"Jamais aussi loin" : Avotcha revient à La Réunion pour rire de sujets qui font réfléchir

  • Publié le 3 octobre 2026 à 02:58
Avotcha , artiste

Avotcha, stand-upeur, mais surtout connu sur les réseaux sociaux pour ses vidéos engagées, teintées d'humour, revient dans son île après plusieurs années dans l'Hexagone. "Il faut être dans l'océan Indien pour parler de l'océan Indien", nous confie le jeune homme. Et c'est ce qu'il va faire avec son spectacle "Jamais aussi loin", qu'il vient jouer à La Réunion pour la toute première fois. Rendez-vous le 7 octobre 2026, à la salle Gramoun Lélé, à Saint-Benoît, pour un moment qui invite à la réflexion à travers le rire. En attendant, l'artiste revient sur son parcours et l'essence de son projet (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Imaz Press : Pouvez-vous vous présenter ?

Avotcha : Moi, c'est Avotcha. Je suis ingénieur de formation, mais j'ai bifurqué très vite après mon diplôme dans l'humour. Les gens me connaissent souvent pour mes vidéos sur Instagram. Je fais du stand-up, donc des spectacles d'humour. Et à côté, je suis prof de physique et de maths.

Imaz Press : Comment est née cette envie de faire rire les gens ?

Avotcha : Je pense que c'est né depuis que je suis tout petit. J'ai grandi dans des familles qui faisaient toujours des blagues à n'importe quelle occasion. Donc faire rire les gens, j'ai toujours aimé ça. Faire des spectacles, c'est venu un peu plus tard, à l'âge de la vingtaine. Mais j'ai fait beaucoup de théâtre quand j'étais jeune. 

Imaz Press : Parlez-nous de votre spectacle.

Avotcha : Mon spectacle que je défends en ce moment, qui s'appelle "Jamais aussi loin", c'est mon troisième spectacle, mais c'est mon deuxième spectacle qui est le plus abouti. C'est très marrant parce qu'il est né après que j'ai joué mon premier spectacle qui s'appelle "Caméléon" pendant 4 ans. Et à un moment donné, j'en avais un peu marre et je me suis dit "je fais un peu une pause du spectacle". Et là, un jour, je décide de faire ce qu'on appelle dans le stand-up un "30-30", donc un 30 minutes avec une amie. Elle fait 30 minutes et moi, j'en fais 55. Mais je me suis dit qu'autant faire un spectacle. Et donc, il est né dans une petite cave à Toulouse lors d'un 30-30. Écoutez

Imaz Press : Sans spoil, que racontez-vous dans ce spectacle ?

Avotcha : Disons que ce que j'aime bien faire dans le spectacle, c'est raconter des anecdotes, raconter des histoires et raconter mon histoire. Là, le thème global, c'est la colonisation. Je sais que c'est un mot qui fait peur. Mais pendant une heure, je raconte des anecdotes liées à toutes les formes de colonisation. On rigole sur ce thème-là. Je sais que parfois, on se dit "mais c'est possible d'en rigoler ?". En vrai, oui, c'est possible. Ce n'est pas le seul fil rouge du spectacle, mais ça, je vous laisse venir le voir pour le découvrir. Le 7 octobre, à Gramoun Lélé, c'est la première fois que je vais le jouer à La Réunion, à Saint-Benoît dans l'Est, là où j'ai commencé le théâtre quand j'étais au collège.

Imaz Press : Ce mélange réunionnais et malgache que vous avez, occupe une place particulière dans ce spectacle ?

Avotcha : Oui totalement. J'ai la double identité, je dirais maintenant une triple identité, parce que quand on fait 12 ans en hexagone, je pense qu'il y a quelque chose aussi qui se crée, qui fait qu'on a une autre identité culturelle. Mais cette triple identité est partie prégnante du spectacle et c'est d'ailleurs l'un des thèmes, en filigrane avec les autres thèmes du spectacle et qui me nourrit beaucoup. "Caméléon", ça parlait déjà de ça, "Jamais aussi loin", ça parlera aussi de ça, parce que de toute façon, je pense qu'il n'y aura pas suffisamment de spectacle pour parler de toutes les subtilités de cette vie. Écoutez

Imaz Press : Vous avez passé plusieurs années dans l'Hexagone, votre retour à La Réunion est définitif ?

Avotcha : C'est un retour définitif, on va dire, dans le sens où je ne reviens pas en vacances, je reviens pour me réinstaller dans mon île. Comme je dis souvent, je parle beaucoup de La Réunion et de Madagascar dans mes vidéos et je défends beaucoup mes îles. Mais à un moment donné, il faut être dans l'océan Indien pour parler de l'océan Indien, pour être inscrit dans la réalité locale de ce que je défends.

Imaz Press : Est-ce qu'il y a des choses que vous pouvez dire sur les réseaux que vous ne pouvez pas dire pendant votre spectacle ou inversement ?

Avotcha : Moi, c'est d'abord la scène qui est venue en premier après les vidéos. Mon premier métier, comme je disais, c'est d'abord stand-uper, donc j'ai d'abord fait des blagues, des spectacles, avant de passer aux vidéos. C'est une continuité, mais c'est très différent. C'est-à-dire que les gens, souvent quand ils me voient en vidéo et qu'ils viennent au spectacle, ils me disent "mais t'es drôle en fait". Et c'est vrai parce que parfois en vidéo, je fais des vidéos de 1 minute 30 secondes où je n'ai pas le temps de développer des histoires, des anecdotes, des sketchs, etc., chose que je fais en spectacle. Du coup, c'est totalement différent. Et donc, je dirais que je peux plus dire de choses dans mon spectacle que dans mes vidéos, même si je dis pas mal de choses déjà dans mes vidéos. Écoutez

Imaz Press : Pourquoi avoir choisi l'humour pour parler d'un sujet comme la colonisation ?

Avotcha : Le talent que j'ai c'est de prendre un sujet et d'en faire des blagues. Étant engagé depuis que je suis tout jeune, ça a toujours été une manière pour moi de défendre mes combats. Donc, parler de ça, c'est assez naturel. Je pense qu'il est nécessaire d'en parler et d'éveiller des consciences. Je ne veux pas être la personnification de ces combats-là, mais j'aimerais ouvrir la voie pour que d'autres en parlent et d'autres avec d'autres talents sous des médiums différents.

Imaz Press : L'humour est donc un moyen de montrer votre engagement ?

Clairement, c'est même ma première façon de montrer mon engagement.

Imaz Press : Quel message vous aimeriez que votre public retienne à la fin du spectacle ?

Avotcha : Ça, c'est une bonne question parce qu'en vrai, tu ne peux pas contrôler ce que les gens vont prendre de ton spectacle. C'est-à-dire que s'il y a 100 personnes qui regardent, les 100 personnes vont ressortir avec des choses différentes du spectacle. Disons que tout ce que je peux contrôler, c'est comment je crée le spectacle. Et moi, je le crée de manière à ce que les gens, quand ils sortent, se disent "j'ai bien rigolé, mais ça m'a fait réfléchir sur certains sujets". Et donc, mon spectacle, c'est vraiment pour allumer quelque chose chez le public pour qu'eux aussi, peut-être un jour, ils veuillent faire un spectacle, pour parler de ces choses-là.

Imaz Press : Pour quelle raison les Réunionnais devraient assister à votre spectacle ?

Avotcha : Parce que c'est super drôle ! 

Non, parce qu'en vrai, les gens ne se rendent pas compte que parfois, il y a des blagues que je fais dans le spectacle, ça fait deux ans que je les répète et ce serait dommage que vous ne les entendiez pas alors que vous pourriez après les raconter à tout le monde, sur des sujets que peut-être que les gens n'abordent pas quotidiennement. Écoutez

Rendez-vous le 7 octobre 2026, à la salle Gramoun Lélé, à Saint-Benoît, pour un moment qui invite à la réflexion à travers le rire.

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