Pas de polémiques

"Gilets jaunes": "À un moment on ne peut pas gouverner contre le peuple", estime Bayrou

  • PubliĂ© le 30 novembre 2018 Ă  13:18
  • ActualisĂ© le 30 novembre 2018 Ă  13:42
François Bayrou le 21 novembre 2018 à Paris

"À un moment on ne peut pas gouverner contre le peuple" et il ne faut pas "ajouter des charges aux charges" des Français, a averti vendredi François Bayrou face Ă  la fermetĂ© du gouvernement envers les "gilets jaunes".

"Je ne crois pas aux solutions simples et qui résolvent tout", a toutefois ajouté le patron du MoDem et partenaire de la majorité à propos de la piste d'un moratoire qu'il avait évoquée récemment concernant la nouvelle hausse de taxes sur les carburants prévue pour le 1er janvier. "Je ne suis pas en train de vous dire que j'avais la clé, une baguette magique, car ce serait pas du tout à l'échelle de ce que nous sommes en train vivre", a-t-il précisé.

Reste que "pour l'instant", les rĂ©ponses apportĂ©es par le gouvernement Ă  la colĂšre des manifestants sont "sans doute des rĂ©ponses soit insuffisantes, soit qui ne sont pas encore trouvĂ©es", a ajoutĂ© M. Bayrou. Face Ă  un mouvement qui "vient de trĂšs loin", "mon sentiment c'est qu'on doit prendre en compte, lorsqu'on est le gouvernement, les gouvernants, une question qui est l'acceptabilitĂ© des dĂ©cisions qu'on prend", a-t-il poursuivi: "les charges, les taxes qu'on indique, est-ce qu'elles sont Ă  la mesure, ou en tout cas supportables par ceux Ă  qui on les inflige ?". "Il y a une question: c'est qu'Ă  un moment, on ne peut pas gouverner contre le peuple et il faut de ce point de vue-lĂ  ne pas ajouter des charges aux charges", a-t-il insistĂ©, plaidant pour les "stabiliser". Il a aussi estimĂ© qu'"il ne peut pas y avoir, en cette premiĂšre partie du XXIe siĂšcle, de projet politique qui ne soit pas en mĂȘme temps un projet qui prenne en compte l'attente sociale".

InterrogĂ© pour savoir si Emmanuel Macron ne devrait pas dans cette sĂ©quence changer de Premier ministre, M. Bayrou a affirmĂ© ne pas vouloir entrer dans des "questions politiques, politiciennes". "Ne comptez pas sur moi pour ajouter de la polĂ©mique ou des divisions internes Ă  toutes ces choses (...), il y en a suffisamment", a-t-il soulignĂ©. Pour François Bayrou, lorsque Emmanuel Macron Ă©carte tout "recul" avant la rencontre vendredi d'Édouard Philippe avec des "gilets jaunes", le chef de l'État "veut dire que nous n'avons pas le droit, malgrĂ© les difficultĂ©s des questions Ă  traiter, d'abandonner la question du climat".

Interrogé toutefois sur ses interventions qui agacent certains dans les rangs de la majorité, M. Bayrou a estimé que "la majorité ce n'est pas un syndicat de défense du pouvoir; la majorité c'est l'expression du pays (...) et si je suis cette voix-là, je ne crois pas que ce soit un moins, je pense que c'est un plus pour la majorité", a-t-il fait valoir. Et d'ajouter qu'il avait donné rendez-vous en "début de la semaine prochaine" aux "gilets jaunes" qui se sont invités jeudi soir à la mairie de Pau.

© 2018 AFP

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