Malversations financières supposées : François Caillé et David Vital jugés par le tribunal judiciaire de Saint-Denis

  • Publié le 9 février 2026 à 02:59
Vital et Caillé

Le procès de François Caillé, président du groupe du même nom, David Vital, et de plusieurs de leurs co-mis en cause débute ce lundi 9 février 2026 au tribunal judiciaire de Saint-Denis. Tous présumés innocents, les prévenus sont jugés pour des faits supposés de corruption, fausses factures, marchés publics truqués, blanchiment, abus de biens sociaux et association de malfaiteurs. À noter qu'une demande de renvoi pourrait être formulée par Maître Ludovic Berton du barreau de Paris et nouveau défenseur de David Vital (Photo rb/www.imazpress.com)

La demande de renvoi pourrait être basée sur le fait que Maître Berton, nouvellement constitué dans cette affaire a eu accès au dossier il y a seulement quelques jours. Il appartiendra aux magistrats du tribunal de Saint-Denis d'accepter ou pas cette demande.

- Placement en garde à vue de François Caillé  -

Pour rappel, c'est début 2023, à la suite d'une dénonciation anonyme, que des investigations sont lancées par les autorités sur le train de vie jugé "fastueux" par le dénonciateur anonyme de David Vital, un homme d'affaires de 52 ans.

Une enquête est ouverte par le parquet de Saint-Denis pour favoritisme, corruption, trafic d'influence et blanchiment. Dans le même temps, David Vital fait l’objet d’un redressement fiscal de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Le lundi 16 septembre 2024, François Caillé, 73 ans, président du groupe du même nom, la directrice du groupe, Nelly Darouèche, David Vital, son père Joseph Vital et un agent de la commune de Saint-Paul sont placés en garde à vue. 

Ces gardes à vue font suite à une perquisition qui a commencé dès 6h30 le matin même au sein du siège du groupe Caillé à Saint-Denis. 

Selon les enquêteurs, des informations auraient fuité lors de remises de plis en réponse à des appels d’offres afin de favoriser le groupe Caillé dans l’obtention de marchés publics pour la vente de véhicules.

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L'appartement appartenant à David Vital au sein de la SCI Clavit est saisi fin septembre 2024 par le Groupe interministériel de recherche qui travaille à l’identification et la saisie du patrimoine acquis avec le bénéfice de trafics.

Les investigations révèlent d’autres ramifications. Nelly Darouèche, 53 ans, est soupçonnée d’avoir établi de fausses factures pour rémunérer David Vital et un informateur au sein de la mairie. François Caillé nie avoir financé son apporteur d’affaires pour obtenir frauduleusement des marchés. La mairie de Saint-Paul, mise en cause, s’était dite "surprise" par ces révélations.

Tous les mis en cause seront remis en liberté à l'issue de leur garde à vue. 

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- Enquête sur deux magistrats -

François Caillé est ensuite convoqué devant le tribunal judiciaire pour ce lundi 9 février. David Vital, Nelly Darouèche, Joseph Vital, un agent de la commune de Saint-Paul et Joseph Bréma, ancien dirigeant de la compagnie Air Austral, sont également convoqués à la barre.

On lui reproche d'avoir bénéficié, moyennant contrepartie, de marchés publics truqués de la part de la mairie de Saint-Paul pour l'acquisition d'une flotte de véhicules.

Toujours en septembre 2024, des perquisitions sont également menées à Sainte-Marie, dans les locaux de Mascareignes Développement (MADEV), filiale liée à Air Austral. L’actionnaire Run Air avait déposé plainte pour soupçon de fausses factures.

En décembre 2024, le parquet de Saint-Denis ouvre une enquête visant deux hauts magistrats, Bruno Karl et Alain Chateauneuf, deux anciens présidents du tribunal judiciaire de Saint-Denis, soupçonnés d’avoir transmis des informations confidentielles à David Vital. Des messages compromettants retrouvés dans son téléphone alimentent ces soupçons.

En février 2025, c’est Yves Éthève, 79 ans, ancien président de la Ligue réunionnaise de football, qui est entendu sous le régime de la garde à vue.

L’affaire porte sur cinq factures de près de 300.000 euros établies en 2023 par la société Ciné Grand Sud dans le cadre de la construction du multiplexe de Saint-Pierre. Mais problème, l'entreprise de travaux électriques destinataire des fonds ne serait jamais intervenue. 

- Un ancien dirigeant d'Air Austral mis en cause dans ce dossier tentaculaire. -

Yves Éthève dénonce une escroquerie et accuse un ancien responsable administratif d’avoir falsifié sa signature. Mais le nom de David Vital apparaît encore.

En mars 2025, David Vital est de nouveau placé en garde à vue, cette fois avec Joseph Bréma, ex-directeur d’Air Austral ayant quitté son fauteuil fin 2024 après deux années à la tête de la compagnie aérienne.

La justice s’intéresse à une fausse facture de plusieurs dizaines de milliers d’euros émise par MADEV. Les magistrats cherchent à savoir si une partie de ces fonds a bénéficié à David Vital qui aurait joué le rôle d'intermédiaire.

C'est dans ce cadre que Joseph Bréma est convoqué à la barre du tribunal de Saint-Denis ce lundi. 

Les magistrats devront déterminer les rôles et les actions de chacun des mis en cause dans ce dossier tentaculaire.

- 17 chefs d'entreprises ont plaidé coupable -

Pour rappel, entre septembre 2024 et le premier semestre 2025, de nombreux chefs d’entreprise sont entendus par la brigade financière. 17 reconnaissent avoir établi de fausses factures et commis des abus de biens sociaux. Certains ont été confondus grâce à leurs échanges avec David Vital, d’autres sont venus se dénoncer.

Le fil rouge, selon une source proche du dossier : la passion commune du poker, source de besoins réguliers en liquidités.

Ce goût pour le jeu expliquerait en partie le train de vie dispendieux de David Vital, qui a fini par attirer l’attention de la justice et précipiter l’effondrement de ce "château de cartes".

Les 17 entrepreneurs impliqués dans cette affaire ont comparu le jeudi 22 janvier 2026 pour une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.

Lire aussi - Malversations financières présumément liées à David Vital : 17 personnes condamnées après avoir plaidé coupable

Ils ont été condamnés à des peines allant de six mois de prison ferme sous bracelet à 60 jours - amendes (allant de 20 à 50 euros). 

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