Insécurité

Bus : augmentation des agressions sur les passagers et les conducteurs, pas de hausse des infractions routières

  • Publié le 8 juillet 2025 à 08:18
  • Actualisé le 8 juillet 2025 à 15:13
opération anti-bande et sécurisation des transports en commun

Le chiffre des violences, notamment celui des agressions sexuelles, est en hausse dans les transports en commun à La Réunion. Les usagers comme les conducteurs de bus en sont victimes. Pour lutter contre ces actes, une brigade de sécurisation des transports intervient plusieurs fois par mois pour contrôler les passagers, les chauffeurs et les bus. À noter que si certains passagers parlent de comportements routiers dangereux de la part des chauffeurs, dans les faits, peu d'infractions de ce type ont été relevées depuis le début de l'année 2025 (Photo : www.imazpress.com)

Ce sentiment d'insécurité vise notamment les victimes de violences sexuelles dans les transports en commun. Alors qu’une diminution des atteintes sexuelles était observée en 2022 (–23%), ce type de violence a augmenté entre 2023 et 2024 (+78%) sur l’ensemble des réseaux de transports en commun à La Réunion, selon l'observatoire de la sécurité d’Île de La Réunion Mobilités.

En 2024, au 4ème trimestre, nous sommes passés à "plus de 50% d'atteintes sexuelles", selon l'Observatoire des mobilités avec 10 plaintes déposées par les victimes.

Il faut néanmoins noter que la hausse des faits constatés peut résulter d’une plus grande prise en compte de ces violences. "Les femmes n'hésitent plus à porter plainte, d'où l'augmentation des chiffres", indique Omar Issop, Directeur général des services du Syndicat Mixte des Transports Ile de La Réunion Mobilités.

"C'est vrai qu'il y a des tentatives de mains baladeuses, de dragues lourdes mais désormais les langues se délient et les victimes parlent et n'ont plus peur de dénoncer", ajoute-t-il. 

- Les chauffeurs aussi sont victimes d'agressions -

Depuis le début de l’année, ce sont 11 agressions sur des chauffeurs de bus qui ont été recensés sur le département : "7 en zone gendarmerie et 4 en zone police", indique la préfecture.

Le samedi 10 mai dans la matinée, le chauffeur d'un bus de la ligne 33 du réseau Citalis a été victime d'une violente agression à Sainte-Clotilde. En pleine conduite, un passager aurait tenté d'étrangler le conducteur. Heureusement, ce dernier a réussi à garder le contrôle de son véhicule, ne causant aucun blessé. L'auteur présumé a finalement été interpellé.

Quand ce ne sont pas les chauffeurs qui sont visés, ce sont les bus qui sont caillassés. Le 22 janvier 2025, un homme a été interpellé pour avoir jeté des galets sur un Car Jaune à Sainte-Marie. Le suspect avait ensuite tenté de s'enfuir en... prenant le bus. 

Pour renforcer leur sécurité et celle des usagers, "le préfet de La Réunion a demandé que les contrôles soient accentués aux abords des gares routières, comme ce fut le cas la semaine dernière à Saint-Pierre et Saint-Benoît", poursuit les services de l'État.

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Peu d'infractions liées au comportement des conducteurs -

Certains passagers pointent du doigt le comportement dangereux de la part des chauffeurs. Pourtant dans les faits, peu d'infractions ont été relevées depuis le début de l'année 2025.

Depuis le 1er janvier 2025, 438 bus ont ainsi été contrôlés (secteur gendarmerie) et ont donné lieu à la constatation et à la verbalisation de 55 infractions relatives aux équipements de sécurité (ceinture de sécurité, extincteur et boîte de premier secours, …).

Côté police, 292 transports scolaires comme de voyageurs ont été contrôlés, permettant de relever 85 infractions. Plusieurs chauffeurs ont vu des points retirés pour non-respect de la signalisation ou non-port de la ceinture. D'autres verbalisés pour des disques de limitation de vitesse non conformes.

Depuis le début de l'année, deux chauffeurs ont été contrôlés positifs aux stupéfiants et ont fait l’objet d’une suspension du permis de conduire. Aucun chauffeur n’a été contrôlé positif à l’alcool.

Selon la règlementation, les chauffeurs de bus sont soumis à de nombreuses vérifications et mesures à respecter, notamment la mise en place d'un disque de limitation de vitesse pour que les sociétés en charge des transports en commun s'assurent du bon respect des règles.

Les conducteurs ont également obligation de souffler dans un éthylotest installé dans leur véhicule, faute de quoi ils ne peuvent pas démarrer.

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- Des mesures mises en place pour assurer la sécurité -

Reste qu’un usager sur deux affirme ressentir de l’insécurité quand il se déplace, malgré un grand nombre de mesures prises par les pouvoirs publics. 

Une convention, signée en décembre 2024 par l’État, la Région et Île de La Réunion Mobilités, "vise justement à renforcer les contrôles et à accélérer la réponse aux actes malveillants", note la préfecture.

Elle s'est concrétisée par la création d’une Brigade de sécurisation des transports, née d’un partenariat entre la Gendarmerie nationale et les autorités organisatrices de la mobilité. Elle intervient plusieurs fois par mois pour contrôler les usagers des transports, les chauffeurs et les bus. Ces opérations sont réalisées sous réquisition du parquet et quasi systématiquement avec l’engagement d’une équipe cynophile spécialisée dans la recherche de produits stupéfiants.

De plus, le Syndicat mixte Île de La Réunion mobilité a mis en place "une campagne locale de lutte contre le harcèlement sexiste en distribuant des dépliants partout dans les gares routières ou les commissariats", explique Omar Issop-Banian, Directeur Général des Services du Syndicat Mixte des Transports Ile de La Réunion Mobilités.

Il existe également des "self-place", 80 sur La Réunion, endroits "où peuvent se sentir en sécurité les victimes et demander de l'aide", ajoute le directeur général. "12 ont été utilisés en 2024", précise-t-il. L'application est disponible gratuitement sur l'Apple Store et sur le Play Store.

Le Parlement a également adopté définitivement le 18 mars 2025 la proposition de loi visant à renforcer la sûreté dans les transports. La proposition de loi prévoit plusieurs mesures complétées et amendées dont un numéro de téléphone national (3117) unique d'alerte, pour permettre aux usagers de signaler rapidement des situations à risques pour leur sécurité, et ce quel que soit le mode et l'opérateur de transport.

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1 Commentaires
Josimé
Josimé
7 mois

Ouais, et après on veut qu'on prenne le bus en compagnie de tout ces dégénérés qui traînent... et quoi encore ?