Dans un communiquĂ©, le prĂ©sident de la chambre d'agriculture de La RĂ©union Jean-Bernard Gonthier a fait le point sur les dĂ©gĂąts causĂ©s par la tempĂȘte Berguitta Ă La RĂ©union. Il indique "l'Ă©pisode a Ă©tĂ© synonyme de calamitĂ© pour l'agriculture locale". Nous publions ci-aprĂšs l'intĂ©gralitĂ© du communiquĂ© :
Depuis le 19 janvier 2018, les techniciens et l'ensemble des Ă©quipes de la Chambre d'Agriculture de La RĂ©union ont recensĂ© sur le terrain la quasi-totalitĂ© des dĂ©gĂąts subis par les agriculteurs suite au passage de la tempĂȘte Berguitta au large de notre dĂ©partement. PrĂšs d'une semaine aprĂšs cet Ă©pisode synonyme de calamitĂ© pour l'agriculture locale, les responsables de nos dĂ©partements "Canne Ă sucre", "Diversification vĂ©gĂ©tale" et "Diversification animale" ont compilĂ© les donnĂ©es recensĂ©es sur les exploitations et voiries agricoles locales.
Un travail de synthĂšse qui a concernĂ© l'ensemble de l'Ăźle tout en sachant que les micro-rĂ©gions Sud et Ouest â allant de Saint-Philippe Ă la Possession â ont subi un prĂ©judice majeur. A ce jour, nous disposons de donnĂ©es qui ont fait l'objet d'estimations les plus justes. Comme je le craignais, cet Ă©pisode mĂ©tĂ©orologique a mis Ă mal notre richesse agricole puisque le montant cumulĂ© des pertes s'Ă©lĂšve en l'Ă©tat Ă 16,7 millions d'euros sur l'ensemble de l'Ăźle. A titre comparatif, les dĂ©gats occasionnĂ©s par le passage du cyclone Bejisa en 2014 avaient Ă©tĂ© fixĂ©s prĂšs de 13 millions d'euros.
Pour la seule diversification végétale réunionnaise, les pertes se chiffrent à 15,9 millions et se concentrent notamment sur le maraßchage (tomates, salades, choux, poivrons, choux-fleurs...) avec 7,14 millions d'euros de préjudice pour la seule micro-région Sud. A titre d'exemple, 290 hectares d'exploitations maraßchÚres plein champs et sous abris ont été détruits sur le seul territoire du Tampon, ce qui représente 60% de pertes à l'échelle locale pour un coût cumulé de 2,85 millions d'euros. En arboriculture (bananes, mangues, ananas...), le montant total des pertes est estimé à 1,5 millions d'euros pour la zone Sud tandis que l'horticulture réunionnaise a connu des pertes proches de 750.000 euros pour toute l'ßle.
- Des kilomÚtres de routes détruits -
Lors de ces dégradations météorologiques, qui ont entraßné des pluies dilluviennes, les chemins d'exploitation ont grandement souffert avec 90 kilomÚtres de linéaires emportés par les eaux, les coulées de boue et autres glissements de terrain. A ce stade, nombreuses sont encore les exploitations enclavées en raison des voiries dégradées sinon détruites. A titre d'exemple, 24 kilomÚtres de chemin ont été détruits (1 million d'euros) sur la seule commune de Saint-Leu contre 12 kilomÚtres (540.000 euros) sur Le
Tampon.
Reste l'élevage réunionnais avec des pertes variables qui ont surtout touché la filiÚre "Bovin viande" avec prÚs de 200 bovins (vaches et veaux) tués pour un préjudice de 170.000 euros. Dans un contexte marqué par la lutte contre le Varroa, je déplore également la perte de 200 ruches qui ont été emportées par les eaux (30.000 euros) dont 50% dans le seul Sud de l'ßle.
A ce stade, d'autres recensements sont encore à prendre en considération à l'image des lessivages de sols dans les champs de canne. Lesquels ont été en partie détruits par l'apparition de coulées de boue. C'est pourquoi, il devient urgent de débloquer les fonds nécessaires à la remise en culture rapide des terres qui font la richesse agricole de notre département.
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