"Le recul environnemental de trop" : Monique Barbut, ministre de la transition écologique, annonce remettre sa démission après le vote de la loi d’urgence agricole

  • Publié le 22 juillet 2026 à 11:39
  • Actualisé le 22 juillet 2026 à 12:10
La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, s'adresse à la presse à Cheffes, dans l'ouest de la France, le 27 février 2026

Le Parlement a entériné une mesure controversée sur les pesticides à laquelle elle s’opposait. "Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure", a-t-elle écrit dans un message publié sur LinkedIn mercredi 22 juillet 2026.

La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, a annoncé, mercredi 22 juillet en début de matinée, qu’elle "présenterai[t]" sa "démission au président de la République aujourd’hui", après l’adoption définitive par le Parlement d’une mesure controversée sur les pesticides à laquelle elle s’opposait.

"Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure, pourtant souhaitée également par les députés", a-t-elle écrit dans un message publié sur LinkedIn, estimant que "ce revirement constitue (…) le recul environnemental de trop".

Le Parlement a entériné mardi le projet de loi d’urgence agricole du gouvernement, qui comporte notamment la réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l’UE mais interdits en France. Le texte prévoit la possibilité donnée à l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire sous condition l’acétamipride et le flupyradifurone pour une poignée de filières en difficulté, dont celles des noisettes et de la betterave.

"En 2016, la France a fait le choix d’interdire l’acétamipride au nom du principe de précaution, sur la base des expertises scientifiques disponible. (…) Dix ans plus tard, loin d’avoir dissipé les inquiétudes, les études scientifiques continuent d’alimenter les doutes sur ses effets pour la santé humaine et l’environnement" a fustigé Monique Barbut. "Dans ces conditions, le principe de précaution n’a rien perdu de sa pertinence : il s’impose plus que jamais."

- Plusieurs menaces de départ -

Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l’acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, la résurgence de cette option sème toujours la controverse. Des députés du camp gouvernemental avaient suggéré lundi à l’exécutif de la faire retirer par amendement, ce que le gouvernement a refusé.

Diplômée de l’Institut des hautes études internationales de l’Université Panthéon-Assas, Monique Barbut a été présidente de l’ONG environnementale WWF France.

"La politique n’est pas mon monde, et si c’est cela dont il s’agit, elle ne le sera définitivement pas", a expliqué mercredi Monique Barbut, qui avait déjà mis sa démission en jeu en janvier avant de gagner l’arbitrage gouvernemental concernant la réintroduction des projets de recherche d’hydrocarbures dans certains territoires ultramarins.

Sur les budgets alloués à son ministère, Monique Barbut, connue pour son franc-parler, avait également menacé de partir. "Moi, ce que je veux, ce sont de vrais budgets pour l’adaptation et le Fonds vert", avait-elle répété. Sans éviter de nouvelles coupes, elle a obtenu le maintien d’un niveau de financement qu’elle jugeait nécessaire.

AFP

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