Mondial-2018

Lewandowski pour tutoyer la légende

  • PubliĂ© le 19 juin 2018 Ă  09:21
  • ActualisĂ© le 19 juin 2018 Ă  10:47
L'attaquant polonais Robert Lewandowski (g) lors d'un entraĂźnement, le 18 juin 2018 Ă  Moscou

Le Polonais Robert Lewandowski débute mardi aprÚs-midi son premier Mondial contre le Sénégal, et devra prouver à ses détracteurs qu'il n'est pas seulement un grand buteur du samedi avec le Bayern Munich, mais qu'il peut aussi faire la différence au plus haut niveau.


Certes, il marque prÚs de 30 buts par saison en Allemagne, et a été sacré meilleur buteur des qualifications européennes pour le Mondial avec 16 buts. Mais lors des deux Euros qu'il a disputés avec la Pologne (2012 et 2016), il n'a marqué que deux fois en huit matches. Et son impuissance dans les phases finales de Ligue des champions lui a valu une volée de critiques cette saison.

Ces considĂ©rations le laissent pourtant bien indiffĂ©rent Ă  l'approche de son tout premier match de Coupe du monde, Ă  29 ans: "Etre le meilleur buteur du Mondial n'est pas un objectif rĂ©aliste pour moi", disait-il Ă  la presse allemande quelques jours avant d'arriver en Russie. "Pour avoir une chance d'ĂȘtre meilleur buteur, il faut jouer sept matches. Ca dĂ©pend Ă©videmment de la performance de l'Ă©quipe".

- "Je fais le sale boulot" -

"Mais ce premier match contre le Sénégal est pour nous terriblement important", ajoute l'homme aux 95 sélections (55 buts), soucieux de ramener la conversation sur le collectif: "Si nous prenons les trois points, ça peut soulever une certaine euphorie, et là il est possible que nous montrions un trÚs beau football. (...) Nous avons de bons joueurs et du potentiel, c'est à nous de le montrer sur le terrain".

Au Bayern, il Ă©volue en pointe devant une constellation de stars, MĂŒller, RibĂ©ry ou Robben, autant de dangers mortels pour les dĂ©fenses adverses. En Ă©quipe nationale, "c'est complĂštement diffĂ©rent, les adversaires se focalisent sur moi", admet-il. "A l'Euro en France, j'avais toujours deux dĂ©fenseurs sur le dos, et je savais donc qu'un de mes coĂ©quipiers Ă©tait libre. Mais je fais volontiers ce sale boulot au service de l'Ă©quipe, pour crĂ©er des espaces Ă  mes partenaires".

Professionnel jusqu'au bout des crampons, il passe Ă  Munich pour un parangon de rigueur. "Dans sa tĂȘte, il pense Ă  bien s'alimenter, Ă  bien dormir, Ă  bien s'entraĂźner 24 heures sur 24", tĂ©moigne son ancien entraĂźneur Pep Guardiola. "Il n'est jamais blessĂ©, parce qu'il se concentre sur ces choses".
Son régime alimentaire, trÚs strict, est concocté par son coach personnel... son épouse Anna, ancienne internationale polonaise de karaté. Et dans le vestiaire, ses coéquipiers l'ont surnommé "The Body".

-"L'Ă©gal de Gerd MĂŒller"-

Arrivé en Allemagne en provenance de Lech Poznan en 2010, à l'ùge de 21 ans, le Polonais s'est révélé sous le maillot de Dortmund. Toute l'Europe se souvient de son quadruplé contre le Real Madrid (4-0) en demi-finale de la Ligue des Champions 2013, qui avait permis au Borussia d'atteindre la finale.
Depuis, c'est sur le terrain qu'il fait parler de lui, et trĂšs peu Ă  cĂŽtĂ©. La "starification" des Ronaldo, Neymar ou Griezmann n'est pas sa tasse de thĂ©. Ce qui n'empĂȘche pas son patron au Bayern Karl-Heinz Rummenigge de voir en lui "l'un des trois meilleurs avant-centres du monde".

"Je dirais qu'il est dĂ©jĂ  dans la catĂ©gorie d'un Gerd MĂŒller", ajoute mĂȘme Rummenigge, en rĂ©fĂ©rence au buteur mythique du Bayern et de l'Allemagne des annĂ©es 1970. Mais MĂŒller, lui, a marquĂ© en finale de C1 et de Coupe du monde, forgeant ainsi sa lĂ©gende. Lewandowski a un Mondial devant lui pour s'en approcher.

- © 2018 AFP

guest
0 Commentaires