Plans nationaux d’aide : le Département, aux côtés des filières agricoles, exige de l'État une vraie déclinaison ultra-marine

  • Publié le 11 septembre 2026 à 15:25
  • Actualisé le 11 septembre 2026 à 15:26
Conf de presse foire Bras-Panon 2026

Face à la dégradation inédite des conditions climatiques et économiques dans nos exploitations agricoles, le Président du Conseil Départemental, Cyrille Melchior, réaffirme le soutien absolu de la Collectivité envers l'ensemble des filières agricoles réunionnaises (canne à sucre, fruits, légumes, élevage). Nous publions le communiqué du Département ci-dessous (Photo d'illustration www.imazpress.com)

Alors que le Ministère de l’Agriculture a présenté le 4 septembre le Plan CASI (soutien national d'un milliard d'euros pour le climat et les intrants), le Département partage les vives inquiétudes de la Chambre d'Agriculture et du Comité Paritaire Interprofessionnel de la Canne et du Sucre (CPCS) : sans déclinaison ultra-marine ciblée, ce plan national restera inaccessible pour les exploitations réunionnaises.

Le Comité Sécheresse du 26 août dernier a confirmé un bilan climatique alarmant : la saison des pluies affiche un déficit cumulé de 45 %, le deuxième plus sévère depuis 54 ans et plusieurs cours d'eau et nappes phréatiques (Rivière Saint-Denis, Le Port, Saint-André) ont franchi les seuils d'alerte renforcée ou de crise. Sur le terrain, la situation est critique : la pénurie de fourrages s'aggrave dans les Hauts, contraignant les éleveurs à des surcoûts d'alimentation majeurs, des tours d'eau drastiques frappent les retenues collinaires du Tampon, la sécheresse se cumule à une flambée des engrais (+100 à +150 €/tonne) et à la fin de l'aide interprofessionnelle.

Face à ce choc conjoncturel et climatique, les outils nationaux annoncés s'avèrent inadaptés aux micro-structures insulaires : l'Indemnisation de Solidarité Nationale (ISN / Sécheresse) s'appuie sur une assurance récolte quasi inexistante et inadaptée aux petites parcelles tropicales et le guichet d'aide aux engrais, bien que prolongé jusqu'au 31 décembre, impose un plancher d'achat de 750 € (exigeant au moins 15 ha) et exclut les engrais composés (NPK) et organiques. Or, la Surface Agricole Utile moyenne n'est que de 6,3 ha à La Réunion, et 90 % des fermes font moins de 12 ha.

Saisi officiellement dès le 14 août par le Président Cyrille Melchior, le Gouvernement doit adapter ses règles au nom de l'article 349 du TFUE (statut de RUP) :

la suppression du plancher de 750 € pour ouvrir les guichets du Plan CASI à 100 % des exploitations réunionnaises ;
l'éligibilité immédiate des engrais composés (NPK) et organiques, majoritairement utilisés localement ;
l'autorisation des demandes groupées via les structures collectives (CUMA, coopératives) ;
la territorialisation d'une enveloppe CASI / Fret dédiée, gérée localement pour financer le secours aux élevages (fourrages) et l'approvisionnement en eau et intrants.

Fidèle à ses engagements, le Département confirme sa participation à la réunion de concertation d'urgence sollicitée avec l'État, la Région, la Chambre d'Agriculture et les interprofessions. "Le Département restera en première ligne pour obtenir des arbitrages d'urgence justes et adaptés", conclut Cyrille Melchior.

 

 

guest
0 Commentaires