Climat

2020, sur le podium des années les plus chaudes, alerte l'ONU

  • PubliĂ© le 2 dĂ©cembre 2020 Ă  20:01
  • ActualisĂ© le 2 dĂ©cembre 2020 Ă  20:23
Les rives asséchées du lac Ypacarai, le 5 novembre 2020 à San Bernardino, au Paraguay

2020 s'annonce comme l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, et il y a un risque que la hausse du mercure dépasse les 1,5°C, seuil gravé dans le marbre de l'Accord de Paris, d'ici à 2024, alerte mercredi l'ONU.

"L'équilibre écologique de la planÚte est rompu" et "l'humanité fait la guerre à la nature, c'est suicidaire", a dénoncé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, réclamant que le sommet du 12 décembre pour marquer le 5e anniversaire de l'Accord de Paris sur le climat permette de déclencher un véritable mouvement. La Nouvelle-Zélande n'a pas attendu, proclamant mercredi l'état d'"urgence climatique". Le pays, dont les cÎtes sont menacées par le réchauffement, suit un mouvement lancé le 1er mai 2019 par le Parlement britannique, suivi par l'Irlande.

"Faire la paix avec la nature" doit "ĂȘtre la prioritĂ© absolue pour tout le monde, partout", a lancĂ© le chef de l'ONU, en se fĂ©licitant des premiers engagements vers la neutralitĂ© carbone Ă©mis par la Chine, l'Union europĂ©enne, le Japon ou la CorĂ©e du Sud. Selon le rapport annuel provisoire de l'Organisation mĂ©tĂ©orologique mondiale (OMM) sur l'Ă©tat du climat mondial, la dĂ©cennie qui s'achĂšve sera la plus chaude jamais observĂ©e, de mĂȘme que les six annĂ©es Ă©coulĂ©es depuis 2015.

Selon les données provisoires, 2020 atteint le deuxiÚme rang des années les plus chaudes, aprÚs 2016 et avant 2019, avec une température moyenne mondiale entre janvier et octobre supérieure d'environ 1,2°C à celle de la période de référence 1850-1900. La différence entre ces trois années est cependant faible et le classement exact pourrait changer une fois les données disponibles pour l'année entiÚre, précise l'OMM. "Les années de chaleur record ont généralement coïncidé avec un fort épisode El Niño, comme ce fut le cas en 2016. La Niña a tendance à refroidir les températures mondiales, mais l'anomalie apparue cette année n'a pas suffi à freiner le réchauffement", a déclaré le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas.

Le phénomÚne métérologique naturel La Niña est l'inverse du phénomÚne El Niño et correspond au refroidissement des eaux de surface dans le centre et l'est du Pacifique équatorial. Et selon l'OMM, il y a au moins une chance sur cinq que la température moyenne mondiale dépasse temporairement 1,5°C d'ici 2024. Dans l'Accord de Paris, signé en décembre 2015, 195 pays se sont engagés à limiter la hausse de la température "bien en deçà de 2°C" par rapport à l'Úre pré-industrielle et de "poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5°C", afin d'éviter des conséquences dramatiques et irreversibles. "Il a fallu environ un siÚcle pour que nos gaz à effet de serre réchauffent la planÚte de 1°C, nous sommes en voie d'ajouter 1°C supplémentaire dans les 30 prochaines années seulement", a observé John Church, professeur à l'Université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie.

- Mauvaises nouvelles -

Chaleur extrĂȘme, incendies, inondations, aciditĂ© croissante des ocĂ©ans, saison record des ouragans dans l'Atlantique... autant de signes que le changement climatique a continuĂ© sa progression inexorable cette annĂ©e. La chaleur la plus remarquable a Ă©tĂ© observĂ©e cette annĂ©e en Asie du Nord, en particulier dans l'Arctique sibĂ©rien, oĂč les tempĂ©ratures ont Ă©tĂ© supĂ©rieures de plus de 5°C Ă  la moyenne. Fin juin, 38°C ont Ă©tĂ© relevĂ©s Ă  Verkhoyansk en SibĂ©rie, ce qui est provisoirement la tempĂ©rature la plus Ă©levĂ©e constatĂ©e au nord du cercle arctique.

La saison des incendies, qui ont ravagé de vastes zones en Australie, en Sibérie, sur la cÎte ouest des Etats-Unis et en Amérique du Sud, a été la plus active de ces 18 derniÚres années. Et "les inondations dans certaines régions d'Afrique et d'Asie du Sud-Est ont entraßné des déplacements massifs de population et ont compromis la sécurité alimentaire de millions de personnes", a observé M. Taalas. Au rayon des mauvaises nouvelles, la banquise arctique a atteint en septembre son minimum annuel, classé au deuxiÚme rang des moins étendus en 42 ans d'observations satellitaires.

L'étendue de la banquise antarctique en 2020, a elle en revanche été similaire, ou légÚrement supérieure, à la moyenne de ces 42 derniÚres années, tandis que le Groenland a continué de perdre de sa masse, bien qu'à un rythme plus lent qu'en 2019. Quant aux océans, qui stockent plus de 90% de l'énergie excédentaire qui s'accumule dans le systÚme climatique en raison de l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre, il apparaßt clairement ces derniÚres décennies que la chaleur est absorbée de plus de plus rapidement, pointe le rapport.

AFP

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