La commission de conciliation réunie ce lundi 27 juillet 2026 à la DEETS n'a pas permis de mettre fin au conflit social qui oppose les salariés de Derichebourg Océan Indien à leur direction. Malgré un nouveau geste significatif de l'intersyndicale, aucun accord n'a pu être trouvé. Le mouvement de grève se poursuit. (Photo d'illustration Stephan Laïy-Yu / www.imazpress.com)
- Les salariés ont fait un véritable effort -
Depuis le début du conflit, les salariés ont démontré leur volonté d'aboutir à une solution négociée. Après avoir initialement revendiqué une prime exceptionnelle de reconnaissance de 4 500 €, l'intersyndicale a ramené sa demande à 3 000 €, avec une proposition de versement échelonné :
• 2 000 € à la signature du protocole de fin de conflit ;
• 1 000 € avant la fin de l'année 2026. Cette proposition constitue un effort important afin de permettre une sortie rapide du conflit.
- Une proposition de la direction toujours insuffisante -
Malgré cette nouvelle concession, la direction est restée sur une proposition de 900 € et affirme que l'ensemble des mesures accordées représenterait une augmentation globale de rémunération de 11,2 %.
Les calculs présentés par la direction appellent plusieurs observations. En effet, derrière le chiffre annoncé de 11,2 %, sont regroupées des mesures qui n'ont ni la même nature, ni les mêmes bénéficiaires, ni les mêmes effets dans le temps. Une analyse détaillée permet de distinguer ce qui relève d'une augmentation durable du salaire de ce qui constitue des mesures ponctuelles, conditionnelles ou individuelles.
La direction additionne en effet :
• des augmentations générales de salaire applicables à l'ensemble des salariés ;
• une augmentation individuelle ne concernant que 20 % de l'effectif ;
• une prime qualité soumise à conditions ;
• une amélioration de l'indemnité transport ;
• une prime exceptionnelle de 900 € versée une seule fois ;
• des chèques-vacances de 450 €, qui constituent un avantage social et non une augmentation de salaire.
Lorsque l'on distingue les mesures pérennes des mesures ponctuelles ou conditionnelles, la réalité apparaît différente. Les seules mesures ayant un effet durable sur la rémunération représentent environ 5,09 %, soit :
• +2 % au 1er novembre 2025 ;
• +1,23 % au 1er janvier 2026 ;
• +1,20 % au 1er juillet 2026 ;
• +0,66 % au titre de l'amélioration de l'indemnité transport.
À l'inverse, 5,84 % du pourcentage annoncé reposent sur des éléments qui ne constituent pas une augmentation durable du salaire :
• 2,27 % de prime exceptionnelle versée une seule fois ;
• 1,70 % de chèques-vacances ;
• 1,13 % de prime qualité soumise à conditions ;
• 0,74 % d'augmentations individuelles réservées à seulement 20 % des salariés.
Autrement dit, plus de la moitié des 11,2 % mis en avant par la direction ne correspond pas à une augmentation pérenne des salaires.
FO Transports 974 ne conteste pas l'existence de ces mesures. En revanche, nous contestons la manière dont elles sont présentées. Mélanger des augmentations générales, des primes exceptionnelles, des avantages sociaux et des mesures individuelles pour afficher une hausse globale de 11,2 % entretient une confusion qui ne permet pas d'apprécier l'évolution réelle des rémunérations.
Les salariés attendent avant tout une progression durable de leur salaire de base. C'est ce salaire qui finance leur quotidien, ouvre des droits pour leur retraite, leurs congés, leurs indemnités et sécurise leur pouvoir d'achat. Une prime exceptionnelle ou un avantage social, aussi appréciable soit-il, ne remplace pas une véritable augmentation de salaire.
- Une situation financière qui interroge -
Les comptes publiés de l'exercice 2025 font apparaître :
• une trésorerie de 1 866 595 € ;
• un résultat net de 415 575 € ;
• des capitaux propres de 3 720 742 €.
Ces chiffres interrogent légitimement les salariés sur le partage de la valeur créée par leur travail. Le dialogue social ne peut être remplacé par la sous-traitance Les salariés regrettent que les propositions leur soient davantage imposées que réellement négociées.
Plus préoccupant encore, alors qu'une issue au conflit pourrait être trouvée autour de la table des négociations, la direction laisse le donneur d'ordre recourir à la sous-traitance pour assurer la continuité de la collecte.
Ce choix envoie un signal extrêmement négatif. Plutôt que de favoriser une négociation loyale, il permet de neutraliser les effets de la grève et d'affaiblir le rapport de force indispensable à toute discussion équilibrée.
En acceptant cette situation, la direction prend le risque d'enliser durablement le conflit. Quant au donneur d'ordre, il ne peut s'exonérer de sa responsabilité sociale. En privilégiant le recours à la sous-traitance plutôt qu'une résolution négociée du conflit, il contribue de fait à repousser la conclusion d'un accord attendu par les salariés.
FO Transports 974 rappelle qu'aucune prestation sous-traitée ne remplacera jamais un véritable dialogue social. La paix sociale ne se construit ni par le contournement d'un mouvement de grève ni par des solutions provisoires. Elle se construit par le respect des salariés, la transparence des négociations et un partage équitable de la richesse qu'ils créent chaque jour.
FO Transports 974 appelle solennellement la direction ainsi que le donneur d'ordre à prendre toute la mesure de leurs responsabilités afin de permettre une reprise immédiate des négociations. Les salariés ont démontré leur volonté de faire un pas vers un compromis. Il appartient désormais à la direction de répondre à cet effort. Faute d'accord, le mouvement de grève se poursuit.
FO Transports 974 réaffirme son soutien total aux salariés mobilisés et restera pleinement engagé à leurs côtés jusqu'à l'obtention d'un accord respectueux de leur travail, de leur engagement quotidien et d'un véritable partage de la valeur créée.
Joseph Magdeleine, secrétaire général USDTL FO Transports 974
