Dans une petite salle du Parc des expositions de Saint-Denis, se tramait un Ă©vĂ©nement d'importance ce vendredi 1er juillet au soir : l'Ă©lection du patron des patrons rĂ©unionnais, nouveau prĂ©sident du Mouvement des entreprises de France et successeur de Yann de Prince Ă la tĂȘte du Medef RĂ©union, ainsi que celle de ses administrateurs. Pour l'occasion, l'organisation a mis en place un dispositif anti-fuite sans concession, exigeant que chaque journaliste qui assiste Ă la phase de dĂ©pouillement des votes, soit dĂ©nuĂ© de tout objet connectĂ© pouvant transfĂ©rer des informations de l'autre cĂŽtĂ© de la porte surveillĂ©e. La raison ? "On ne veut pas prendre de risque". Si l'on pensait que les journalistes avaient dĂ©jĂ failli Ă leur parole par le passĂ©, il n'en Ă©tait rien. La confiance rĂ©gnait au plus haut point.
17h15. Les votes sont clos. Les adhĂ©rents du Medef RĂ©union ainsi que les organisations syndicales ont dĂ©posĂ© leur bulletin scellĂ© dans l'urne⊠scellĂ©e. Le destin de celui qui succĂšdera Ă Yann de Prince est tracĂ©, mais encore mĂ©connu des patrons prĂ©sents dans la grande salle oĂč se dĂ©roule l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du mouvement des entreprises. Le bal des costumes trois piĂšces s'engage autour des questions juridiques, Ă©conomiques et sociales tandis que dans une salle Ă l'abri des regards, se trame le dĂ©pouillement d'une dĂ©cision dĂ©mocratique.
La presse a Ă©tĂ© conviĂ©e aprĂšs que des journalistes se sont plaints dâune Ă©lection initialement prĂ©vue Ă huis clos. DĂ©nonçant un manque de transparence, ces derniers ont dĂ» faire quelques concessions afin d'assister Ă la proclamation de la nouvelle prĂ©sidence. Il n'Ă©tait pas question de compter sur l'exclusivitĂ©. L'attachĂ©e de presse avait Ă©tĂ© claire : un dispositif haute-discrĂ©tion a Ă©tĂ© mis en place pour Ă©viter toute fuite prĂ©alable du nom de l'heureux Ă©lu. "On a pris toutes nos prĂ©cautions. Tous les journalistes se connaissent, il est Ă©vident que si vous sortez de la salle, les tendances vont se retrouver sur Internet" explique alors la chargĂ©e de communication, stressĂ©e Ă l'idĂ©e qu'une quelconque info puisse sortir de la tour fortifiĂ©e. Oui, la confiance rĂ©gnait.
17h45. Le temps est venu d'affronter le dispositif de sécurité pour assister au dépouillement. "Si vous rentrez dans la salle, vous ne pourrez en sortir qu'une fois le résultat rendu public" - 2h30 plus tard - prévient alors l'organisation. C'est donc de patience que les journalistes se sont armés, à défaut d'ordinateur, d'appareils photos et de smartphones. Dans une petite coursive de la Nordev, une salle au fond d'un couloir abrite l'urne tant convoitée. Les journalistes seront-ils fouillés au corps ? Devront-il signer des documents attestant de leur confidentialité ? Y-aura t-il une reconnaissance d'empreintes digitales ? Arrivée devant la porte discrÚte. Cette derniÚre s'ouvre.
17h50. Aucun signe d'homme en uniforme armĂ©s de capteurs d'ondes, aucune fouille, seulement un regard insistant sur les poches des journalistes lancĂ© par une jeune femme rĂ©pondant au nom de Sabrina. Le dispositif perdait un peu de sa rigueur annoncĂ©e. L'ultime recommandation (qui n'Ă©tait pas une menace) arrive : "je vous prie de me remettre tous vos tĂ©lĂ©phones". Ordinateurs, appareils photos, talky-walky, et pigeons voyageurs Ă©taient priĂ©s eux aussi de rester au fond d'un sac, loin de toute connexion. "Vous n'aurez le droit de sortir que pour aller aux toilettes, et je serai obligĂ©e de vous accompagner"⊠(Ah oui, quand mĂȘme). Tout source de communication, et au passage, de distraction Ă©tait alors cachĂ©e Ă l'abri des regards et des mains baladeuses, aussi honnĂȘtes soient-elles.
18h15. Seul le traditionnel carnet de notes Ă©tait autorisĂ© dans cette salle oĂč 13 personnes, visiblement stressĂ©es Ă©voluaient Ă proximitĂ© de la machine Ă cafĂ© et de la boite de chouquettes mises Ă disposition. Il fallait s'armer, de patience surtout puisque deux heures allaient passer, avec pour seul bruit de fond l'appel des noms inscrits sur les bulletins de vote, sans l'ombre d'une seule connexion 3G.
Pour les journalistes retardataires, mĂȘme prĂ©caution. Un scrutateur s'assure que le dernier entrĂ© soit bien dĂ©nuĂ© de tout tĂ©lĂ©phone connectĂ©, et demande confirmation Ă Sabrina sur un ton plus inquiet que menaçant.
18h45. Les tendances commencent à se dessiner au fur et à mesure que le dépouillement avance, tandis que la presse, surveillée, attend patiemment que l'ordre de pouvoir sortir soit donné. Une fois les calculs réalisés, la nouvelle est officielle ! Nous connaissions le nom de l'heureux gagnant. Mais là encore il fallait attendre. Un agent chargé de la communication arrive alors dans la salle : "c'est bon, on peut y aller". La délivrance est arrivée. Les téléphones, précieux outils de travail des journalistes de quelque média que ce soit, ont été rendus à leurs propriétaires, sous surveillance. Il fallait (encore) attendre la proclamation officielle d'un gagnant qui n'a par ailleurs, pas tellement créé la surprise.
Il est 20h00 lorsque les officiels, aprĂšs avoir pris connaissance de l'issue du scrutin lancent sous un tonnerre d'applaudissements le nom du gagnant. C'est Didier Fauchard, patron d'une sociĂ©tĂ© informatique qui remporte l'Ă©lection. Les journalistes rattrapent alors leur retard, les SMS fusent, les photos, les pushs, les interviewsâŠ.
20h15, le dispositif de sécurité est dissous, la foule se dirige vers le grand balcon de la Nordev. Déclaration ? Rebondissement ? Altercation...? Non, le buffet est ouvert...
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OĂč sont les femmes ??? Encore et encore cette organisation qui fera de l'Ă©galitĂ© mixitĂ© un projet papier et non une volontĂ© d'action. MisĂšre misĂšre... intellectuelle.
Ca c'est sĂ»r c'Ă©tait une Ă©lection IMPORTANTE.......ouf ! heureusement que les journalistes ont Ă©tĂ© surveillĂ©s !!!!!!! l'Ă©lection du prĂ©sident du MEDEF REUNION c'est plus important que celle du Pape.....heureusement qu'il y a eu la fumĂ©e blanche indiquant l'Ă©lection du BIG BOSS et j'espĂšre que le buffet a Ă©tĂ© Ă la hauteur de l'Ă©vĂšnement....merci ipreunion pour cette tranche d'humour, quand la bĂȘtise des "grands" de ce monde s'exprime on est mort de rire :-)
J'avoue que j'ai eu du mal à dormir cette nuit, qui sera président ? Je me suis réveillé groggy ce matin.
Au vue du résultat, j'ai décidé de faire un don pour remercier le divin pour ce cadeau venu des cieux.
Pour le don, J'hésite entre:
la CILAM pour son caprice des dieux Isautier pour son eau de vie.
Lol