Le tribunal judiciaire de Saint-Denis a commencé à examiner ce lundi matin 9 février 2026, le dossier mettant en cause François Caillé, 73 ans, président du groupe du même nom, l'homme d'affaires David Vital, 52 ans, et quatre autres personnes. Tous présumés innocents, les prévenus sont jugés pour des faits supposés de corruption, fausses factures, marchés publics truqués, blanchiment, abus de biens sociaux et association de malfaiteurs. David Vital comparait sans être défendu par un avocat et refuse de parler à la barre. Le tribunal a rejeté la demande de renvoi formulée par Maître Berton du barreau de Paris, absent de l’audience (Photos : sly/www.imazpress.com)
La journée de ce mardi a débuté avec l'audition comme témoin de Frédéric Mangata, ancien responsable financier du groupe Éthève. Il a été jugé en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et condamné à 18 mois avec sursis et 10.000 euros d'amende dont 3 avec sursis.
- David Vital change d'avocat -
L'audience a failli s'arrêter quelques heures après son début. En effet, au début du mois de février, David Vital décide brusquement de changer d'avocat en prenant un ténor du barreau de Paris, Franck Berton, à la place de Maître Marie Briot du barreau de Saint-Denis.
Un changement de défenseur, particulièrement tardif, qui "oblige" la robe noire de l’Hexagone à demander le renvoi ou, dans le pire des cas, à disjoindre le cas de son client de celui des autres mis en cause. Cela au motif qu’il n'a pas eu le temps de préparer la défense de son client.
Interrogés par la présidente Caroline Meunier, tous les avocats, qu'ils représentent les victimes ou qu'ils soient en défense, concluent tous pour le renvoi.
"Je suis étonnée de cette décision tardive, mais je ne peux pas m'opposer à la demande de renvoi. Cependant, je suis fortement contre la disjonction", note pour sa part la procureure Véronique Denizot.
Elle résume dans ses réquisitions : "La convocation devant le tribunal date du 8 septembre 2025. Il a fait le choix de changer d'avocat quelques jours seulement avant le procès."
- "Si le dossier est retenu, je ferai valoir mon droit au silence" -
La magistrate ajoute : "C'est la troisième fois qu'il change de conseil. Cette stratégie de défense est totalement dilatoire. Je ne reproche rien à l'avocat mais bien à David Vital. Cela lui ressemble."
Véronique Denizot poursuit : "Je ne peux pas m'opposer frontalement à cette demande, mais il faut savoir qu'un renvoi implique des contraintes importantes et que la première date utile serait au second semestre 2026."
Elle termine en disant : "Comme les parties civiles, je m'oppose formellement à une disjonction du dossier. Je regrette le caractère dilatoire et la stratégie de David Vital."
Son avocat étant absent de l’audience, David Vital prend alors la parole pour affirmer que si le dossier est retenu, il fera valoir son droit au silence tout au long de l’audience.
À ce stade, le renvoi de l’affaire semblait acquis.
- Le dossier est finalement retenu par le tribunal -
Pourtant, après s’être retiré plusieurs dizaines de minutes pour délibérer, le tribunal a annoncé à son retour en salle d’audience que l’affaire était retenue et qu’elle serait donc immédiatement examinée.
Plusieurs avocats de la défense ont alors plaidé en faveur de nullités de procédure, principalement sur la garde à vue, mais aussi d'un supplément d'information. Cela afin d'entendre plusieurs personnes, soit qui n’ont pas été inquiétées, soit qui ont été jugées le jeudi 22 janvier dernier en procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (PCRPC).
La procureure s’est opposée à ces demandes. La Présidente du tribunal a joint tous les incidents au fond. Les magistrats se prononceront sur le bien-fondé ou non de ces demandes de nullités lorsqu'ils rendront leur décision sur le fond du dossier, à une date qui n'a pas encore été fixée.
L’affaire a ensuite commencé à être examinée sur le fond.
Durant 20 minutes, la présidente a résumé le dossier portant sur des faits supposés de corruption, fausses factures, marchés publics truqués, blanchiment, abus de biens sociaux et association de malfaiteurs.
Ce résumé sera confirmé par le directeur d'enquête, commandant de la brigade financière du commissariat Malartic.
Globalement, le dossier peut être séparé en trois volets qui seront, successivement, examinés par le tribunal tout au long des deux jours d’audience restants.
- Un dossier en trois volets -
Un premier volet porte sur les relations entre les sociétés Prométhée Service et Clavit, qui ont notamment permis l’achat supposé frauduleux d’un appartement.
À la barre, le fils de David Vital, gérant officiel de Prométhée Service, a perçu 26.000 euros en quelques mois, mais affirme ne pas savoir, ni même comprendre ce que son père fait comme travail.
Cependant, il admet du bout des lèvres les infractions qui lui sont reprochées.
Le père de David Vital a adopté la même ligne de conduite. "Le comptable me dit de faire entrer la société Prométhée dans la société Clavit pour pouvoir acheter l'appartement, je l’ai fait".
"Pour moi c'était Prométhée qui payait le loyer en chèque. "Tant que le loyer était payé, je ne posais pas de questions", dit-il, écoeuré.
Après avoir détaillé avec précision tous les chèques reçus et émis par la société Prométhée, la Présidente interroge David Vital.
- "Je dirai tout en temps voulu" -
Comme il l'avait annoncé dès le début de l'audience, il refuse de répondre aux questions. "Au moment voulu, je vous apporterai des preuves que ce n'est pas de l'argent sale. Des gens qui sont passés en CRPC disent beaucoup de mensonges. Je ne parlerai pas là et je dirai tout en temps voulu.
Il refuse aussi de s’exprimer sur le redressement fiscal de plusieurs centaines de milliers d’euros dont il a fait l’objet il y a quelques mois.
Après une courte suspension d'audience, la Présidente enchaîne sur le deuxième volet du dossier.
Il concerne Joseph Brema, ex-dirigeant d’Air Austral. Il est question d’une facture présumée fausse d’un montant de 37.000 euros émise par Madev, une filiale de la compagnie aérienne.
Il s’agit pour le tribunal de savoir si une partie de ces fonds a bénéficié à David Vital en rétribution de services supposés.
- "Je regrette, cette facture est un faux"-
À la barre, l’ancien dirigeant de la compagnie aérienne s’est longuement expliqué sur ses relations avec David Vital. "Au final, j'avais la conviction qu'il avait bien effectué des travaux pour nous. Je n'ai pas vérifié, dit-il.
"Je regrette, mais cette facture était partie dans la boucle. Et je n'ai aucun intérêt personnel pour le faire", ajoute Joseph Brema. "Cette facture est un faux", admet-il au final.
Cette première journée d’audience s'est terminée en fin d’après-midi. Elle reprendra mardi matin vraisemblablement avec l’examen du troisième volet de l’affaire mettant en cause François Caillé.
- François Caillé nie toute rétribution versée à David Vital -
Les faits présumés portent sur des informations confidentielles qui auraient fuité lors des remises de plis en réponse aux appels d’offres lancés par la mairie de Saint-Paul.
Les indications auraient été frauduleusement données par un employé communal contre des promesses de rétribution.
L’objectif était de favoriser le groupe Caillé dans l’obtention de marchés publics pour la vente de véhicules.
Toujours selon les poursuites, David Vital aurait été au centre de la transaction.
La directrice du groupe est soupçonnée d’avoir établi de fausses factures pour rémunérer David Vital et l’agent communal.
François Caillé nie toute rétribution versée à David Vital.
Le procès doit durer jusqu’à mercredi.
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rien que la stratégie de défense, montre leur culpabilité.
un ti volère "poule" ... direct au "trou" !!!
là corruption blanchi himent... faux usage de faux... "zot i protège in é l'autre" ... zot i mouille dans zot pantalon...zot la père allé en "prison" pour mange yaourts et écrire un livre" !!!
20 ans de prison une bonne gosse pour toute. Ils ont suffisamment ete protégés.
Sinon le citoyen lambda ne croit plus en la justice.
Beaucoup sont absents et doivent rendre des comptes.
Un vieux journaliste specialiste en édito du samedi été payé semble t il, pour ne pas critiquer la droite.