendre que l'accusation (le ministère public, l'avocat général, le procure général je détaille bien si jamais t'avais toujours compris) est venue dire qu'elle s'était trompée durant près de six ans : il n'y a jamais eu d'escroquerie, personne n'a jamais escroqué personne, pas s'escroquerie = pas d'escroc 😁

Bon tu veux on peut encore te faire un dessin et demander à ton neurochirurgien s'il veut bien te l'implanter dans le cerveau..

une bonne brochette de franc mac
une bonne brochette de franc mac
6 mois

la tête de Maillot... on voit dans ses yeux qu'il ne comprend rien à rien, et il a l'orgueil de penser qu'il peut faire "un Harvard" à La Réunion...
bien bêtes les Saintes Mariens qui ont voté pour lui en 2020

SOMANKE
SOMANKE
6 mois

J'ai la conviction qu'au tout départ, il y croyait.
le projet était ambitieux, lui aussi. Il fallait être à la hauteur
L'ego a pointé le bout de son nez. Il est devenu son projet . Si le projet était "Gigantesque", il devait l'être aussi.
C'est comme ça qu'il est devenu convainquant. L'importance du projet ne se discutait plus.
Et patatras...la réalité reprend ses droits, elle s'impose.
La leçon qu'il faut en tirer: L'ambition n'est pas le diable, bien au contraire. C'est elle qui fait avancer, raison gardée.
Il faut apprendre à nos enfants à être ambitieux sans jamais diaboliser l'ambition. L'ambitieux doit toujours garder la porte ouverte sur la réalité du monde, elle est un guide salvateur.

La vérité si je mens !
La vérité si je mens !
6 mois

Donc la tendance est de créer un droit des affaires privé !

Le plus triste c'est que c'est la CINOR qui tombe dans le panneau .

Rien d'étonnant en somme avec ces "socio traîtres"

Petites frappes
Petites frappes
6 mois

Encore des petites frappes (présumée) qui veulent se faire du fric sur l'argent des contribuables.

Un peu comme SPL EDTIVAL

Jul
Jul
6 mois

"la création d'une école de dirigeants basée sur le modèle américain de l'université d'Harvard : le centre de perfectionnement aux affaires (le CPA)".
A quel moment, on rigole? Harvard, rien que ça comme référence!
Présenté comme ça, ça sentait déjà l'escroquerie à plein nez.

Camaieu
Camaieu
6 mois

Jules ?.. as tu déjà regardé le site du CPA France ?
Non bien sur
Pourtant tu pourras observer que le modele "Harvard" comme tu dis, existe bel et bien déjà en France et ce depuis plus de 60 ans ...
Alors quand est-ce qu'on rigole dit Jule 😁

Martine
Martine
6 mois

Il a quand même réussi à faire venir St Cyr à la réunion…!

dani
dani
6 mois

Effectivement, c'était quand même très prétentieux. Mais ne dit on pas , plus c'est gros plus ça passe

Martine
Martine
6 mois

L ambition n est pas un délit …