Rentrée : plusieurs communes de La Réunion optent pour la gratuité des fournitures scolaires

  • Publié le 24 juillet 2026 à 02:59
  • Actualisé le 27 juillet 2026 à 14:08
fourniture scolaire

Des communes de La Réunion font le choix de fournir, hors critères de ressources préalables, des effets scolaires gratuits à leurs administrés lors de la prochaine rentrée en août 2026. Pour Saint-Denis et Saint-Benoît, il s'agit de soutenir financièrement leurs administrés tout en favorisant la réussite à l'école des plus jeunes (Photo d'illustration www.imazpress.com)

La ville de l'Est fait ainsi le choix d'offrir un bon de 90 euros à ses administrés. Ce bon va leur permettre d'acheter, auprès d'une librairie préalablement sélectionnée par la collectivité, stylos, cahiers et gommes pour les élèves de primaire. En maternelle, le budget alloué ne sera que de 40 euros.

Dans le chef-lieu, l'optique est différente. Seules les classes de petite section et de très petite section sont concernées. Les élèves qui effectueront leur première rentrée vont bénéficier d'un kit composé d'un sac en tissu, de deux draps, de deux bavoirs, d'une timbale et d'un grand tee-shirt pour les activités de peinture.

Grâce à ce kit distribué à 2.000 élèves de maternelle, la ville dionysienne souhaite "faciliter l'accueil des enfants, soutenir le pouvoir d'achat des familles, garantir l'égalité dès le plus jeune âge et améliorer les conditions matérielles d'entrée à l'école", tout en "limitant les dépenses" liées à la scolarité. Dans ces deux cas de figure, toutefois, un point interroge. Pourquoi avoir opté pour une attribution universelle de ces aides, sans avoir mis en place des critères sociaux plus sélectifs ?

Une volonté d'aide aux familles et aux enfants de La Réunion -

Une interrogation qui peut également s'appliquer à la gratuité des transports scolaires et des cantines, qui existe actuellement dans de nombreuses communes de l'île. Pour Olivier Hoarau, maire du Port où la restauration scolaire est gratuite pour tous, il s'agit avant tout d'une approche pragmatique. "Nous faisions face à un nombre important d'impayés à la cantine et ça devenait un souci majeur. De plus, on avait constaté que les élèves qui mangeaient chez eux avaient tendance à ne plus revenir en cours l'après-midi. Du coup, on a voulu avoir un impact positif sur leur réussite à l'école" détaille le maire portois.

Un impact positif qui pourrait aussi se prolonger avec une aide pour les fournitures scolaires qui serait à l'étude au Port. "Comme pour la cantine, il faut d'abord faire un diagnostic. Il faut savoir s'il y a un vrai besoin, si ça permet aux élèves d'aller et aussi de rester en classe. Mais, sur le principe, cette volonté d'aide aux familles et aux enfants, c'est vertueux" note Olivier Hoarau.

À l'image de ce qui a été fait dans la restauration, cette aide financière serait toutefois déployée de manière progressive, sur plusieurs années, et échelonnée en ciblant prioritairement les faibles revenus. Une démarche qu'Olivier Hoarau qualifie d'"équitable".

Faire baisser le prix des effets et mettre en concurrence les fournisseurs -

Équité que revendique également Daniel Amouny, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). Selon lui, la gratuité des effets scolaires sur l'île relève d'un effort de "solidarité" et devrait être étendue à toutes les communes de l'île. "Pour les parents, c'est un signal fort pour répondre à la crise actuelle en matière de pouvoir d'achat. Mais surtout, c'est un investissement pour l'avenir et nous encourageons l'ensemble des collectivités à ne pas appliquer de critères sociaux concernant les aides au matériel scolaire" dit-il.

Pour autant, Daniel Amouny reconnaît que les propositions actuelles restent perfectibles. Pour les optimiser, il suggère aux communes de "mutualiser leurs moyens" en travaillant ensemble. Autre axe d'optimisation, pour faire baisser le prix des effets, celui de mettre en concurrence les fournisseurs. "Il faudrait faire des groupements d'achat. Si on prend par exemple la solution retenue par Saint-Benoît, cela pose problème car il n'y a qu'une seule papeterie qui bénéficie du marché. Du coup, on ne peut pas négocier les tarifs" remarque Daniel Amouny

Si certains observateurs estiment que cette dynamique de la gratuité dans le secteur de l'éducation est positive, il reste aussi que cette notion même demeure ambiguë, dans la mesure où il s'agit avant tout de fléchage budgétaire et de priorités choisies dans l'affectation des crédits publics par des collectivités. "Cette histoire de gratuité, c'est aussi un peu de la communication », reconnaît ainsi Olivier Hoarau.

Toutefois, malgré les incertitudes qui entourent encore ses modalités précises d'application, la gratuité des fournitures scolaires semble pouvoir se généraliser sur l'île. Pour preuve, Saint-Paul se positionne déjà en ce sens pour la rentrée 2027. Une consultation a été lancée auprès des parents, des enseignants et des élus pour entériner l'organisation de cette nouvelle mesure auprès des 12.418 élèves saint-paulois.

Un exemple qui pourrait, après évaluation, inspirer d'autres communes réunionnaises dans les années à venir.

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