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Cour d’appel : dernier jour de procès pour Didier Robert dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la Région

  • Publié le 16 octobre 2026 à 02:59
  • Actualisé le 16 octobre 2026 à 06:35
Procès en appel de Didier Robert

Le procès Didier Robert et de ses coaccusés dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la Région doit s'achever ce vendredi 16 octobre 2026. Depuis le début de cette affaire, ce mercredi, l'audience est marquée par plusieurs incidents, notamment entre l'avocat de l'ex-président de Région et la présidente de la cour (Photo : Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)

Ce jeudi 15 octobre 2026, le climat était nettement tendu en salle d'audience. Maître Creissen accusait la présidente de partialité. Comme précédemment, il considère que la magistrate pose des "questions partiales et à charge".

Au cœur du dossier : des embauches au cabinet du président de Région entre 2015 et 2020 et un total de 1.581.849 euros de salaires supposés indus.

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Les mis en cause sont :

- L'ex-président de Région, Didier Robert, est poursuivi pour soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés et prise illégale d'intérêts par un élu public dans une affaire dont il assure l'administration ou la surveillance entre 2015 et 2021. Il est défendu par Maître Philippe Creissen.

- Jean-Louis Lagourgue, ancien premier vice-président de la Région sous Didier Robert, est poursuivi pour complicité de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés entre 2015 et 2018, prise illégale d'intérêts par un élu public dans une affaire dont il assure l'administration ou la surveillance. Maître Laurent Payen assure sa défense.

- Vincent Bègue, ancien directeur de cabinet du président, est poursuivi pour complicité de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public par le dépositaire ou un de ses subordonnés entre 2016 et 2019. Il est défendu par Maître Alain Rapady et Maître Luc Brossolet.

- Yves Ferrières est poursuivi pour recel de bien provenant d'un crime ou d'un délit. Maître Vincent Hoarau est son avocat.

- Sabrina Ramin est poursuivie pour recel de bien provenant d'un crime ou d'un délit. Elle est assistée de Maître Marius Henri Rakotonirina.

- Ravy Vellayoudom est poursuivi pour recel de bien provenant d'un crime ou d'un délit. Son avocate est Maître Virginie Garnier Tissot.

- Relaxes définitives - 

Alfred Ablancourt, Ismaïl Aboudou, Yannick Jacques Gironcel, Jean-Charles Maroudé et Jean-Yoland Vellyen sont définitivement relaxés puisque le parquet général s'est désisté de son appel à leur encontre. 

Ils étaient tous poursuivis pour recel de bien provenant d'un crime ou d'un délit. Maître Léopoldine Settama-Vidon assure sa défense. 

Le lundi 13 avril 2026, la procureure générale, Fabienne Atzori, avait annoncé se désister de son appel concernant Alfred Ablancourt, Ismaël Aboudou, Yannick Gironcel et Jean-Charles Maroudé.

La Région Réunion est partie civile. Elle est représentée par Maître Robin Binsard.

- Plus d'un million et demi de préjudice -

Le dossier porte donc sur des embauches au cabinet du président de Région entre 2015 et 2020 pour un total de 1.581 849 euros de salaires supposés indus.

Tous les prévenus avaient été relaxés par le tribunal correctionnel de Saint-Denis le 21 mai 2024. 

Le parquet avait fait appel de cette décision dès le 22 mai 2024.

L'audience en appel avait été fixée au 12 novembre 2025. Le procès avait alors tourné court. En cause, une enquête préliminaire portant sur 166 autres emplois présumés fictifs, classée sans suite en juin 2020 et sans aucune mention de ces investigations dans le dossier actuellement jugé.

L'affaire de ces 166 emplois présumés fictifs avait été révélée par Imaz Press en juin 2017.

Dans cette affaire, les noms de ces 166 personnes avaient été publiés en ligne sur une plate-forme en ligne, la même où des documents échangés par la team de campagne d'Emmanuel Macron ont été publiés après avoir été hackés.

Face à la confusion, la procureure générale avait plaidé le respect des droits de la défense et avait proposé de renvoyer l’affaire pour communiquer les pièces manquantes.

- Les mis en cause contestent les faits reprochés -

Tous les prévenus contestent les faits reprochés. "Je conteste de la manière la plus ferme", a déclaré Didier Robert lors de son premier procès. Jean-Louis Lagourgue assure avoir signé "en vertu d’une délégation", sans favoritisme, et "ne pas comprendre" sa présence dans le prétoire.

Vincent Bègue dit n’avoir commis "aucune faute" et se décrit comme une "courroie de transmission".

Les anciens collaborateurs soutiennent avoir travaillé réellement ; certains disent avoir remis des documents, d’autres déplorent des investigations "incomplètes".

À la barre du tribunal correctionnel, l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, l'OCLCIFF, avait indiqué avoir conduit des investigations "longues et minutieuses" mobilisant 14 enquêteurs entre 2015-2020, pointant un "recrutement massif" au cabinet, souvent "discrétionnaire".

La Chambre régionale des comptes avait relevé un effectif de 3,4 agents pour 1.000 habitants - un taux de plus du double de celui de l’Hexagone pour une collectivité comparable - des rémunérations "semblant excessives" et une "suspicion d’emplois de complaisance".

- De multiples affaires judiciaires pour Didier Robert -

Pour rappel, Didier Robert a également été condamné le 21 mai 2021 à 15 mois de prison avec sursis et à 3 ans d'inéligibilité dans l'affaire dite des Musées Régionaux. Le président de Région avait immédiatement fait appel, avant de retirer sa demande d'appel en décembre 2021.

En 2019, Imaz Press avait révélé qu'une procédure judiciaire était en cours alors qu'une plateforme en ligne avait publié les noms de 166 personnes émargeant "au Cabinet, aux dépendances et apparentés de la Région".

Le 6 juillet 2021, le JIR révélait que le procureur de Saint-Denis, à l'époque Eric Tuffery, avait décidé l'ouverture d'une enquête pour des faits présumés de détournement de fonds publics et de prise illégale d'intérêts. Les perquisitions menées en décembre dernier s'inscrivaient alors dans la continuité de l'enquête.

Le 6 décembre 2021, des perquisitions ont eu lieu au siège du Conseil régional à Saint-Denis. Effectuées dans différents services, elles portaient sur l'enquête concernant Didier Robert et ses emplois au cabinet.

Le 21 mai 2024, Didier Robert, ex-président de Région, Jean-Louis Lagourge (ex-président vice-président de la collectivité) Vincent Bègue, ancien directeur de cabinet de Didier Robert et les huit salariés poursuivis pour des faits présumés de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts ont été relaxés par le tribunal de Saint-Denis. Le président a estimé que l’enquête n’avait pas apporté d’éléments suffisants pour prouver la réalité des faits reprochés.

Le 18 juin 2026, il a été condamné en appel à 10.000 euros d'amende et un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêt dans l'affaire des loyers payés par le Conseil régional à l'ancien président de Région. Il avait été relaxé pour les faits de concussion.

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2 Commentaires
Citoyen
Citoyen
1 heure

Condamné mais jamais en prison ,et l' argent du contribuable dilapidé sera un jour remboursé ?

non
non
1 heure

Non. La réponse est non.