En l'espace de quelques heures ce mardi 7 juillet 2026, deux décisions sont venues porter de sérieux coups à l'État de droit en France. L'une concerne l'usage - à peine bridé -, des armes par les forces de l'ordre, l'autre concerne l'exercice du pouvoir politique - satisfaisant pour l'extrême-droite. Deux décisions qui racontent une même histoire : celle d'une société qui semble de plus en plus tentée de faire des exceptions aux principes qui la fondent. Quitte à porter gravement atteinte à la République (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
D'un côté, l'Assemblée nationale adopte une proposition de loi instaurant une présomption d'usage légitime des armes pour les forces de l'ordre. Une vieille obsession du Front national, depuis devenu Rassemblement. Une proposition qui était d'ailleurs dans le programme de 2022 du parti d'extrême-droite, qui a désormais été reprise…par un gouvernement qui a longtemps prétendu se battre contre cette même extrême-droite.
De l'autre, Marine Le Pen confirme qu'elle sera candidate à l'élection présidentielle de 2027 malgré sa condamnation en appel à une peine d'inéligibilité, et surtout à un an de port de bracelet électronique pour détournement de fonds publics.
Le pari est simple : se pourvoir en cassation pour pouvoir se présenter librement, sa condamnation à un an de prison ferme sous bracelet électronique étant de fait suspendue pour ce pourvoi.
Juridiquement, elle en a le droit. Politiquement, le message est plus qu'ironique. Une condamnation n'empêcherait plus de se projeter vers la plus haute fonction de l'État. Une condamnation qui concerne par ailleurs une politicienne qui a, longtemps, réclamé l'inéligibilité à vie pour tout politicien condamné.
- Une justice à la fois trop laxiste et trop dure -
Depuis plusieurs années, le discours public évolue. Les garanties juridiques seraient devenues des freins. Les juges seraient trop puissants, mais aussi trop cléments. Les contre-pouvoirs ralentiraient l'action publique. Au nom de l'efficacité, de la sécurité ou de l'urgence, on demande régulièrement que certaines catégories bénéficient d'un régime particulier.
Un régime vraisemblablement accepté par la Cour d'appel, cette dernière ayant accepté de revoir la condamnation de Marine Le Pen à la baisse afin de ne pas gêner son agenda politique.
La situation devient d'autant plus délirante quand, au moment où la justice condamne une personnalité politique de premier plan, les mêmes dénoncent un prétendu "gouvernement des juges" ou des "juges rouges". Les mêmes qui, lorsque des policiers font usage de leur arme, souhaitent que la loi leur accorde d'emblée le bénéfice du doute.
Le problème n'est pas de protéger des membres des forces de l'ordre. Le problème n'est pas non plus qu'une responsable politique fasse appel d'une décision de justice. Ce qui interroge, c'est la multiplication des régimes d'exception, un double discours réclamant à la fois la clémence pour les plus forts, et la répression pour les plus faibles.
Le vote de cette présomption d'usage légitime intervient par ailleurs un an après qu'une enquête de l'ONG Flagrant Déni basée sur les données de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) met en lumière une autre réalité.
Selon ces chiffres, les affaires de violences impliquant des policiers ont fortement augmenté depuis 2016, passant d'environ 700 dossiers à plus de 1.100 en 2024. Dans le même temps, le taux d'élucidation de ces affaires est passé de 68 % à 51 %. Uniquement en 2024, 52 décès liés à une intervention des forces de l’ordre ont été comptabilisés. Un chiffre qui a doublé en l'espace de dix ans.
Et c'est dans ce contexte que le Parlement choisit d'introduire une présomption favorable à ceux qui détiennent le monopole de la violence légitime, alors même que les enquêtes impliquant des policiers piétinent, et aboutissent le plus souvent sur des relaxes, ou, très rarement, sur une condamnation plus que clémente.
La démocratie repose pourtant sur une idée simple : plus un pouvoir est important, plus son contrôle doit être exigeant. C'est tout l'inverse que nous observons désormais. Une dérive qu'on a longtemps attribué à l'extrême-droite, qui se retrouve désormais adoubée par le bloc central.
Un État de droit ne devrait pas se mesurer à la manière dont il traite les citoyens ordinaires, mais à la manière dont il encadre ceux qui exercent le pouvoir.
C'est tout le contraire que l'on observe désormais. Avec la collaboration bienveillante d'un gouvernement définitivement vendu aux revendications de l'extrême-droite.
On se souviendra sans doute longtemps de ce mardi 7 juillet 2026 où l'honneur et la dignité républicaine ont été foulés aux pieds par ceux-là mêmes chargés de les protéger.
Honte à eux !
La Rédaction d'Imaz Press

Ci-dessous commentaire à priori censuré par Z par rapport à l'article : Présomption de légitime défense : UN1TÉ POLICE 974 et Alliance Police saluent une avancée pour les forces de l'ordre !
Sans blague !!! C'est comme ci un marteau s'attendait à voir autre chose qu'un clou quand il tape !
Quand on vous donne DÉJÀ le pouvoir exorbitant de TUER, il est plus que normal qu'on l'encadre d'un minimum de précautions et qu'il y ait OBLIGATOIREMENT des comptes à rendre quand ce pouvoir abominable s’est exercé.
Après que dans vos rangs il y ait de plus en plus de "bas du front" qui le comprenne pas, na rien de surprenant car n'oubliez pas que de la bouche même de votre ancien ministre DARMANIN, on a pas à faire à "des lumières" (Forcement quand avoir son BAC est plus compliqué que réussir au concours de police (https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ220701234.html).
Pour votre toute petite défense, j'admets que votre travail est difficile car par principe vous avez à faire au quotidiens des "pas gentils", mais quand vous éborgnez (que ça pour l'instant) à "tout va" vos semblables qui ne demandent que du mieux vivre sur ordre de MALTRAITANTS (qui ne vous considèrent pas plus d'ailleurs), vous êtes offusqués quand on vous prouve que les VIOLENCES POLICIÈRES sont des réalités et que OUI, La police peut TUER et qu'il n'a pas besoin d'être à LFI pour le constater !!!
Ce qu'il y a de plus triste au final, c'est que de toutes façons votre avenir de plus en plus violent est assuré par un POUVOIR à qui il ne reste plus que des "idiots utiles" dont ils se servent pour perpétuer leurs dominations et exploitations ....
"Avec la collaboration bienveillante d'un gouvernement définitivement vendu aux revendications de l'extrême-droite. "
Excellente analyse . Tirons en les leçons pour l'échéance de 2027... et ses suites.
Avec le LFI c est le chaos. Ce parti prône la violence et soutient les bandits
Et toujours personne dans la rue. Le rn et le centre c'est pareil. Vivement la gauche sociale du. Peuple
Et bé. Quel article vraiment de qualité. Je ne commente pas très souvent mais sincèrement félicitation à la personne qui l'a écrit. Argumentaire logique, solide et bien écrit !
N'en déplaise aux élus de la LFI.l état de droit doit primer ,on ne peut pas laisser les voyous faire la loi tolérance zero y compris pour nos délinquants politiques,qui doivent être exemplaires.