La victoire de l’extrême droite en Saxe-Anhalt, avec près de 44 % des suffrages, constitue un signal d’alarme pour l’Europe, la France et l’ensemble des forces démocratiques. Elle traduit une progression profonde de l’extrême droite et de son idéologie xénophobe nourries par les inégalités, la précarité, les abandons territoriaux, le déclassement et la perte de confiance dans la capacité de la puissance publique à protéger et à rassembler. Cette situation engage une responsabilité collective. (Richard Bouhet/www.ipreunion.com)
En Allemagne, comme en France les politiques menées ces dernières années n’ont pas répondu aux difficultés sociales et économiques de nombreux territoires. Les politiques de rigueur, perçues comme punitives, ont contribué à alimenter le sentiment d’abandon, la précarité et la défiance à l’égard des institutions et des partis républicains. Ces fractures constituent un terreau sur lequel l’extrême droite prospère.
Cette responsabilité est également politique. Lorsque les partis traditionnels reprennent certains thèmes de l’extrême droite ou lorsque ses idées sont progressivement banalisées dans le débat public, le cordon sanitaire s'affaiblit. La porosité entre une partie de la droite traditionnelle et l’extrême droite que nous constatons aussi à la Réunion constitue un danger réel pour la démocratie.
La progression de l’extrême droite représente également une menace pour le couple franco-allemand, dont dépend une part essentielle de la capacité de l’Union européenne à agir collectivement. La montée des nationalismes en Allemagne comme en France pourrait durablement fragiliser l’unité européenne et sa capacité à répondre aux crises qui la traversent.
Mais ce résultat ne doit pas conduire au fatalisme. L’extrême droite n’a pas obtenu la majorité absolue et les principales forces démocratiques allemandes continuent de refuser toute coalition avec elle. Le front républicain allemand s’organise.
Cette résistance démocratique montre qu’une société peut être traversée par la colère, les inquiétudes et les fractures sociales sans pour autant renoncer à ses valeurs et à ses principes républicains.
La France n’est pas à l’abri. La Réunion non plus.
L’Union des Forces Progressistes appelle les forces républicaines, humanistes, syndicales, associatives et chaque Réunionnaise et Réunionnais à prendre pleinement la mesure du danger
La démocratie se défend chaque jour.
L’Union des Forces Progressistes appelle à construire à La Réunion, en France comme en Europe une véritable barrière démocratique et républicaine face à l’extrême droite et à toutes les formes de banalisation de ses idées.
Le résultat allemand nous concerne directement.
Le danger est réel.
La responsabilité est collective.
Et le sursaut doit être européen, français et réunionnais.
L’Union des Forces Progressistes
