Depuis la soirée de ce lundi 20 juillet, la phase de défrichement du chantier des Trois Ravines fait l'objet d'une occupation par quelques personnes, dont l'une s'est installée dans un arbre trentenaire. (Photo d'archives Richard Bouhet / www.imazpress.com)
La sécurité des personnes est la priorité absolue de la Ville. Aucune intervention de contrainte n'a été engagée. Un périmètre de sécurité a été mis en place par la Police Municipale, en lien avec le Département, maître d'ouvrage de l'opération.
- Un projet né d'un impératif de sécurité publique -
Le chantier des Trois Ravines vise à remplacer trois radiers submersibles par trois ponts, sur un axe emprunté chaque jour par des milliers d'usagers. A chaque période d’intempéries, ces radiers ont constitué pendant des décennies des points de rupture pour les habitants du secteur : coupures de circulation, évacuations de familles, transports scolaires interrompus.
En 2024, une personne a perdu la vie sur le radier principal des Trois Ravines.
Représentant près de 25 M€ d'investissement, cofinancé par le Département de La Réunion, la Ville de Saint-Louis, la CIVIS et l'Union européenne (FEDER), ce projet est l'un des plus importants jamais conduits sur la commune.
- Un volet environnemental instruit, contrôlé et assumé -
L'ensemble des données ci-dessous est issu de documents publics — étude d'impact, rapport d'enquête publique, avis de l'Autorité environnementale.
• Une vingtaine d’arbres sont concernés par le défrichement sur les berges des ravines
• Le programme de plantations et d'accompagnement paysager prévoit 350 arbres de haute tige, 30 palmiers, 620 arbustes et 950 plantes vivaces, soit près de 2000 végétaux, avec irrigation la première année et entretien assuré pendant deux ans.
• Le manguier centenaire est préservé : sa protection est expressément inscrite dans l'arrêté préfectoral d'autorisation environnementale.
• Le secteur d'implantation est colonisé à 95 % par une végétation exotique secondaire ; 90 % des 92 taxons recensés sont exotiques, 40 % envahissants. Aucune espèce végétale protégée n'y a été recensée. L’arbre objet de la contestation est d’ailleurs une espèce exotique.
• Des mesures de suivi pour la faune sont prévues : passage d'un écologue préalablement aux travaux, pose de gîtes artificiels à chiroptères, encadrement strict de l'éclairage nocturne pour protéger l'avifaune marine, conformément aux recommandations de la SEOR.
• La transplantation de plusieurs grands sujets remarquables a été étudiée. Certains d’entre eux, analysé comme porteur de bonnes chances de reprise, feront l’objet d’une tentative de transplantation, notamment le tamarinier des bas situé sur l’espace vert à l’intersection de la rue Général de gaulle et du chemin maison rouge. Ce n’est toutefois pas le cas du bois noir objet de la contestation, ses chances de reprise ayant été estimées très faibles.
• Le bois issu du défrichement sera valorisé : transformé en paillage, il sera réemployé lors des opérations de plantation prévues par le projet.
- Un projet soumis au débat public depuis plusieurs années -
L'opération a été conçue avec l’appui d’écologues et de bureaux d’études spécialisés sur les questions environnementales. Elle a fait l'objet d'une étude d'impact, d'un avis de la Mission Régionale d'Autorité Environnementale (MRAE) du 21 février 2024 jugeant celle-ci « globalement de bonne qualité », et d'une enquête publique du 24 juin au 6 août 2024, conclue sur un avis favorable du commissaire enquêteur. Les avis favorables de l'ARS, de l'ONF et de la CDPENAF ont également été recueillis, ainsi qu'une dérogation de défrichement délivrée par la DAAF. L'autorisation environnementale a été délivrée par arrêté préfectoral le 14 novembre 2024.
- "Nous n'avons pas choisi entre les arbres et les gens" -
"Je comprends l'émotion que suscite la chute d'un grand arbre. Elle est légitime, et je la partage. Mais je ne peux pas oublier les familles évacuées, les enfants bloqués sur le chemin de l'école, les automobilistes coincés dans un coma circulatoire et cette vie emportée en 2024. Vingt arbres tombent, près de deux mille végétaux seront plantés, et le manguier centenaire restera debout. Nous n'avons pas choisi entre les arbres et les gens : nous avons choisi de sauver les deux",
- Un dialogue ouvert, mais pas sous la contrainte -
La Ville et le Département n'opposent aucune fin de non-recevoir aux personnes qui souhaitent des explications sur le volet environnemental de l'opération. Dès le retour à une situation normale sur le chantier, une réunion pourra être organisée à la Maison du Projet, en présence des services et des responsables du chantier.
En revanche, aucune discussion ne s'engagera tant que l'occupation se poursuit. La Ville et le Département rappellent que le dialogue avec les habitants s'est tenu tout au long de l'élaboration du projet, dans le cadre de l'enquête publique et des instances de participation citoyenne de la commune.
- Un suivi assuré par les instances citoyennes existantes -
Les conseils citoyens du secteur sont régulièrement tenus informés des avancées de ce projet. Le suivi environnemental du chantier y est d’ailleurs inscrit, comme l’ensemble des dimensions du projet, jusqu'à l'achèvement des travaux.
La Maison du Projet est ouverte à tous pendant toute la durée du chantier.
