Environ 200 personnes ont répondu ce samedi aprÚs-midi 4 septembre 2010 à l'appel à manifester "contre le racisme et la xénophobie" lancé par la ligue des droits de l'Homme (LDH) et trente autres associations. Les manifestants se sont rassemblés sur le parvis de la dalle des droits de l'Homme à Champ Fleuri (Saint-Denis). Ils ont protesté contre les expulsions et les atteintes à la liberté dont sont victimes les Roms en métropole. "Aujourd'hui se sont les Roms qui sont visés et demain à qui Nicolas Sarkozy vat-t-il s'attaquer? Aux français d'origine arabe ou africaines et plus largement à tous ceux qui ont la peau noire ou basanée" s'est demandée dans un discours trÚs applaudi, Huguette Bello, présidente de Des manifestations similaires ont lieu ce samedi dans plus de 140 villes de Métropole.
"Les principes de la dĂ©mocratie sont en danger, nous assistons Ă une avalanche de discours provocateurs utilisant des termes qui ne l'avaient plus Ă©tĂ© depuis les heures sombres de 1940 (allusion Ă la dĂ©portation des Juifs, des Tziganes et des communistes pendant la seconde guerre mondiale - ndlr) dĂ©plorait Christophe Pomez, prĂ©sident de la ligue locale des droites de l'homme, en dĂ©but de manifestation. "Pour dĂ©tourner l'attention de la population de crise, des problĂšmes liĂ©es Ă la retraite, Ă la baisse du pouvoir d'achat, le gouvernement stigmatise les gens du voyage, les Ă©migrĂ©s, les Musulmans" ajoutait-il. "Les propos irresponsables du chef de l'Ătat ne correspondent pas au vivre ensemble que le peuple rĂ©unionnais Ă su construire" estimait ensuite Axel Naillet, Vice-prĂ©sident de la LDH."Nous sommes bel et bien entrĂ©s dans une phase de dĂ©gradation rapide de la dĂ©mocratie" remarquait pour sa part Huguette Bello. "Il est encourageant que des dizaines d'associations se soient mobilisĂ©es pour entrer en rĂ©sistance contre les abus extrĂȘmes perpĂ©trĂ©s Ă l'encontre de la dĂ©mocratie par Nicolas Sarkozy" se fĂ©licitait-elle en substance. EnumĂ©rant "les atteintes aux libertĂ©s des citoyens, Ă l'indĂ©pendance de la Justice, Ă la prĂ©somption d'innocence Ă la libertĂ© de la presse", elle lançait "nous sommes en train de renouer avec le rĂ©gime de Vichy (allusion au gouvernement du MarĂ©chal PĂ©tain qui pendant la seconde guerre mondiale a collaborer avec le rĂ©gime nazi). Notant que de nombreuses voies en France et Ă l'Ă©tranger, "le Pape, les Nations unies par exemple" ont condamnĂ© "la stigmatisation des Roms dans le pays des lumiĂšres et des droits de l'Homme", elle s'indignait : "La RĂ©publique est avilie, elle est outragĂ©e". Elle appelait Ă rĂ©sister contre "la politique du pilori et du bannissement qui touche Ă l'ignominie".
Des représentants des syndicats, de Médecins du Monde et d'ATD Quart monde notamment ont ensuite pris la parole pour dénoncer à leur tour l'expulsion des Roms. Le rassemblement a pris fin au son du maloya de François Saint-Omer.
Plusieurs personnalités du monde politique, syndical et associatif ont assisté au rassemblement. On notait, entre-autres, la présence de Pierre VergÚs, Michel Lagourgue, Rahiba Dubois de l'Alliance, Ericka Bareigts et Philippe Naillet du parti socialiste pou encore Jean-Hugues Ratenon de l'Alliance contre la pauvreté.
Mahdia Benhamla pour







