Tribune libre du groupe "Une Ambition pour le Département"

Loi intégrale : un vote historique, mais la protection des victimes doit devenir une réalité à La Réunion

  • Publié le 14 octobre 2026 à 16:15
  • Actualisé le 14 octobre 2026 à 16:20
groupe " Une ambition pour le département"

L’Assemblée nationale a adopté, le mardi 13 octobre, à l’unanimité des suffrages exprimés, la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants. Le groupe "Une Ambition pour le Département" salue l’adoption de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants. Prévention, protection des victimes, accompagnement, justice, formation des professionnels : ce texte propose enfin une approche globale pour mettre fin à l’impunité. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Mais à La Réunion, nous ne pouvons pas nous contenter de déclarations d’intention. Nous devons faire de la lutte contre les violences une priorité politique concrète, durable et pleinement adaptée aux réalités de notre territoire.

- Protéger, prévenir, accompagner : une responsabilité collective - 

Une impunité qui doit cesser.

En 2021, 73 % des plaintes pour violences sexistes et sexuelles ont été classées sans suite, et 94 % pour les affaires de viol.

À La Réunion, 15,2 % des femmes interrogées déclarent en 2018 des violences au sein du couple, contre 5,4 % dans l’Hexagone, et le nombre de victimes de violences sexuelles enregistrées dans les territoires ultramarins a progressé de 76,8 % entre 2020 et 2025. Le groupe se félicite que le texte reconnaisse la nécessité de réponses adaptées aux Outre- mer.

La prévention, socle de l’action collective

Il faut agir avant que les violences ne surviennent : apprendre aux enfants que leur corps leur appartient, leur permettre de parler sans peur, former les adultes à repérer les signaux d’alerte et ne jamais laisser une parole d’enfant sans réponse.

Des moyens réellement déployés

Le Premier ministre a annoncé pour 2027 près de 1,5 milliard d’euros contre ces violences et 2,6 milliards pour la protection de l’enfance, mais ces montants correspondent pour l’essentiel à des moyens déjà existants. Le Département, chef de file de la protection de l’enfance, est en première ligne.

Pour le groupe Une Ambition pour le Département, plusieurs exigences doivent guider l’action publique :

• Renforcer la prévention dès le plus jeune âge, en donnant aux enfants les moyens d’identifier les violences, de libérer leur parole et de savoir vers qui se tourner.

• Mieux protéger les enfants en danger, en améliorant le repérage, le traitement des signalements et la coordination entre les professionnels.

• Soutenir les victimes dans la durée, en facilitant leur accès aux soins, à l’accompagnement psychologique, aux dispositifs de protection et à la justice.

• Donner aux professionnels les moyens d’agir, grâce à des effectifs suffisants, à la formation et à une coopération renforcée entre les institutions.

• Garantir des moyens supplémentaires, identifiés et pérennes, afin que les ambitions nationales se traduisent en actions concrètes sur le territoire réunionnais.

Au sein du Conseil départemental, le groupe continuera d’agir pour la prévention, l’accompagnement des victimes et la protection de l’enfance.

Parce qu’une société se juge à la manière dont elle protège les plus vulnérables, nous défendons une politique qui agit avant le drame, protège au moment du danger et accompagne les victimes après les violences.

Groupe “Une ambition pour le Département”  Monique Orphé, Brigitte Adame, Alexandra Clain, David Belda, Gérard Françoise, Jean-François Hoareau, Virgile Kichenin, Isabelle Erudel, Inelda Leveneur.

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