La majorité des malades est en Chine

Le nouveau coronavirus a fait plus de 800 morts et devient plus meurtrier que le Sras

  • PubliĂ© le 9 fĂ©vrier 2020 Ă  06:08
  • ActualisĂ© le 9 fĂ©vrier 2020 Ă  06:24
The World Health Organization late last week declared the new coronavirus outbreak a global health emergency

L'épidémie de nouveau coronavirus a fait plus de 800 morts, presque tous en Chine, devenant plus meurtriÚre que celle de Sras en 2002-2003, selon les derniers chiffres officiels publiés dimanche.

Le virus 2019-nCoV a tuĂ© 89 nouvelles personnes en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), oĂč l'on dĂ©nombre 37.198 malades, selon la Commission nationale de santĂ©. Le bilan de l'Ă©pidĂ©mie en Chine continentale atteint 811 morts, auquel s'ajoutent un dĂ©cĂšs Ă  Hong Kong et un autre aux Philippines.

Le bilan total de l'épidémie dépasse désormais largement celui du syndrome respiratoire aigu sévÚre (Sras) qui avait fait 774 morts dans le monde en 2002-2003. Le taux de mortalité du nouveau coronavirus (nombre de décÚs rapporté au nombre de cas) reste toutefois trÚs inférieur à celui du Sras.

L'Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) a estimĂ© samedi que le nombre de cas de contamination relevĂ©s quotidiennement en Chine "se stabilise", mĂȘme s'il est trop tĂŽt pour en conclure que l'Ă©pidĂ©mie a dĂ©passĂ© son pic.

L'épidémie continue de se propager dans le monde. Plus de 320 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires. Cinq nouveaux cas (quatre adultes et un enfant, tous de nationalité britannique) ont été annoncés en France samedi, portant le total à 11 dans le pays.

- Masques Ă  Shanghai -

Cette situation alarmante a poussé Hong Kong à imposer une mesure drastique: depuis samedi, toute personne arrivant de Chine continentale doit s'isoler deux semaines chez elle, à l'hÎtel ou dans tout autre hébergement. Les récalcitrants encourent six mois de prison.

Les mesures de confinement restent par ailleurs strictes dans de nombreuses villes chinoises, oĂč des dizaines de millions de personnes doivent rester calfeutrĂ©es chez elles.

La métropole de Shanghai (est), peuplée de 24 millions de personnes, est devenue samedi la derniÚre municipalité en date à imposer le port du masque dans les lieux publics.

En visite cette semaine à Wuhan, la vice-PremiÚre ministre Sun Chunlan a ordonné aux autorités locales d'adopter des mesures de "temps de guerre" pour rechercher les habitants atteints de fiÚvre en ratissant les quartiers.

La ville, oĂč est apparue en dĂ©cembre l'Ă©pidĂ©mie de pneumonie virale, et la province environnante du Hubei sont coupĂ©es du monde depuis deux semaines par un cordon sanitaire.

- Paquebots bloqués -

"Il est clair que la Chine fournit un effort immense pour contenir la maladie et éviter sa propagation. Je pense que cet effort est remarquable", a estimé samedi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

De nombreux pays musclent leurs mesures restrictives à l'encontre des personnes en provenance de Chine, et déconseillent les voyages dans ce pays, la France étant la derniÚre en date samedi. La plupart des compagnies aériennes internationales ont interrompu leurs vols vers la Chine continentale.

Dans le mĂȘme temps, des milliers de voyageurs et membres d'Ă©quipage restent consignĂ©s sur deux navires de croisiĂšre en Asie.

Au Japon, le nombre de personnes contaminées sur le paquebot Diamond Princess continue d'augmenter, grimpant samedi à 64 cas, dont une personne dans un état grave. Quelque 3.700 personnes à bord demeurent cloßtrées dans leurs cabines, alors que les médicament commencent à manquer.

A Hong Kong, 3.600 personnes subissent un sort similaire sur le World Dream, dont huit anciens passagers ont été testés positifs.

Le Japon a interdit Ă  un autre navire de croisiĂšre, oĂč un passager est soupçonnĂ© d'ĂȘtre contaminĂ©, d'accoster sur l'archipel.

- Héros et martyr -

En Chine, l'Ă©pidĂ©mie a pris un tour politique avec la mort vendredi du docteur Li Wenliang, ophtalmologue de Wuhan qui avait donnĂ© l'alerte fin dĂ©cembre aprĂšs l'apparition du virus avant de le contracter lui mĂȘme. D'abord accusĂ© de propager des rumeurs et rĂ©primandĂ© par la police, il fait dĂ©sormais figure de hĂ©ros national et de martyr face Ă  des responsables locaux accusĂ©s d'avoir cachĂ© les dĂ©buts de l'Ă©pidĂ©mie.

Alors que la piste d'un coronavirus provenant initialement de chauve-souris semble se confirmer, des scientifiques chinois ont annoncĂ© que le pangolin, un petit mammifĂšre, pouvait ĂȘtre "l'hĂŽte intermĂ©diaire" ayant, le dernier, transmis l'agent infectieux Ă  l'ĂȘtre humain. Le virus serait apparu en dĂ©cembre sur un marchĂ© de Wuhan oĂč Ă©taient vendus des animaux sauvages destinĂ©s Ă  ĂȘtre consommĂ©s.

- Loin du Sras -

Toujours au chapitre scientifique, une autre Ă©tude dans la revue Jama a par ailleurs indiquĂ© que la diarrhĂ©e pourrait ĂȘtre une voie secondaire de transmission. L'Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) a annoncĂ© que 82% des cas rĂ©pertoriĂ©s Ă©taient considĂ©rĂ©s comme mineurs, 15% graves et 3% "critiques", moins de 2% des cas s'avĂ©rant mortels.

Le taux de mortalité de ce virus, nommé temporairement "2019-nCoV", est pour l'heure trÚs inférieur à celui du Sras qui avait contaminé 5.327 personnes en Chine.

L'OMS avance avec prudence vers l'adoption d'un nom définitif pour l'agent infectieux, afin de ne stigmatiser ni le peuple chinois, ni Wuhan. La décision devrait intervenir dans les prochains jours. En attendant, la Chine a annoncé samedi nommer provisoirement la maladie "pneumonie à nouveau coronavirus", lui donnant le sigle anglais officiel de NCP (pour "novel coronavirus pneumonia").

En Hongrie, la police a annoncé samedi avoir démantelé un réseau de plusieurs dizaines de sites internet de fausses nouvelles qui prétendaient que des Hongrois étaient morts du coronavirus, dans le seul but d'attirer du trafic et de gagner de l'argent.

AFP

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