Logements sociaux : professionnels et représentants économiques signent une motion pour obliger l'État à rétablir les financements pour La Réunion

  • Publié le 18 juin 2026 à 11:35
  • Actualisé le 18 juin 2026 à 12:06
motion LBU  cci

Bailleurs sociaux, entreprises du BTP, représentants économiques et partenaires institutionnels se sont donnés rendez-vous ce jeudi matin 18 juin 2026 à la Chambre de commerce et d'industrie. Inquiets de la baisse des crédits de la Ligne budgétaire unique (LBU) - enveloppe servant à financer les logements sociaux - ndlr), ils signent une motion commune pour alerter l'État. Selon la ministre des Outre-mer, "les récentes notifications de crédits de la Ligne budgétaire unique (LBU) pour 2026 ne constituaient qu’"une première vague" (Photos : Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

"La LBU, pilier du financement du logement social en Outre-mer, est aujourd’hui menacée. Les réductions annoncées font peser des risques immédiats sur : la production de logements, l’accès au logement pour des milliers de Réunionnais et  l’activité économique et l’emploi dans le BTP" notent les partenaires de la filière. 

L'objectif de la motion est "d'alerter l’opinion publique, d'exposer les impacts concrets de la baisse des financements et défendre le maintien et le renforcement de la LBU" énumèrent-ils.

"C'est inconcevable", s'indigne la présidente de Région Réunion, Huguette Bello. "C'est mettre en danger les réunionnais", se scandalise-t-elle. Elle ajoute "c'est presque criminel ce que l'on fait. Des générations vivent sous un même toit, ce n'est pas possible car cela génère de la violence. Ce gouvernement est un gouvernement violent contre les Réunionnais". Écoutez.

- Une enveloppe de la LBU rabaissée à 27 millions d'euros pour La Réunion -

Selon l'association régionale des maîtres d’ouvrage sociaux et aménageurs de l’océan indien (Armos - OI) l’enveloppe de la LBU pour 2026 pourrait être ramenée à 27 millions d’euros, alors qu’elle s’élevait à 85,65 millions d’euros en 2024 et à environ 78,5 millions d’euros en 2025.

"Cette division par trois de la LBU par rapport aux années précédentes, "marque une rupture sans précédent dans le financement du logement social à La Réunion, totalement incompatible avec les besoins du territoire" souligne l'Armos qui regroupe plusieurs les bailleurs sociaux (Sedré, Semac, Semader, SIDR, SHLMR, Sodegis, Sodiac)" s'alarmait l'Armos - OI dans un communiqué publié le mercredi 22 avril dernier.

Lire aussi - Logements sociaux : les bailleurs sociaux de La Réunion s'inquiètent de la baisse des financements de l'Etat

Pour rappel, 50.000 ménages en attente d’un logement social, la construction de 5.700 logements est nécessaire chaque année, 30 % de la commande publique du BTP dépend du logement social et près de 10.000 emplois sont concernés par cette filière.

"Aujourd'hui nous sommes dans une situation difficile avec des demandes de logement auxquelles il faut répondre et des métiers à préserver", indique Philippe Naillet, député de La Réunion.

- "Une première vague" de crédits veut rassurer la ministre des Outre-mer -

Ce mercredi, la Ministre des Outre-Mer Naïma Moutchou a apporté des éclaircissements sur les questionnements et les grandes inquiétudes partagés par de nombreux acteurs locaux, élus territoriaux et nationaux concernant la LBU et de lever les incertitudes.

Elle a confirmé que les récentes notifications de crédits de la Ligne budgétaire unique (LBU) pour 2026, représentant plus de la moitié des enveloppes prévues, ne constituaient qu’"une première vague".

Pour Philippe Naillet, député de La Réunion, "si c'est une première vague, chiche à la ministre de débloquer 50 millions d'euros de crédits pour tenir les engagements". Écoutez.

La ministre a poursuivi en annonçant un large travail avec l'ensemble des acteurs concernés - bailleurs sociaux, collectivités territoriales et services de l'État - afin d'identifier de nouvelles solutions (Union européenne,...) permettant de concrétiser le plus grand nombre possible des projets en attente de réalisation dans les territoires ultramarins soit près de 25.000 logements pour un montant de 600 millions d'euros.

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